Réconciliation nationale : Le combat perdu de Mayila !

Chantre de la réconciliation nationale depuis le terme de la présidentielle chaotique de 2016, Louis Gaston Mayila peine toujours à trouver une oreille attentive à sa démarche. Quatre ans après, les choses semblent être au point mort.

Leno Koleba

A l’image de la situation du pays qui vit toujours au rythme latent de la crise post-présidentielle, Louis Gaston Mayila n’a toujours pas réussi à tracer le sillon de sa réconciliation nationale. Pourtant, la logique à y regarder de près n’est pas sans intérêt. Surtout pour un Gabon dont le contentieux électoral n’a toujours pas été vidé, bien que les velléités de résistance se soient quelque peu émoussées chez les partisans de Jean Ping qui juraient ou jurent encore une résistance sans concession face au camp d’Ali Bongo qu’ils estiment avoir usurpé “leur victoire” en 2016. 

 Même si le temps aidant, certains “Résistants” ont retourné leurs vestes en faveur du pouvoir, au nom de l’entretien du ventre, la situation politique et même sociale du Gabon semble rythmée par les violences post-électorales d’août 2016, l’une des composantes de la crise, Jean Ping n’ayant pas encore réussi à faire le deuil de sa “victoire volée”, alors que du côté du pouvoir, on continue d’arguer que les institutions fonctionnent normalement, parler d’un pays en crise relève de l’absurdité. 

Devant cette radicalisation de positions, le projet de réconciliation nationale de Mayila apparaît comme vidé de sens selon qu’on soit partisan de l’un ou de l’autre camp. Surtout au regard de la crédibilité défaillante du porteur même de ce projet de réconciliation nationale, Louis Gaston Mayila étant perçu comme un vieux embrouillé par le poids de l’âge et incapable d’assumer une position cohérente. 

Tout cela fait que ce projet de réconciliation nationale, parce que porté par un vieux à la voix rouillée, ne produise pas d’échos retentissants auprès de ses destinataires radicalisés par le souvenir d’une élection que les effets du temps érodent pourtant à mesure que les années passent. Et cette rancune politique entre les deux camps, du moins entre les irréductibles est à ce point indicible qu’elle rend presqu’impossible, toute mission de bons offices entre les protagonistes, surtout pour Jean Ping, qui joue son avenir politique à travers son refus systématique de tout dialogue avec le pouvoir de son ancien beau-frère, Ali Bongo Ondimba. Il s’agit pour lui de tenir l’image d’un opposant intègre et incorruptible. Car pour lui, toute négociation pourrait être interprétée comme une reconnaissance d’un pouvoir qu’il a tant honni, et donc par ricochet, une reconnaissance de la victoire de son adversaire qu’il ne s’empêche pas de tourner en dérision à la moindre occasion. 

Mais outre les chapelles politique, les populations elles-mêmes, préoccupées par le chômage ambiant, les problèmes de loyer et de transports qui restent un casse-tête dans le pays, ne semblent pas faire de cette réconciliation nationale, un problème majeur de leur quotidien absorbe, surtout que la situation du pays, bien que marquée par la torpeur générale, ne leur semble pas à ce point préoccupante. Dans ce contexte, Mayila prêche dans les oreilles de sourds.