Sénat : nouvelle majorité PDG, pourquoi faire ?

Comme on pouvait s’y attendre, le PDG, parti démocratique gabonais au pouvoir depuis un demi-siècle sort une fois de plus, grand vainqueur des élections sénatoriales de cette année. Mais une nouvelle majorité pourquoi faire ? 

Leno Koleba

C’est la grande interrogation, après cette énième victoire à la soviétique du parti démocratique gabonais aux dernières élections sénatoriales. Et même si un second tour sera organisé dans quelques sièges, avec plus de 45 sénateurs déjà assurés au premier tour sur les 52 sièges en jeu, le PDG est déjà bien parti pour s’assurer une nouvelle majorité écrasante à la première chambre du parlement. Ajouté à ceux-là, les 15 autres qui seront nommés par décret présidentiel, le pouvoir est sur le point de régner encore en maître absolu, avec les deux chambres du parlement acquises à son dogme. Surtout avec une majorité godillot, arc-boutée à la discipline rigide d’un parti qui ne tolère aucun vote dissident en son sein. Toute chose qui devrait donner les coudées franches au gouvernement qui dispose là encore de tous les leviers du pouvoir pour agir sans difficultés. Quitte à réduire à néant une opposition qui ne devrait jouer qu’un simple rôle de figurant. Car victime de ses propres travers qui basculent tantôt vers le boycott, tantôt vers la participation a minima des élections aussi déterminantes pour le débat démocratique au parlement où se décide pourtant la vie du pays. 

Majorité inutile ?

Seulement au-delà de l’apitoiement d’une opposition qui se marginalise volontiers, la question qui s’impose est celle de l’utilité même de ces victoires fleuves du parti au pouvoir. Une nouvelle majorité PDG au sénat pourquoi faire ? 

Une question d’autant fondamentale qu’elle pointe l’inaction d’un gouvernement disposant de toutes les manettes du pouvoir, mais incapable de satisfaire les attentes de sa population, de majorité en majorité. Et les exemples de l’immobilisme sont partout légion : projets de développement abandonnés, engagements presque ou pas tenus, chômage de masse toujours exponentiel. Et malgré les bonnes intentions, tout semble se résumer au sur-place. Mais cette situation a bien un nom : l’échec d’un gouvernement dont la voie est pourtant grandement dégagée.