L’Observatoire National de la Jeunesse pour le Climat (ONJC) dévoile sa feuille de route

Libreville, 19 avril 2019 (GabonInitiatives) – Créé conformément à l’article 11 de la charte africaine de la jeunesse ratifiée par le Gabon en 2006 qui stipule que « tout jeune a le droit de participer librement aux activités de sa société », des jeunes Gabonais issus pour la plus part des organisations et mouvements de jeunesse ont décidé d’unir leurs forces au sein d’un Observatoire National de la Jeunesse pour le Climat (ONJC), en vue d’œuvrer efficacement par leurs contributions aux côtés de la société civile, du Gouvernement et des partenaires au développement pour la gouvernance climatique, l’agriculture durable et l’économie bleue.

« Le ministère de l’Agriculture, en ravivant avec nous la réforme agricole donne à chaque citoyen soucieux d’apporter sa contribution de réagir et en première ligne la jeunesse parce qu’elle est concernée et plus que jamais organisée », explique Jovani Eyenga, president de l’ONJC qui annonce déjà leur détermination à œuvrer au projet du ministère de l’Agriculture relatif à la création de classe vertes et du lycée agricole de Lébamba.

« Notre avenir nous commande d’être vaillant face aux défis de notre temps, et les reformes qui intéressent la jeunesse. C’est pourquoi, il nous semble utile de partager avec vous nos observations et perspectives concernant la nouvelle stratégie Agricole du Gabon présentée par le ministre de l’Agriculture », souligne le président de l’ONJC.

Du point de vue de l’ONJC, cette réforme succède à de nombreuses initiatives qui n’ont pu résoudre avec efficacité la question formation-emploi à l’origine du chômage grandissant, des orientations hasardeuses et perceptibles qui renflouent le décrochage scolaire.

Pour l’ONJC, le programme « un jeune un métier » et ses insuffisances a laissé des réminiscences dans la mémoire collective des jeunes et le tout couronné par une administration pourtant dite continue mais dont le projet initié par le prédécesseur n’est point ou rarement continué par le successeur. Dans ce contexte, tout en saluant la reforme innovante du ministère de l’Agriculture, l’Observatoire a décidé de présenter leurs observations et perspectives pour interpeller et prévenir.

Au nombre des observations, l’ONJC note plusieurs manquements liés aux absences d’« implication de la jeunesse dans l’élaboration du projet », d’ « indicateur relatif à la viabilité et durée de la présente reforme », de « présentation d’un plan de carrière s’y rapportant » et de l’absence de « précision relative à l’employeur des future diplômés lorsqu’ on sait que la fonction publique n’embauchera pas durant les trois prochaines années ».

A ces manquements, l’ONJC s’interroge davantage sur le devenir des futurs bacheliers sortis du lycée agricole de Lébamba et la contribution de l’ INSAB dans l’ atteinte de l’objectif réduction de 50% des importations ? Où viendront les enseignants et formateurs ?

« Comment augmenter significativement la contribution de l’agriculture à l’ économie nationale sans plan marketing relatif à l’étude de marché sous régional et continental ? », « pourquoi les jeunes victimes du décrochage scolaire par faute de moyens financiers ne peuvent pas intégrer le lycée agricole ? » en passant par l’ « absence de précisions des filières agricoles à enseigner », sont autant des préoccupations qui taraudent l’ONJC lorsqu’on sait par exemple qu’en France, l’enseignement agricole comprend : l’Agronomie, l’horticulture l’environnement et la médecine vétérinaire.

La « garantie de l’atteinte de la sécurité alimentaire », les « mesures pour le conflit homme –faune » et les « composantes du lycée agricole », complètent le chapelet d’interrogations de l’ONJC.

En rappelant que les états parties à la présente Charte prennent les mesures en vue de promouvoir la participation active de la jeunesse aux activités de la société, notamment, garantir l’accès des jeunes au Parlement et à tous les autres niveaux de prise de décision conformément aux lois, l’Observatoire National de la Jeunesse pour le Climat, recommande les solutions suivantes : l’ « intégration des représentants des jeunes dans la mise en œuvre de la reforme ainsi que son suivi et évaluation où dans cette optique la jeunesse pourrait s’occuper des volets communication et sensibilisation », l’ « organisation d’un camp de vacance agricole servant de stage d’immersion aux premières vagues de classes vertes », la « construction du lycée Agricole de Lebamba aux normes bioclimatiques » en suggérant par ailleurs une « visite conjointe de l’ensemble de parties prenantes au projet au sein d’un lycée agricole à l’instar du lycée agricole de Chambray-lès- Tours de France », par exemple.

L’ONJC encourage le ministère de l’Agriculture à commencer les classes vertes avec les élèves quittant la classe de cinquième de l’enseignement général pour l’enseignement technique. Exhorte le ministère à considérer les élèves ayant arrêtés les études pour fautes de moyens financiers, les jeunes passionnés d’agriculture dans les villages comme candidats aux classes vertes.

L’ONJC encourage aussi le ministère de l’Agriculture à ne pas se limiter à l’introduction unique de l’agriculture dans les filières de formations mais d’englober en incluant le développement durable, la gouvernance climatique et l’économie bleue.

L’ONJC incite à la « construction d’une école supérieure agricole aux standards modernes dans le même site abritant le lycée agricole », soutien le « développement de partenariats avec les lycées et écoles supérieures agricoles de par le monde », encourage la « mise en place d’un conseil national de l’enseignement, de la recherche agricole, agroalimentaire et vétérinaire », milite pour l’ « initiation des jeunes à la recherche et le développement d’une recherche agricole de pointe gage d’une sécurité alimentaire efficace, efficiente et durable », invite le ministère de l’Agriculture à « initier les discussions et travaux relatifs à la reformulations des diplômes concernant l’enseignement agricole ».

En ce qui concerne les diplômes délivrés, l’ONJC encourage le ministère à s’inspirer des modèles des autres pays ayant initié l’enseignement agricole avant le Gabon. Il conseil entre autres au ministère de délivrer le « Certificat d’aptitude professionnelle agricole », le « Brevet d’études professionnelles agricole », le « baccalauréat professionnel agricole », le « baccalauréat science et technologie de l’agronomie et du vivant ».

L’ONJC encourage le ministère de l’Agriculture à initier chez les « classes vertes les notions d’entreprenariat, de développement d’entreprise et d’agrobusiness », de « prendre en compte de l’adaptation climatique » et le « plan national d’affectation des terres et le mécanisme REDD+ ».

GI/JVN/FM/NN/19