PAT : le Gabon s’offre un plan pour préparer l’« après-pétrole 

Au Gabon, plus de 30% du PIB est issu des revenus tirés du pétrole. De même, malgré les ambitions affichées par l’Etat ces dernières années, la diversification de l’économie nationale n’est pas au rendez-vous. En grande majorité, l’économie gabonaise dépend encore de l’extérieur. Pour inverser cette tendance, le Gabon vient de se doter d’un plan visant à accélérer la transition (PAT) vers l’« après-pétrole » de son économie sur la période 2021-2023.

Grégoire Matumba

Lors de son adresse à la nation le 31 décembre dernier, Ali Bongo Ondimba, le président de la République avait fait de 2021, l’année de la relance et du décollage économique. Lors du séminaire du Gouvernement ouvert lundi 18 janvier à la présidence de la République, le premier Ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda a matérialisé cet engagement par l’annonce de la mise en place d’un plan d’accélération de la transformation (PAT) de l’économie gabonaise. Fixé pour une période de trois ans, en partant de l’année 2021, ce plan qui s’illustre comme une boussole du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) et de l’action gouvernementale vise en effet à accélérer l’ « après-pétrole » au Gabon.

En effet, c’est sur la base d’un constat, après analyse en profondeur des indicateurs macroéconomiques locaux, dont le développement global, que les autorités gabonaises ont estimé qu’il fallait inverser les choses. Le poids du secteur pétrolier dans PIB, la consommation alimentaire, bref, l’économie de manière globale affiche une dépendance certaine. C’est le cas des secteurs extractifs du pétrole et du manganèse dont la part dans le Produit Intérieur Brut a connu une baisse de 60% à 45% entre 2009 à aujourd’hui.

Sur la même lancée, la diversification de l’économie porte en elle, les frasques des politiques publiques déficientes. « Malgré nos efforts, les secteurs de diversification, au premier rang desquels les secteurs forêts-bois et agriculture, n’ont pas encore pris la place de relais que nous souhaiterions qu’ils occupent », estime le premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda. Or, à l’horizon 2025, le Gabon doit inverser cette tendance en boostant la compétitivité intérieure de ses secteurs de production, de sorte à relever sa croissance économique.

La contribution du secteur pétrolier doit, à cet effet, être ramenée à 20%, contre 33% actuellement. Idem pour la consommation alimentaire, qui doit être réduite de 50%, grâce à la mise en place d’une production agricole locale d’ici 2025. « Nous devons faire tomber le pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté à moins de 25% de la population, contre 35% aujourd’hui », estime le Premier ministre.

Pour relever ces défis, trois pivots économiques ont été définis par Rose Christiane Ossouka Raponda. Ces pivots vont permettre de mener des réformes radicales pour faire du secteur forêt-bois et de l’agriculture les nouveaux piliers de l’économie gabonaise. Parmi ces pivots : le pivot économique, le pivot catalyseur de croissance et le pivot social. Ces trois pivots, selon le premier Ministre, sont dépendants des 12 batailles identifiées à ses soins dans son discours de présentation du PAT.