REDD+ : Le Gabon à l’atelier sur les relations entre genre en Ethiopie

Libreville, 2 août 2018 (GabonInitiatives) – Dans le cadre de l’atelier de d’achèvement du projet de renforcement des capacités du Fonds de Partenariat pour le Carbone Forestier (FCPF) qui s’est tenue du 23 au 28 juillet dernier aux bureaux de la Banque Mondiale (BM) à Addis-Abeba (Ethiopie), un atelier portant sur les relations entre genre, climat et l’initiative REDD+ a été animé par plusieurs acteurs de cet évènement auquel le Réseau des Organisations de la Société Civile pour l’Economie Verte en Afrique Centrale (ROSCEVAC) et la plateforme gabonaise pour le Climat, l’Energie et le Développement Durable (PACJA – Gabon) ont pris part.

De cet atelier, il en ressort que les forêts ont un rôle essentiel en tant que puits de carbone et fournissent également des moyens d’existence et de subsistance et des revenus à plus de 1,6 milliard de pauvres dans le monde. Les personnes les plus pauvres en absolu dépendent souvent des forêts et ce sont, de façon disproportionnée, des femmes. L’homme ou la femme constitue souvent un facteur décisif pour déterminer le niveau de risque auquel une personne est confrontée face aux chocs climatiques extrêmes, et aux modifications de l’environnement et de l’économie. Les moyens de subsistance des femmes dépendent en grande partie des ressources naturelles (l’eau, les produits de la forêt, l’agriculture) fortement tributaires des aléas climatiques. Les impacts des changements climatiques (dégradation des terres et des forêts, baisse des rendements, etc) conduisent à la raréfaction des ressources rendant plus difficiles les activités menées par les femmes.

« Quand on parle de genre on voit très souvent la femme ; la femme est un groupe vulnérable, elle est impliqué dans tous les domaines d’activité de la vie de l’homme, même quand elle s’est pas instruite ou bien formé, elle sait relever les défis. C’est elle qui est plus investis dans l’agriculture paysanne, c’est elle qui va rechercher le bois de chauffe pour cuisiner pour son mari et pour leurs enfants », a déclaré David Wohary, Coordonnateur National du PACJA en Côte-d’Ivoire.

Outre le renforcement de capacité par la formation et la sensibilisation des initiatives REDD+, cet atelier visait le partage d’expérience sur les mesures d’adaptation au changement climatique impliquant les femmes à la base qui a été mis en œuvre dans différents pays et région du monde.

Enfin, il s’agira de soutenir les initiatives contribuant à réduire la déforestation et la dégradation des forêts, à donner des réponses appropriées à la vulnérabilité des populations et des écosystèmes face au changement climatique et à créer des moyens d’existence durables dans les pays du Bassin du Congo. Il sera encouragé des actions présentant des synergies entre l’atténuation et l’adaptation. Ces initiatives devront apporter une additionalité et garantir la permanence en termes de réduction des émissions de carbone.

« Même si selon les chiffres de la banque mondiale, 56% des bénéficiaires directs du programme REDD+ sont des femmes, il faut dire qu’au niveau des communautés, il y a un problème de culture, car dans certaines sociétés, il est encore difficile de faire asseoir un homme et une femme pour parler du climat ou de protection des forêts. Il y a encore des sociétés qui ont du mal à accepter que les femmes ont des ressources, tandis que eux, ils n’en ont pas », a déclaré Fatoumata Diallo, du CONAJEC Burkina-Faso.

Affectant le plus sévèrement les personnes les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre et dotées de moyens limités pour s’y adapter, les changements climatiques constituent l’une des principales injustices sociales de notre époque. De plus en plus de voix s’élèvent pour affirmer que les impacts des changements climatiques représentent une menace majeure pour les droits humains, et en particulier pour les personnes vivant déjà dans la pauvreté. Or, selon des études de la Banque Mondiale, du PNUD et de la FAO menées en 2011, deux tiers des personnes les plus pauvres de la planète sont des femmes.

GI/FN/NN/FM/18