Primaires : la nouvelle trouvaille des partis politiques

Depuis l’annonce du parti démocratique gabonais d’organiser des primaires en son sein dans le cadre des sénatoriales du 30 janvier prochain, il y a désormais comme un effet de mode pour les autres formations politiques à l’exemple de Démocratie Nouvelle qui a organisé aussi les siennes. Et on peut déjà imaginer que d’autres n’hésiteront pas à leur emboîter le pas. Ce qui pose la question des motivations démocratiques réelles de ces primaires pour ces partis qui fonctionnent jusqu’ici comme des entreprises privées de leurs fondateurs ou tenanciers. 

Leno Koleba

Comment expliquer ce recours aux primaires dans les partis politiques à quelques semaines des élections sénatoriales au Gabon? S’agit-il d’un besoin de démocratie après des décennies de gestion autoritaire et personnelle de ces structures par leurs fondateurs ou héritiers ?

Ces questions se posent, alors que le PDG, le parti démocratique gabonais au pouvoir depuis plus d’un demi-siècle, a organisé ce samedi dernier des primaires sur toute l’étendue du territoire national en prélude aux élections sénatoriales des 30 janvier et 6 février prochains. Fait inédit pour ce parti qui a toujours présenté des candidats par consensus à ce type d’élections, avec la spécificité de “candidat naturel” à l’élection présidentielle. 

Comme un effet de mode, DN, Démocratie Nouvelle, le parti de René Demezo’o Obiang, lui aussi a fait de même dans la province du Woleu Ntem, dans le nord du pays. Vu la tendance, d’autres partis pourraient eux aussi suivre l’exemple du PDG et de DN. 

Une preuve de démocratie ?

Malgré cette salve des primaires à l’horizon, le doute demeure quant au besoin de compétition interne de ces partis, qui, après des années d’autoritarisme de leurs tenanciers, choisissent désormais d’arrimer leurs règles du jeu à la norme. 

Encore faut-il que ces primaires soient désormais érigées en règle de gouvernance électorale à l’intérieur de ces organisations politiques, et cela pour toutes les élections politiques, qu’il s’agisse des sénatoriales, des législatives ou de la présidentielle. Chose qui, si elle se concrétisait, pourrait redorer le blason de ces entités longtemps considérées comme des épiceries familiales au sein desquelles, toute voix, toute candidature dissidente est inadmissible, si ce n’est celle du fondateur ou de ces ayants droit. Si révolution il y a, à travers ces primaires en vogue, elle n’alimente pour l’heure que de doutes.