Mesures anti-Covid-19 : L’impossible capitulation d’Ossouka 

Alors que sa réaction était vivement attendue après la manifestation des casseroles qui a dégénéré en affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre, avec à la clé deux morts jeudi soir à Libreville, le gouvernement refuse de reculer sur ses mesures strictes contre le Coronavirus. Dans une piètre déclaration lue à la télévision vendredi, la première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, sans même regretté l’incident, ne s’est contentée que d’annoncer le rétablissement de la gratuité des transports publics dont les bus seront renforcés en nombre pour faciliter les déplacements dans le Grand Libreville. 

Leno Koleba

Même dos au mur, avec deux morts sur la conscience, le gouvernement refuse de capituler. Pourtant tout le monde ou presque s’attendait à ce qu’il revoie sa copie des mesures restrictives, après la manifestation des casseroles qui a dégénéré en affrontements mortels jeudi entre manifestants et forces de l’ordre. Mais au lieu que la bavure des policiers qui ont tiré à balles réelles sur les “Casseroliers”, serve d’indicateur du mécontentement populaire au gouvernement pour rectifier le tir, ce dernier n’a répondu que par son autisme habituel. Pire, la première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, dans sa déclaration de vendredi soir ne s’est contentée que d’annoncer le rétablissement de la gratuité des transports publics et l’augmentation des bus pour pallier, dit-elle, la difficulté des transports observée depuis l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures irrespirables, et dont le clou est l’imposition d’un couvre-feu à 18 heures, avec son corollaire des embouteillages monstres dans le Grand Libreville. Décidément, les autorités n’en ont pas fini avec des vieilles recettes inefficaces. Sinon comment la gratuité des bus qui n’a pas marché lors du premier confinement d’avril dernier va-t-elle fonctionner cette fois-ci ? Les bouchons géants observés depuis l’entrée en vigueur du couvre-feu à 18 heures sont-ils le fait d’un manque de taxis ? Pourtant, à l’évidence, on s’aperçoit que, pris de panique, tout le monde (élèves, travailleurs et autres) s’empressant de rentrer au même moment avant l’heure fatidique du couvre-feu, cela cause un afflux de monde et de embouteillages, surtout avec l’état de certaines routes délabrées dans la capitale.

Le déni et le cynisme

C’est même à croire que le gouvernement, incapable de d’assouplir ses mesures irrespirables qui accroissent la misère des populations déjà étranglées par le chômage de masse, n’a choisi que le déni et l’intresigence comme réponse, aveuglé par sa psychose excessive du virus. Le tout avec une extrapolation qui frise le Coronamania, c’est-à-dire cette schizophrénie incompréhensible face au virus. La lutte contre la Covid-19 peut-elle être efficace quand elle asphyxie des populations accablées par la faim ? Ne dit-on pas que ventre affamé n’a point d’oreilles ?