Séminaires gouvernementaux : répétition inutile ?

Entre 2014 et 2021, les séminaires gouvernementaux ont été si nombreux au Gabon qu’il serait inutile de les compter. Pourtant, de conclave en conclave, l’effet semble toujours le même : du sur place puisque le chômage de masse, combiné avec de nombreux projets de développement abandonnés, rythment le quotidien des populations.

Leno Koleba

A quoi servent réellement les séminaires gouvernementaux qui s’enchaînent les uns après les autres, année après année ? Cette question qui revient sur les lèvres de nombreux Gabonais interroge le bilan de toutes ces rencontres, dont les effets sur le quotidien des populations, restent problématiques. Ce, malgré des thèmes qui se résument presque tous au même slogan : l’accélération de la transformation du Gabon qui n’est pourtant jamais arrivée.  Il y a manifestement comme un effet de sur place dans la mise en œuvre de ces recommandations par les différentes administrations, face à une demande sociale de plus en plus importante en matière d’emploi, d’infrastructures, avec de nombreux chantiers à l’arrêt pour ne pas dire abandonnés, etc.

Le ras-le-bol du président 

Embarrassé par ce bilan largement négatif de ces séminaires, face aux critiques de plus en plus nombreuses, le président Ali Bongo Ondimba, a rappelé, lors du dernier séminaire gouvernemental des 18 et 19 janvier dernier, que pour cette fois, il attendait des résultats. Car au Gabon, a-t-il dit, « personne n’a passé un concours pour être ministre ». Et que les membres du gouvernement ne maintiendront désormais leurs places qu’en fonction des résultats. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que le Chef de l’État profère cette menace à l’endroit de ces ministres. 

Autrement dit, c’est la mauvaise foi de ces derniers qui est désormais pointée du doigt dans la traduction en actes de résolutions de ce chapelet des séminaires. Mais comment juger ou évaluer l’action d’un ministre à qui on a donné qu’une simple feuille de route, parfois sans moyens adéquats pour la matérialiser ? Certains ministres à la tête des administrations considérées comme des coquilles vides, ne sont-ils pas simplement des bouc-émissaires d’un système gagné par l’usure ? Dans ce contexte, on a beau multiplier les séminaires gouvernementaux, rien ou presque ne marchera.