SOGATRA : Les grévistes révèlent les vraies raisons de la crise

Libreville, 30 juillet (GabonInitiatives) – Les agents de la Société Gabonaise de Transport (SOGATRA) en grève illimitée depuis plusieurs jours, ont organisé un point de presse samedi dans la commune voisine d’Akanda, au nord de la capitale gabonaise, Libreville pour contester la présence des instruits « apprentis sorciers »  au cœur de l’administration et réclamer la réhabilitation à leurs postes respectifs de tous les directeurs de l’entreprise suspendus arbitrairement par la direction générale, condition sine-qua-non pour une reprise minimale du travail.

Les syndicalistes lors du point de ce presse dans la commune d’Akanda

La SOGATRA est désormais en proie à des grèves, retard de salaires et autres problèmes de tous ordres. Les grévistes qui accusent leur directeur général de gestion approximative et d’incompétence dû au choix de ses collaborateurs, estiment que la crise s’est accentuée avec la nouvelle hiérarchie qui s’est entourée des « vendeurs d’illusion » en lieu et place des compétences nommées régulièrement en conseil des ministres en violation flagrante de la loi prévue dans les articles 130 et suivants de la loi numéro 8/91 du 26 septembre 2011 portant statut général des fonctionnaires.

Pour les grévistes, les directeurs qui ne sont pas en odeur de sainteté avec l’actuel DG ont été subtilement suspendus ou affectés à des postes qui ne répondent pas à leurs nominations en conseil des ministres et encore moins avec leurs compétences et qualifications.

« Nous exigeons qu’il soit rétablit tous les directeurs nommés en conseil des ministres au sein de la SOGATRA  et voulons également  le départ de Collin’s Ndjiki avant la reprise du service minimum », a réclamé Rodrigue Tsanga, président du Syndicat des acteurs de transport terrestre (SYATRAT).

D’après lui, la SOGATRA n’a pas besoin d’une agence comptable ou d’un quelconque assistant du Directeur Général plus qu’elle dispose bel et bien d’un Directeur Administratif et Financier (DAF) nommé en conseil des ministres au même titre que Patrick Assélé.

Pour Verlain Malanda du Syndicat national de transport terrestre (SYNATRAT) : « Il n’y a pas de confusion à se faire. Collin’s Ndjiki qui se prend pour le patron en l’absence du DG et dont l’expertise laisse à désirer n’est pas agent de la SOGATRA qui n’a plus d’interlocuteur pour discuter avec nous ».

Malheureusement, cette nouvelle équipe dirigeante, constituée normalement du directeur général, Patrick Assélé, du directeur de l’exploitation, Eric Etoughé Békalé, et du directeur financier, Privat Nzouba est en perpétuelle désaccord d’où le climat délétère marqué par une pluie de suspensions de fonctions. Méthode plutôt qualifiée de maladroite par les syndicalistes qui qualifient cela de « guerre des chefs et des égos ».

Après le départ d’Alain Ndjoubi Ossami, son successeur, Patrick Assélé, a voulu lancer un processus de restructuration de la SOGATRA. Mais, selon les anciens de la maison, il se serait entouré de quelques éléments ne connaissant que très peu l’entreprise, écartant ainsi ses deux principaux collaborateurs dans cette démarche : le directeur de l’exploitation et le directeur financier. Débute alors un conflit sans fin, entre membres de l’équipe dirigeante, qui va se solder notamment par la suspension d’Eric Etoughé Békalé de ses fonctions de directeur de l’exploitation. Cette direction sur décision de Patrick Assélé a été provisoirement confiée à un ancien cadre de la maison, mais celui-ci aurait du mal à montrer son savoir-faire et une bonne connaissance du management. Une décision décriée par le directeur financier, Privat Nzouba affecté arbitrairement à d’autres tâches que celles qui lui ont été assignées par le président de la République et le premier Ministre l’ayant régulièrement renouvelé leur confiance à travers les différents conseils des ministres.

Pris en tenaille entre sa volonté de réformer l’entreprise et sa détermination à mettre au travail certains de ses proches collaborateurs, Patrick Assélé se retrouve au centre des critiques, dont certaines jugent qu’il n’est pas à la hauteur et que, sous sa direction, l’ambiance est encore plus «compliquée» que sous son prédécesseur et ce malgré son curriculum vitae (ancien directeur général adjoint au ministère du Budget, ancien directeur général de l’Agence nationale d’Investigations financières) faisant pourtant de lui l’homme qu’il faut à la place qu’il faut avec l’expérience nécessaire et la compétence pour relever les défis qui se posent à la SOGATRA, mais hélas.

Résultat : un climat de suspicion avec la formation de clans, l’espionnage et la délation règnent désormais au sein de l’entreprise. Pis, l’unité et la cohésion sont mises en péril, ou à tout le moins, à rude épreuve, parmi les dirigeants qui donnent le sentiment d’une absence de culture d’entreprise.

Aujourd’hui, le service public du transport est mal en point, selon des sources internes. Il est lourdement endetté malgré des contrats de publicité très lucratifs en plus de la non maîtrise des effectifs. En moins de deux ans, le nombre des agents est passé de 600 à près de 2000.

Le gouvernement, à travers le ministère des Transports et de la Logistique, gagnerait à réagir pour mettre fin à cette crise multiforme.

GI/NN/FM/17

 

 

 

 

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