Nous voulons aussi la fin de la Françafrique (Faustin Boukoubi)

Libreville, 24 novembre (GABONINITIATIVES) – Le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 44 ans), Faustin Boukoubi, réagissant aux nombreux appels de l’opposition gabonaise demandant au président Français, François Hollande de mettre fin à la Françafrique, a affirmé que son parti veut aussi la fin de ces réseaux mafieux qui ne profitent pas forcément au Gabon. Faustin Boukoubi l’a dit à cœur ouvert.
 

Gabonactu.com : Après l’élection de François Hollande, l’opposition a demandé à la France d’aider le peuple gabonais à réaliser l’alternance démocratique au pouvoir. Votre réaction.

 Faustin Boukoubi :

Je suis étonné et désolé de constater que nos adversaires qui dénoncent à tort et à travers l’ingérence de la France dans la politique intérieure du Gabon sont les premiers à solliciter le concours de la France pour les amener au pouvoir. La confiance ne se décrète pas, cela se mérite auprès du peuple. Nous sortons d’élections législatives, certains de ces compatriotes ont battu campagne en toute liberté à travers le pays. Les élections se sont déroulées sous leurs yeux, sous leur contrôle et ils ont perdu.

Est-ce qu’il fallait relever ceux qui ont été élus pour imposer ceux qui ont été battus ? Je pense que le Président français ne soutiendra pas des processus électoraux opaques, personne ne le lui demandera.

Au Gabon, la transparence, nous y travaillons, nous sommes totalement en phase avec les autorités françaises. Le président de la République et le gouvernement ainsi que le parlement bien entendu, sont entrain de prendre des dispositions pour assurer de plus en plus la transparence électorale dans notre pays. Nous ne comptons pas sur la France pour élire ou imposer des dirigeants à notre peuple qui lui aussi doit s’exprimer de façon souveraine comme les français l’ont fait.

Les opposants exigent aussi la fin de la Françafrique ?

D’abord comme l’a dit le président Ali Bongo Ondimba, nous ne savons pas ce que recouvre ce concept de Françafrique. Puis nous nous demandons à qui profite la Françafrique ? Dans la mesure où nous ne sommes pas certains que c’est à nous qu’elle profite, nous ne voyons aucun intérêt à la maintenir, ou aucun inconvénient qu’on y mette fin. Nous aussi nous voulons la fin de la Françafrique, telle qu’elle est décriée. Que ceux qui maîtrisent les contours de cette Françafrique prennent des dispositions pour y mettre fin.

En ce qui nous concerne, nous voulons une coopération profitable et à la France et à l’Afrique.

Il semble que cela n’est pas le cas en ce moment. Il paraît que la Françafrique c’est le pillage des ressources contre l’imposition ou la protection des dirigeants africains ?

Justement, si c’est cela la Françafrique, c’est-à-dire pillage de nos ressources, nous serions les premiers à appeler à la fin de la Françafrique. Sauf que ceux qui en parlent ne nous disent pas exactement ce que cela recouvre. Pour ce qui nous concerne, nous nous appuyons sur le peuple gabonais souverain. Celui-là même qui choisit ses dirigeants parmi lesquels les pédégistes (militants du Parti démocratique gabonais, PDG, ndlr). Nous laissons aux français le soin de choisir leurs propres dirigeants. Nous ne nous appuyons pas sur la France pour nous imposer à la tête des institutions gabonaises.


Vous voulez ne pas reconnaitre la forte influence de la France dans certains choix stratégiques des pays de son pré-carré ?

Si par le passé l’influence de la France a probablement existé (…), pour ce qui nous concerne, nous évoluons de plus en plus dans un monde de transparence. Nous prenons des dispositions pour que les élections soient de plus en plus transparentes. A partir de là, nous ne voyons pas à quoi sert la Françafrique dans les élections.

Gabonactu.com vous remercie

C’est moi.

Propos recueillis par Yves Laurent GOMA

Source: GABONACTU

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Fabrice Mikomba - Expert Gabon et Afrique Centrale
Fabrice Mikomba est journaliste expert Afrique et Afrique centrale depuis 1989. Après avoir travaillé pour RFI et de nombreux médias on et off line il est désormais spécialiste Gabon et Afrique Centrale pour Gabon Initiatives et Info Afrique et ce depuis 2012.