Pollutions de Perenco : La société civile dénonce la fuite en avant du gouvernement

Comme il fallait s’y attendre, la société civile a réagi au communiqué du gouvernement sur les pollutions de Perenco à Etimboué, dans la province de l’Ogooué-Maritime. Avec les victimes impactées, elle dénonce une fuite en avant du gouvernement et promet de porter plainte à Perenco au sein des instances internationales.

Doud De Mouss

Le 21 janvier, le gouvernement a apporté des éclairages sur les pollutions de Perenco à Etimboué. S’il a annoncé la mise en œuvre d’un audit des installations de Perenco et la mise sur pied d’un Comité de travail conjoint Perenco/gouvernement, la société civile et les populations impactées par les activités de Perenco ont estimé après la communication gouvernementale, via le Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), que «la réaction du gouvernement est une fuite en avant qui confirme son inaction, son manque d’autorité et de pouvoir régalien en dépit des constats désastreux résultant des atteintes généralisées à l’environnement occasionnées par Perenco».

Selon Georges Mpaga, le président du ROLBG, le gouvernement ignore maladroitement de mentionner l’ensemble des pollutions de l’entreprise pétrolière qui sont pourtant attestées par de nombreux rapports provenant de la société civile et des communautés riveraines. Pour la résolution de cette affaire, la société civile exige du gouvernement «la plus grande fermeté pour la défense des intérêts du pays et des communautés gravement impactées par les activités nuisibles de PERENCO en Etimboué». «La société civile et les communautés dénoncent en outre, la mise en place d’un comité conjoint entre le gouvernement et le pollueur ce qui constitue la preuve irréfutable de collusion et de conflit d’intérêt aboutissant à un affaiblissement du rôle régalien de l’Etat», a déclaré Georges Mpaga.

Ceci, d’autant plus que ledit comité exclut les principales parties prenantes dont la société civile et les communautés locales. Un état de fait, assure le président du ROLBG, «en opposition aux principes qui régissent le secteur extractif, pendant que le Gabon aspire à un retour à l’ITIE». Il dénonce en outre, une opacité dans la gestion de ce dossier par le gouvernement gabonais et condamne «son soutien à peine voilée à un opérateur extractif hors la loi», dans un contexte où cette posture risquerait de compromettre les chances du pays à réintégrer cette norme essentielle pour une gestion saine et partagée des ressources extractives. Au-delà des deux plaintes déposées devant les juridictions nationales, informe Georges Mpaga, la Société civile et les communautés entendent attaquer Perenco à l’international en France, en Grande Bretagne et devant la Cour Africaine des droits de l’Homme et des peuples basée à Arusha.