Union lesbienne à Makoukou: Pat et Cathy libres mais toujours dans le collimateur de la justice

A Makokou, Patricia Anzelé et Catherine Benga Obaghé ont été jugées au tribunal de première instance. Taxées de lesbiennes et accusées par l’opinion d’avoir célébré une union homosexuelle, elle ont finalement été jugées pour atteinte aux bonnes mœurs. Elles ont écopé de 90 jours de prison dont 10 avec sursis. Ayant déjà passé 10 jours en cellule, elles ont été libérées mais restent dans le collimateur de la justice.

Doud De Mousd

Le 19 novembre dernier, Pat et Cathy les deux copines qui se sont récemment unies à Makokou dans la province de l’Ogooué-Ivindo ont été jugées. Arrêtées le 9 novembre après avoir célébré des fiançailles le week-end précédent, elles ont finalement été jugées non pas pour leur statut de lesbiennes mais pour trouble à l’ordre public, leur geste ayant choqué plus d’un. Interrogé sur leur acte, relate le site Gabon actualité, Pat qui a “fiancé” Cathy, Indiquera que la rencontre remonte à 8 mois.

Ce jour là, Pat entendit Cathy qui était en début de grossesse, se lamenter en songeant à un avortement après une relation soldée par un échec avec à la clé, une grossesse. Pat qui aurait des problèmes pour enfanter, déconseille alors à Cathy d’avorter en lui proposant de prendre soin de sa grossesse. Après plusieurs échanges, les deux copines s’accordent sur la proposition de Pat. Pour confirmer l’arrangement, ils impliquent alors leurs différentes familles. Notamment, la mère de Cathy qui demandera que Pat et ses parents de Pat aillent confirmer l’engagement. <<C’est ainsi que j’en ai parlé à mes parents et nous sommes allés voir les parents de Cathy un vendredi>>, a-t-elle dit.

La suite ? La cérémonie qui a suscité l’indignation de plus d’un et qui les a conduit en prison. Jugées le 19 novembre, elles ont écopé de 90 jours de prison dont 10 fermes et 80 avec sursis et finalement accusées d’avoir troublé l’ordre public. <<Je vous conseille à l’avenir de bien garder en mémoire que votre vie privée n’intéresse personne. Nul n’a le droit de s’exposer comme vous l’avez fait. Cela s’appelle atteinte aux bonnes mœurs et c’est passible de prison. Maintenant, si vous voulez vous marier, il faudra attendre que le législateur fixe le cadre du mariage entre deux personnes de même sexe. Pour le moment, ce n’est pas encore le cas >>, leur a dit la présidente du tribunal.