Total Gabon : vers un départ en douceur?

Alors que des rumeurs font état de son départ du Gabon, Total Gabon, la filiale de la multinationale pétrolière et gazière française Total, a affirmé aux autorités gabonaises son intention de demeurer au Gabon. Cet épisode rappelle cependant à bien des égards celui du départ de Shell-Gabon qui a finalement plié bagages après un jeu de cache-cache avec les autorités gabonaises.

Grégoire Matumba

Après la cession de plusieurs de ses actifs pétroliers à Perenco il y a quelques mois, alors que la trajectoire était clairement tracée, Total a récemment annoncé sa volonté de demeurer au Gabon. Une position qui fait débat, alors que la perte de position de ce major dans le secteur pétrolier national est évidente depuis son dernier deal.

« Le départ du Gabon n’est pas du tout à l’ordre du jour et je peux vous le dire clairement », a rassuré, il y a quelques jours, Nicolas Terraz, président du Conseil et par ailleurs, directeur Afrique exploration et production de Total. A en croire ce dernier, le transfert de certaines des activités de Total vers une autre société avait pour objectif de permettre à la compagnie pétrolière de se « recentrer sur ses pôles opérés », dont Tanguy et Torpille. « Ces derniers représentent une production journalière de 20.000 barils par jour » seulement.

Si Perenco avec ses 9000 barils jours peine à égaler la position stratégique de Total au Gabon, les 8000 barils additionnels de production jour confère à cette compagnie une importante position. D’autant plus que le marché est appelé à se restructurer, au gré des secousses du secteur pétrolier depuis quelques années donc, de l’impact de ces secousses sur certaines compagnies.

Total reste au Gabon, mais cela pourrait être de courte durée malgré les assurances données aux hautes autorités gabonaises par la représentation africaine. Cette situation rappelle un peu celle de Shell en 2017 qui a joué durant plusieurs années, aux entourloupes avec les autorités gabonaises, avant de se décider à plier bagages.

Dans le cas de Total, cela fait plusieurs années que la compagnie mûrie cette idée. La crise pétrolière de 2014 qui avait déjà fragilisé les activités de nombreuses compagnies pétrolières nationales dont Total, couplée à la double crise actuelle sont de nature à conforter les raisons d’un départ silencieux de ce vieux partenaire du Gabon.