On ne peut-être en même temps juge et partie comme le sont les RPROG, les RBOP et les RUO

Dimanche, 11 août 2019 (GabonInitiatives) – La mise en place de la loi organique numéro 20/2014 du 21 mai 2015 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget (LOLFEB) qui est une transposition de la directive CEMAC numéro 01/11-UEAC-190-CM-22, a introduit la présentation du Budget par Objectif de Programme (BOP).Cette présentation du budget est faite par politiques publiques à travers les Missions, les Programmes, les Actions.

Sans entrer dans tous les détails concernant la préparation, la présentation, l’examen et le vote des lois des finances, arrêtons nous sur un aspect de l’exécution du budget à savoir le rôle des nouveaux gestionnaires de la dépense publique.

En effet, la BOP a introduit une nouvelle chaîne managériale aux pouvoirs de gestion élargis. Il s’agit du Responsable de programme (RPROG), du Responsable de budget opérationnel de programme (RBOP), et du Responsable d’unité opérationnelle (RUO).

Ces trois managers sont chargés de l’exécution du budget, autrement dit, sont ordonnateurs délégués des crédits mis à leur disposition . Ils exercent une autorité managériale sur tous ceux qui contribuent au programme y compris les opérateurs de l’État.

De par leurs attributions, ils sont chargés de la négociation des objectifs, de l’obtention d’un reporting régulier, du pilotage de l’action et de la gestion des crédits, et enfin de l’évaluation des résultats. Autant dire qu’ils sont juges et parties. Ils participent autant à la conception des programmes, qu’à leur pilotage, à leur suivi et à leur évaluation.

Comment juger crédibles de  telles évaluations internes (RAP ou rapports annuels de performance)?

Les critiques ont vite fait de relever qu’il se pose un vrai problème de gouvernance au niveau de l’État et particulièrement du Gouvernement.
Il est donc indispensable que les contrôles internes et l’évaluation sortent de la ligne hiérarchique de cette chaîne managériale et soit rattachés directement au Premier Ministre.

Le chef de l’État pourrait se prononcer sur ce problème lors de son discours à la nation consacré aux festivités marquant l’accession du Gabon à la souveraineté internationale le 16 août prochain. Bon dimanche.

À demain.

PETIT-LAMBERT OVONO 
ÉVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES, PRÉSIDENT DE SOGEVAL

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GI/PLO/FM/19