Serge Abessolo, « ces prix récompensent plus de vingt ans de carrière »

Doublement primé lors de la 5e édition des Sotigui Awards, organisée courant le mois de novembre à Ouagadougou, au Burkina Faso, l’acteur Gabonais Serge Abessolo revient pour Gabon Initiatives sur ses récompenses. Pour ce dernier, ces deux prix ne sont que le couronnement de plusieurs années d’efforts au service du cinéma.

Propos recueillis par  Grégoire Matumba

Gabon Intiatives : au Burkina Faso, à l’occasion de la cinquième édition des Sotigui Awards, vous avez reçu deux prix. Notamment celui de la meilleure interprétation masculine africaine série télévisée. Ces prix représentent quoi pour vous ?

Serge Abessolo : ces prix récompensent un travail que j’ai commencé au cinéma en 1998. Lorsqu’une vingtaine d’années après vous vous rendez compte qu’il y a quand même un chemin qui a été parcouru, cela est un gage de confiance.

Peut-on dire que votre participation à la série « Cacao » diffusée sur Canal+ a été un tremplin pour vous ?

La série Cacao diffusée sur Canal+ a été un tremplin. Un très bon tremplin et j’ai même envie de dire, un panneau publicitaire. C’est d’ailleurs cette série qui m’a valu tant la nomination que les trophées.

Après cette reconnaissance, sur votre page officielle Facebook, vous avez remercié des grands noms du cinéma gabonais tels que Marcel Sandja et Philippe Mory, quel est le lien entre ces acteurs et les deux prix reçus ?

J’ai remercié Marcel Sandja, parce que c’est le premier à m’avoir donné un rôle au cinéma. Il n’était pas obligé de la faire. Surtout qu’à cette époque je n’étais pas un acteur mais un humoriste, spécialisé dans l’imitation. Il avait donc fait appel à mes talents d’imitateur plus que ceux de comédien. C’est pour cette raison que j’ai dit merci à Marcel Sandja. Non pas que les autres réalisateurs ne m’ont rien apporté. Bien au contraire, j’en ai profité pour dire merci à tous les réalisateurs qui à un moment ou à un autre, m’ont donné leur espace pour exprimer mon jeu, mon talent.

J’ai remercié Philippe Mory parce que c’est l’un des premiers acteurs au cinéma avec qui j’ai joué. J’aurai du dire aussi Monsieur Jean-Claude Mpaka, parce que lorsque je joue dans « les couilles de l’éléphant », ce sont les deux acteurs avec qui j’ai partage le plateau. C’était pour moi l’occasion de dire merci à toutes ces personnes-là.

Ces récompenses raffermissent-t-elles votre passion pour le cinéma ?

Lapassion elle est là depuis. Ces trophées ne viennent que récompenser ce qui existe. Sotigui ou pas, je reste un passionné de cinéma. Car, il faut être passionné de ce que l’on fait. Non pas pour imiter les autres, s’arroger de succès, vous ne le ferez pas bien. Si vous devez faire quelque chose faites le bien. Sinon ne le faites pas !

Comment les autorités gabonaises ont-elles accueilli ces prix ?

je suis en très bon termes avec les ministères de la Communication et la Culture. Pour information, j’ai été reçu officiellement par le Ministre d’Etat en charge de la Communication et de l’Economie numérique, Edgar Anicet Mboumbou Miyakou, qui a le cinéma sous sa responsabilité. La rencontre a été formidable et conviviale. Le Ministre a félicité le travail abattu et a reconnu l’importance d’encadrer et d’accompagner les acteurs culture. La nécessité de booster le secteur du cinéma est en réflexion.

Le cinéma au Gabon n’est pas un domaine facile, quel conseils pour les jeunes cinéastes ?

Le cinéma n’est certes pas un long fleuve tranquille, mais rien dans la vie n’est facile. Il faut savoir surfer sur la vague. Je l’avais dit à quelqu’un, au Gabon nous ne faisons pas de film tout le temps mais lorsque nous en faisons, nous réalisons des films de très bonne qualité. J’en veux pour preuve « Dôlè » d’Imunga Ivanga qui est Tanit d’Or à Carthage et qui a reçu le prix spécial du jury à Cannes en 2001. Je peux également parler des Couilles de l’éléphant qui a fait l’ouverture du FESPACO en 2001 ou encore de « l’Auberge du salut », l’une des premières séries gabonaises achetée par la Côte d’Ivoire. Mais hélas ! Nous n’avons pas tout le temps des budgets pour le faire.

A tous les jeunes qui veulent donc se lancer dans le cinéma, il faut se dire que c’est un métier et non un passe-temps. Il faut se dire que moi aussi, je peux faire comme Abessolo, comme tel ou tel autre acteur. Il faut embrasser ce métier parce que vous êtes passionné et y vivre pour.

Des projets à venir ?

 Je viens de terminer un tournage dans une nouvelle série qui sera probablement diffusé en mars sur la même chaine que le diffuseur de « Cacao ». Je suis aussi dans une co-production panafricaine qui sera tournée tant au Gabon, au Sénégal qu’au Cameroun. Cela va de soi, sur cette production, il y aura des acteurs originaires des trois horizons cités. Des acteurs d’autres pays seront également solliciter.