Véhicules d’occasion et pollution : le Gabon pas si exemplaire

Figurant dans le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur « l’Usage des véhicule et l’Environnement » au monde, le Gabon, en matière de politique de lutte contre les émissions de dioxyde de carbone des véhicules d’occasion présente encore des faiblesses.

Grégoire Matumba

Depuis quelques années, il est interdit au Gabon d’importer des véhicules d’occasion de plus de trois ans. La mesure, présentée comme la meilleure option pour lutter contre la pollution atmosphérique ne serait pas suffisante. C’est ce qu’atteste le rapport 2020 du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans lequel le Gabon figure.

Sur les 146 pays dont le rapport véhicules d’occasion et impact sur l’environnement et la santé a étudié, le Gabon figure parmi les 100 mauvais élèves, soit parmi les 46 africains présentant des faiblesses pour ce qui est de la régulation de l’exportation et de l’usage de ces véhicules. Une position qui s’explique par la faiblesse des politiques de lutte contre le réchauffement climatique issu de l’usage de la catégorie des véhicules étudiés. En effet, des cinq grands critères normalisant l’usage de cette catégorie de véhicules, seul la limitation de l’âge est correctement appliquée par le Gabon. La taxation sur les véhicules de luxe est aussi appliquée mais elle ne s’adresse pas à l’ensemble des usagers.

Qu’il s’agisse donc de l’interdiction totale d’importation des véhicules d’occasion, de la mise en place des normes d’émissions, des instruments fiscaux (limités aux véhicules de luxe), aux instruments de communication et des normes de sécurité minimale, le Gabon a encore du chemin à parcourir pour mieux encadrer l’achat et l’usage des véhicules sur son sol. Selon le PNUE, il en va du principe de conformité, au regard des objectifs mondiaux actuels en terme de préservation de l’environnement. A ce titre, le Gabon, tout comme ses voisins d’Afrique doit revoir sa copie.

Malgré ce sombre tableau, la mesure de limitation d’âge, positionne le Gabon comme une petite référence au monde. Au niveau mondial, sur les 146 pays étudiés, le Gabon figure parmi les 29 références. En Afrique, le pays fait partie des (7) modèles, juste derrière le Tchad et la Côte d’Ivoire. Il surclasse ainsi de nombreux pays dont, ceux d’Afrique centrale qui s’illustrent par un manque de rationalisation de l’usage des véhicules d’occasion. Ceci dit, bien que limité par cette mesure phare, le Gabon est incontestablement un « bon » élève pour ce qui est de la limitation d’âge des véhicules entrant sur son territoire. Toutefois beaucoup reste à faire.