Trois chinois arrêtés avec des objets en ivoire

Libreville, 7 juin 2017 (GabonInitiatives) – Xian Guiren, Wan Xiaohu et Li Shenlei, tous de nationalité chinoise, ont été interpellés et détenus en garde à vue le 7 juin 2017 à l’aéroport international Léon Mba de Libreville en flagrant délit de détention, transport et tentative d’exportation de bijoux en ivoires d’éléphant sculptés. 

Ces arrestations ont été réalisées par les Douanes Gabonaises lors de contrôles renforcés à l’aéroport dans le cadre de l’opération « Ailes Africaines ». Les objets saisis sont des peignes, baguettes chinoises et bijoux. Il est fréquent que les sujets Chinois transportent avec eux des souvenirs achetés au Gabon, même si cela va à l’encontre de la législation.

Les trois concernés ont été amenés au parquet de Libreville après deux nuits en garde à vue pour se voir finalement infliger une amende transactionnelle décidée par le Procureur de la République. Certes, les quantités saisies étaient faibles, mais la législation est là pour dissuader les nombreuses récalcitrants qui seraient tentés de faire de même. Les enquêtes montrent en effet que des produits en ivoire sont exportés chaque semaine voire chaque jour en avion, ce qui au bout d’une année constitue des quantités énormes.

La destination finale de l’ivoire est principalement l’Asie du Sud-Est et la Chine, vecteurs du trafic d’ivoire. La récente décision du Gouvernement Chinois d’interdire la vente d’ivoire sur son Territoire apparaît ainsi comme une lueur d’espoir tant la situation des éléphants est devenue critique. On estime en effet que 27 000 éléphants sont tués chaque année pour leur ivoire en Afrique. Or, l’annonce de l’interdiction qui devrait être totalement effective à partir de fin 2017 a déjà fait baissé fortement les prix sur les marchés asiatiques.

Un rapport intitulé « Déclin du commerce légal de l’ivoire en Chine dans l’anticipation de l’interdiction » et publié par l’ONG Save The Elephants, montre en effet que le prix moyen a baissé de 2100 dollars par kg à 730 dollars par kg entre 2014 et 2017.

Cette baisse s’explique par plusieurs raisons : le ralentissement économique, la détermination du gouvernement chinois, la campagne de répression de la corruption et les campagnes de sensibilisation qui ont également aidé la population chinoise à se rendre compte de l’impact négatif de leur achat.

Le Directeur de l’ONG Conservation Justice, Luc Mathot, explique que : « seule une collaboration internationale et un durcissement des législations nationales permettrait de limiter le trafic de l’ivoire au niveau global, pour autant évidemment que ces législations et les accords internationaux soient appliqués. Le Gabon a déjà fait de nombreux efforts mais sa législation en la matière demeure trop peu dissuasive ». 

GI/CJ/17