Tropicale Amissa Bongo : “LE GABON VA ETRE LE CENTRE DU CYCLISME AFRICAIN”, Jean Claude Hérault

HeraultLibreville, 7 janvier (GabonInitiatives) – A J-7 du premier coup de pédale de la 8ème édition de la Tropicale Amissa Bongo, le Directeur Général de cette compétition, le français, Jean Claude Hérault évoque les innovations enregistrées cette année.    

Jean-Claude Hérault, vous êtes le directeur général de la Tropicale Amissa Bongo, quelles seront les grandes nouveautés de cette 8e édition qui débute le 14 janvier prochain ?
La première et elle est de taille, c’est le changement de format de notre épreuve qui passe de six à sept étapes. Cette étape supplémentaire donnera plus de facilités aux organisateurs pour proposer chaque année des parcours plus innovants. Elle apporte aussi à la Tropicale une dimension supplémentaire qui correspond à notre volonté de toujours la faire évoluer vers le haut. La seconde nouveauté qui est liée à ce passage à sept étapes, c’est l’incursion importante au Cameroun avec une arrivée à Ebolawa puis une étape intra-muros dans la capitale Yaoundé.

Est-ce le signe d’un rapprochement avec les pays limitrophes ?
Exactement comme peuvent le faire les grandes épreuves du calendrier international, à commencer par le Tour de France qui s’élance généralement une année sur deux ou sur trois d’un pays étranger voisin. Le chef de l’Etat, Mr Ali Bongo, nous avait suggéré cette idée et avait aussi pensé à la Guinée Equatoriale, en faisant référence justement aux habitudes du Tour de France qui a bercé son enfance. Le Tour de France est un modèle pour bon nombre d’organisateurs et on doit évidemment s’en inspirer pour se développer encore plus.

A quoi est dû justement le succès de la Tropicale Amissa Bongo depuis sa création en 2006 ?
A la volonté et à la persévérance des gens qui ont cru comme nous à sa réussite dès le début de l’aventure quand le Ministère des sports a souhaité organiser cette épreuve pour permettre aux coureurs africains de se confronter aux coureurs professionnels du Tour de France. Ce concept tout à fait inédit sur le Continent africain a été porté haut et fort depuis 2006 et avec la présence cette année pour notre 8e édition de quatre équipes qui ont participé au dernier Tour de France, Lampre-Merida, Lotto-Belisol, Cofidis et Europcar, on atteint un vrai sommet de compétition et d’excellence. Mais ce qu’il y a aussi d’extraordinaire c’est de voir que les observateurs avisés du cyclisme mondial se déplacent désormais au Gabon pour assister aux performances des cyclistes africains face aux meilleurs professionnels. Ce qui prouve que la Tropicale participe grandement au développement du cyclisme africain et permet aux coureurs africains de se mettre en valeur aux yeux du monde entier. Quand on voit la progression des coureurs Erythréens qui intègrent désormais les meilleures équipes professionnelles mondiales, on peut être fier de notre travail sur la Tropicale depuis 2006.

L’intérêt des équipes professionnelles occidentales pour la Tropicale doit aussi vous faire chaud au cœur ?
C’est en effet un signe très encourageant pour l’avenir. Ca prouve que nous sommes de plus en plus reconnus. Nous avons eu un magnifique ambassadeur en la personne de Thomas Voeckler qui lors de la dernière édition de la Tropicale, a répété qu’il avait trouvé au Gabon un accueil merveilleux, un climat idéal et des conditions d’organisation optimale. Il a aussi ajouté qu’il avait été surpris par la confrontation avec les cyclistes africains dont il ne soupçonnait pas un tel niveau. Thomas Voeckler a visiblement été entendu et nous avons eu du coup plus de candidatures d’équipes professionnelles occidentales pour participer à l’édition 2013.

Avez-vous encore en tête d’autres innovations pour les éditions futures ?
Tous les ans, nous cherchons de la nouveauté et à l’approche du dixième anniversaire en 2015, nous avons beaucoup d’idées que je ne peux pas dévoiler ici pour l’instant si ce n’est le projet de rendre visite à la Province de Port-Gentil où la Tropicale n’est jamais encore allé. Ca demandera des moyens importants de logistique, en transports aérien et maritime. Nous devrons fêter dignement la 10e édition et nous y travaillons déjà d’arrache-pied.

Quel est votre favori pour cette Tropicale 2013 ?
Je suis très accroché à l’aspect sportif de l’épreuve et je constate que depuis deux ans, les cyclistes africains remportent des étapes et se classent parmi les premiers du classement général. Le Marocain Adil Jelloul 3e en 2011 et 2012, l’Erythréen Meron Russom 2e en 2012 à quelques petites secondes du vainqueur Anthony Charteau, sans oublier deux autres Erythréens Daniel Teklehaimanot et Natnael Berhane vainqueurs d’étape en 2011 ou encore le Marocain Tarik Chaoufi en 2012. Vous remarquerez que ces trois coureurs courent désormais chez les professionnels, ce qui n’est certainement pas un hasard. La Tropicale leur a servi de rampe de lancement et nous pouvons en être très fiers. Aujourd’hui, je suis en mesure d’annoncer sans me tromper que nous ne sommes plus très loin de la première victoire d’un Africain au classement final de la Tropicale.

Vous pensez peut-être à l’Erythréen Natnael Berhane ?
Le cas de Natnael Berhane est particulier pour nous car il vient de décrocher le trophée du Meilleur cycliste africain 2012 après s’être révélé sur notre course en 2011. Il fera ses grands débuts professionnels au sein de l’équipe française d’Europcar où il aura comme capitaine de route Pierre Rolland qui a fini premier Français du Tour de France ces deux dernières années. Nous tenons vraiment à remercier Pierre Rolland pour sa fidélité à la Tropicale où il a d’ailleurs remporté sa première victoire chez les professionnels lors de l’édition 2007 en s’imposant à Lambaréné.

Quelles seront les autres attractions africaines ?
L’équipe sud-africaine MTN-Qhubeka sera très attendue car ce sera la première fois qu’une équipe du continent africain est promue en deuxième division mondiale. Leurs ambitions et leurs moyens mis en œuvre pour apparaître sur le devant de la scène mondiale sont remarquables. Depuis quatre ans, nous les accueillons sur la Tropicale où ils ont certainement acquis une grande partie des fondements de leur progression face aux équipes professionnelles européennes. Nous sommes donc fiers de les voir cette année au même niveau hiérarchique mondial que l’équipe Europcar ou Cofidis. Sinon nous attendons de voir l’éclosion de nouveaux talents africains chez les Ethiopiens ou les Kenyans mais aussi chez les Erythréens avec leur jeune espoir de 19 ans Kudus Merhawi. On n’oubliera pas non plus les valeurs sûres que sont les Marocains et les Rwandais, et les professionnels algériens du Groupement Sportif Pétrolier qui avaient fait une belle prestation en 2012. Quant aux Gabonais, nous espérons que leurs différents stages d’entraînement intensifs de ces derniers mois porteront leurs fruits.

Source : www.tropicaleamissabongo.com

GI/WO/FM/13

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Fabrice Mikomba - Expert Gabon et Afrique Centrale
Fabrice Mikomba est journaliste expert Afrique et Afrique centrale depuis 1989. Après avoir travaillé pour RFI et de nombreux médias on et off line il est désormais spécialiste Gabon et Afrique Centrale pour Gabon Initiatives et Info Afrique et ce depuis 2012.