Sénatoriales à Bitam : le ballotage qui fait jaser…

Après le scrutin du 30 décembre au département du Ntem et commune de Bitam, la commission provinciale du Centre gabonais des élections (CGE), sur la base d’un calcul qu’autoriserait la loi a décidé qu’il y avait ballotage. Alors que le candidat de Démocratie nouvelle (DN) s’est imposé face à celui au Parti démocratique gabonais (PDG) avec 50,81%, DN rejette l’idée d’un second tour.

Doud De Mouss

A l’issue du premier tour des sénatoriales dans le Woleu-Ntem sur le siège du département du Ntem et commune de Bitam, où s’affrontaient Christian Edou Mintsa de Démocratie nouvelle (DN) et Emmanuel Ondo Methogo du Parti démocratique gabonais (PDG), tout semblait clair. 64 électeurs étaient inscrits, au nombre desquels 63 votants dont 2 bulletins blancs ou nuls pour 61 suffrages. Soit, taux de participation de 98,43%. De ce challenge, Christian Edou Mintsa était en tête avec 31 voix. Soit, 50,81% de suffrage exprimé représenté pour ainsi dire, la majorité. Face à lui, Emmanuel Ondo Methogo récoltait 30 voix soit, 49,19% des suffrages, en dessous de la moyenne. Le candidat de DN célébrait à juste titre sa victoire. Seulement, la commission provinciale dans le Woleu-Ntem, du Centre gabonais des élections (CGE) a vite fait de gâcher cette joie.

Son président a indiqué qu’il n’y avait eu aucun vainqueur, aucun des deux candidats n’ayant obtenu la majorité absolue, soit, 51,63%. Cette majorité, a-t-il expliqué, obéit à un calcul : « suffrages exprimés divisés par 2 plus 1. Ce qui donne, 61 divisé par 2 plus 1 égal à 31,5. Soit un pourcentage de 51,63%». «En conséquence, il y a ballotage entre les candidats Christian Edou Mintsa DN et Emmanuel Ondo Methogo PDG», a-t-il déclaré soulignant que ce calcul est autorisé par l’article 16 nouveau de l’ordonnance n°0212018 du 23 février 2018, portant modification de certaines dispositions de la loi 18/96 du 15 avril 1996, portant dispositions spéciales relatives à l’élection des sénateurs qui stipule, «est déclaré élu, le candidat qui a obtenu la majorité absolue des suffrages au premier tour».

Si ce ballotage à Bitam peut réjouir Emmanuel Ondo Methogo qui joue sa survie politique, du côté de DN, on le rejette. Dans une déclaration le 1er février, le 2e secrétaire national de DN a indiqué, que son parti «n’acceptera jamais le ballotage d’une élection dont le résultat est limpide et incontestable et fait entièrement confiance au Centre gabonais des élections et s’en remet à sa clairvoyance et à sa responsabilité afin que le droit soit dit». DN dénonce le fait que que la coordination électorale provinciale ait décidé «par un calcul absurde et totalement incohérent, de remettre en cause ce résultat et de renvoyer ainsi les candidats au second tour».