PRE : La société civile s’interesse

Libreville, 22 Juillet (GabonInitiatives) – Nicaise Moulombi président du Haut Conseil des Acteurs Non Etatiques du Gabon (HCANEG) à la tête d’une importante délégation des Organisations de la Société Civile Gabonaise a été reçu hier (vendredi) par le ministre de l’Economie, Régis Immongault pour échanger sur la question préoccupante du Plan de Relance Economique (PRE) du pays en crise, en vue d’accompagner le gouvernement dans l’évaluation de l’ensemble des réformes liées à ce programme.

L’échange entre le ministre Immongault et Nicaise Moulombi tournait autour du «rappel du PRE Gabon 2017 – 2019» et sur les « rôles et missions des OSC dans le comité de suivi du PRE ». Il était surtout question pour Nicaise Moulombi de présenter au ministre de l’Economie la réflexion des organisations de la société civile (OSC) dans le Plan de Relance Economique.

Dans son rôle, Nicaise Moulombi, a rappelé que la « société civile organisée est constituée d’organisations qui n’aspirent pas à exercer le pouvoir, mais qui se présentent comme une force de proposition et de mobilisation qui permette de faire évoluer ou influencer les décisions politiques. Elle intervient dans diverses formes de coalitions, cadre de concertations, observatoires, associations, plateformes) et l’interdisciplinarité (environnement, forêts, démocratie, défense des droits de l’homme, justice, paix, sécurité, intégration, droit, économie, sociétés, organisations, systèmes, culture, religions, santé, etc.). Avec son indépendance, sa diversité et son dynamisme, elle devrait être le témoin qui apporte une critique impartiale dans l’exactitude des informations, suscite et organise le débat public et assure objectivement la réappropriation par les citoyens de toute confrontation revendicative des modes de gouvernance ».

Le ministre de l’Economie, a loué pour sa part, la volonté de la société civile à vouloir accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre réussie du PRE.

« Le programme de relance concerne tout le pays et tout le monde devrait s’impliquer et apporter sa contribution », a déclaré Régis Immongault qui a encouragé cette implication des OSC dans leur détermination de promouvoir la Transparence.

Le Plan de Relance de l’Economie (PRE) intervient sur fond de grave crise économique dans les pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Dans cet optique, la contribution et la participation de la société civile s’avère plus que nécessaire dans une période où le Gabon a plus que par le passé besoin de toutes les intelligences pour sortir le pays de ce marasme économique.

Nicaise Moulombi et ses proches collaborateurs Melissa (chargé d’études (centre) et Me Ekomié conseiller stratégique du président du ROSCEVZAC

De nombreux rôles peuvent être remplis par les OSC. Concrètement, Nicaise Moulombi a proposé au ministre de l’Economie d’ « assurer le plaidoyer et la médiation pour l’instauration d’un dialogue permanent entre parties prenantes », d’ « organiser et structurer les professions et exercer le contrôle citoyen face au pouvoir politique et institutionnel pour une efficience des politiques de développement » de « promouvoir la transparence des transactions financières entre l’État et les investisseurs », « veiller et évaluer les efforts faits par l’Etat pour l’accroissement de la réédition de comptes des recettes perçues », « engager un débat public sur l’efficacité et l’efficience des processus administratifs en vue d’une bonne gouvernance garante d’un bien être du citoyen », ou d’ « aider à la mise en œuvre et proposer des alternatives afin d’établir des stratégies pour des débats sur la gouvernance des revenus sectoriels », entre autres.

Les conseillers du ministre de l’Economie lors de la séance de travail

A cet effet, il est important de savoir que le Gabon s’est donc doté d’un (PRE) 2017–2019 pour soutenir la croissance plombée par la chute vertigineuse des cours des matières premières et pallier ses graves problèmes de balance des paiements à moyen terme.

Adopté le 19 mai dernier, ce PRE s’articule autour de cinq grands programmes dont la « maîtrise des dépenses », l’ « amélioration du cadre des affaires pour faciliter l’initiative privée et celle de la qualité des services aux citoyens » notamment avec pour objectifs l’ « équilibre des finances publiques », la « relance et la diversification de l’économie », la « réduction de la pauvreté ».

Le processus de négociation avec le Fonds Monétaire International (FMI) s’est conclu par l’obtention d’un prêt de 642 millions de dollars, au titre du mécanisme élargi de crédit pour soutenir le programme de relance à moyen terme, avec un premier décaissement immédiat de 98,8 millions de la Facilité Elargie de Crédit (FEC).

Au titre des engagements du gouvernement, le PRE devrait permettre entre autres, de ramener le déficit budgétaire à un niveau inférieur à 3% du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2019 et atteindre un taux de croissance moyen proche des performances enregistrées entre 2010 et 2014, de renouer avec un solde positif de la balance des paiements, afin de reconstituer les réserves monétaires extérieures et rétablir la couverture de la monnaie, ramener l’encours de la dette à un niveau inférieur ou égal au plafond stratégique établi par le gouvernement.

Ce PRE vise à moyen terme à accélérer la diversification économique et l’impact social des politiques publiques menées, en inscrivant les finances publiques dans une trajectoire de soutenabilité.

L’ensemble des mesures à prendre devrait contribuer à l’amélioration des conditions d’existence des populations par la promotion d’un développement industriel à faible empreinte écologique, la lutte contre les effets des changements climatiques et la transformation structurelle de l’industrie à base de chaînes de valeurs créatrices de richesses et d’emplois au Gabon.

Le PRE s’appuie sur la cohérence des actions autour de trois importants volets que sont la « viabilité des finances publiques », l’ « amélioration de la gouvernance économique » et la « réalisation d’investissements productifs ». Pour se faire, il convient de renforcer la compétitivité des filières économiques moteurs de croissance et accélérer le développement des leviers (activités forêt-bois, agriculture, hydrocarbures, mines, BTP, pèche, tourisme, etc.).

Sur les échanges liés aux modalités d’opérationalisation d’un comité de suivi chargé de la mise en œuvre du Plan de Relance Economique (PRE) 2017-2019, le président Moulombi s’est félicité de la prise en compte de toutes les orientations édictées par le Premier ministre.

De son côté, le ministre de l’Economie qui apprécie la démarche du Haut Conseil des Acteurs Non Etatiques du Gabon (HCANEG, de l’ONG Croissance Saine Environnement (CSE) et Réseau des OSC pour l’Economie Verte en Afrique Centrale (ROSCEVAC), a pris l’engagement de transmettre au Premier ministre les  préoccupations des OSC.

GI/FM/NN/17