Les deux préalables du Gabon en vue de la mise en œuvre de la REDD+

Libreville, 15 mars 2019 (GabonInitiatives) – Le président du comité d’organisation de l’Atelier de formation et de renforcement des capacités des OSC gabonaises engagées dans la REDD+ et dans la lutte contre les changements climatiques, Fabrice Ntchango par ailleurs coordonnateur national de l’Alliance Panafricaine pour la Justice Climatique (PACJA section Gabon), est revenu sur les deux principaux préalables en vue de l’opérationnalisation dudit projet.

S’il est clairement établi que la REDD+, mécanisme lancé à partir de 2006 par la Banque Mondiale (BM), visant à inviter les communautés locales, les populations et les gouvernants à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui tuent les forêts à travers la dégradation et la déforestation est un élément clef pour une atténuation effective du changement climatique intégrant des garanties sociales et environnementales fortes, il convient toutefois de préciser que les autorités gabonaises qui attachent une importance particulière à sa mise en œuvre, veulent s’entourer de tous les éléments nécessaires à son effectivité.

La position des « autorités gabonaises » rencontre aujourd’hui l’assentiment des organisations de la Société Civile. La société civile à travers le ROSCEVAC préconise la mise en place d’une stratégie nationale REDD+ revisité et disponible, une stratégie participative et intégrée. En effet, pour le ROSCEVAC, le Gabon étant l’un des premiers pays éligibles pour bénéficier du Fonds de Partenariat pour le Carbone Forestier (FCPF) se doit d’opérationnaliser son engagement en reprenant son leadership au niveau de la sous-région mais avec son modèle original confiné dans sa R-PP.

La mise en place du Plan d’Affectation des Terres (PAT) en cours et le système d’anticipation géospatial et de cartographie forestière sont à en croire M. Ntchango, les deux principaux préalables conditionnant la réussite de la REDD+ au Gabon. De façon claire, l’approche intégrée prônée par le Gabon, dans le cadre de la mise en œuvre de la REDD+, repose sur une optimisation de l’affectation et de l’usage des terres.

De ce fait, la REDD+ devrait mettre l’accent sur une participation plus accrue des acteurs de la société civile afin de permettre une implication beaucoup plus large des communautés, et anticiper les différents conflits qui pourraient se présenter, notamment ceux liés aux droits d’usage des terres, le respect des droits des peuples dit autochtones, des droits des communautés locales permettant de garantir que les risques sont réduits et que les incitations à la gestion par les communautés sont renforcées.

Fort de tout ce qui précède, il est à retenir que l’opérationnalisation du mécanisme REDD+ ne deviendra efficace que s’il répond aux objectifs de contribution à la stabilisation du climat. Il faudrait pour cela que le processus de réduction d’émissions soit permanent et non limité dans le temps car conditionné par la disponibilité financière qui cadre avec le processus de paiement de services environnementaux (PSE).

C’est dans cadre que le ROSCEVAC et la plateforme PACJA Gabon ont développé le projet « d’appui au renforcement des capacités des acteurs de la société civile pour une implication plus accrue des communautés dans le cadre de la mise en œuvre du processus REDD+ au Gabon». Et c’est dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet que le premier atelier national de formation et de renforcement des capacités des membres des plateformes des OSC gabonaises engagées dans la REDD+ et dans la lutte contre les changements climatiques a été pensé par les organisateurs.

GI/MKKK/NN/FM/19