Pénurie de taxis à Libreville : risque de flambée du Coronavirus !

Si la lutte contre le Coronavirus était jusque-là en bonne voie au Gabon, avec une tendance baissière des contaminations, elle risque d’être désormais compromise. Et pour cause, le relâchement constaté dans le respect des mesures barrières, notamment lors des bagarres pour trouver un taxi à Libreville, fait craindre une éventuelle flambée de la maladie. 

Leno Koleba

Des mouvements des populations qui se froissent, se bousculent pour trouver un taxi, devenu très fréquents avec la rentrée des classes. La situation, loin d’inquiéter les autorités, menace quand même de relancer une maladie pourtant sous contrôle depuis des mois déjà. Surtout au moment où la population dans sa globalité, semble avoir oublié la nécessité de respecter les gestes barrières dont le port systématique du masque et la distanciation physique. Des règles désormais foulées au pied à l’idée que le Coronavirus est désormais derrière, certains allant jusqu’à pointer un mensonge d’Etat pour obtenir l’aide financière de l’OMS, l’organisation mondiale de la santé.

Dans ce contexte de préjugés et dénis nourris, la lutte contre la pandémie est loin d’être finie, surtout au vu de l’inconscience presque généralisée de ces derniers temps. La situation est d’autant préoccupante qu’une éventuelle deuxième vague pourrait s’avérer hors de contrôle, au regard des exemples des pays développés. Surtout pour un tissu économique qui a démontré toute sa fragilité dès les premières heures de l’apparition du virus au Gabon. Puisque d’après les prévisions du FMI, (le fonds monétaire international), la croissance du Gabon devrait chuter d’un peu plus de 3,8 en 2019 à 0,2% cette année, en raison de cette pandémie.

Voilà qui devrait inciter le gouvernement à plus de rigueur dans l’application des mesures barrières. Et cela passe notamment par la reprise en main de la gratuité de transport pour les sociétés d’État telles que SOGATRA et Trans’urb comme ce fut le cas au plus fort du confinement du Grand Libreville en avril dernier. Une telle mesure permettrait de compenser la forte demande de transport des élèves en cette période scolaire en désengorgeant les taxis dont le nombre de places a déjà été réduit presque de moitié pour favoriser la distanciation physique. Agir ainsi c’est éviter la pénurie de taxis à l’origine de la grande confusion à laquelle on assiste ces derniers temps. Et qui, à coup sûr, risque de relancer la maladie, si l’on n’y prend garde. Car, visiblement, avec cette rentrée scolaire, le Gabon est loin d’être sorti d’affaires. Et la reprise des cours longtemps attendue pourrait constituer le point de départ de cette seconde vague tant redoutée. Imaginez les dégâts.