La recomposition politique pour la préparation de la présidentielle de 2023

Libreville, le 19 octobre 2018 (GabonInitiatives) – Certains diront que c’est trop tôt d’en parler, attendant la formation du nouveau gouvernement après le 2ème tour des élections législatives qui va consolider l’avance considérable du parti au pouvoir. 

Mais à observer et à écouter les acteurs politiques et de la société civile, on peut ” soupçonner” que plusieurs y pensent déjà. Un petit panorama de ceux-ci révèle des indices.

Parmi les politiques, il y a Guy Christian Mavioga du Bloc Démocratique Chrétien (BDC) dont la candidature n’étonnerait personne en 2023 malgré son serment de fidélité au chef de la majorité présidentielle pour l’émergence. Courageux mais sans réelle envergure politique, Mavioga ne manque pas d’audace avec son fonds de commerce qu’est son BDC. Il est d’ailleurs le seul à nourrir une telle ambition dans ce camp politique.

De son côté, l’opposition nous a déjà habitué à de multiples candidatures, raison principale de son échec aux élections politiques au Gabon. Caressent le voeu d’être candidats en 2023, il y a le sénateur Jean Christophe Owono Nguema, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, et Hugues Alexandre Barro Chambrier. Ils ont en commun de s’être déjà désolidarisés de Jean Ping qui continue de revendiquer sa victoire à l’élection présidentielle d’août 2016. Parmi les trois, Barro semble le mieux outillé car disposant d’un parti politique qui commence à s’implanter au niveau national, et qui va disposer des élus à l’Assemblée nationale et au niveau local. Nulle doute que le consensus se fera au dernier moment sur son nom.

Repoussé par tous, Bruno Ben Moubamba qui n’est ni à gauche ni à droite, donc inclassable, n’ira cette fois à cette élection que s’il réussit à se faire élire député de Moabi au 2ème tour.

Au niveau de la société civile, les dernières prises de position de Marc Ona contre Jean Ping laisse percevoir qu’il y pense en se rasant le matin devant une glace. Il caressait déjà ce rêve depuis longtemps, le temps semble venu pour lui.

Vous l’aurez remarqué, toutes les lignes de force convergeaient vers Jean Ping en 2016, s’y détacher est la première preuve de courage pour ceux qui pensent que c’est à eux le tour en 2023.

Débattons sans passion.
Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
Évaluateur certifié des politiques publiques.

GI/18