“Mariage homosexuel” à Makokou : les retombées de la dépénalisation !

À peine cinq mois après l’autorisation par l’Assemblée nationale des relations entre personnes de même sexe, deux femmes viennent de se passer la bague au doigt à Makokou, la capitale provinciale de l’Ogooue Ivindo dans le nord du Gabon. Quoique les images faisant le tour de la toile, choquent le pays tout entier, cette union contre-nature est la conséquence directe de la dépénalisation, et peut-être même le début d’une série des unions de cet acabit.

Leno Koleba

L’abjection tant redoutée depuis l’autorisation par le parlement des relations sexuelles entre hommes ou entre femmes, est désormais consommée au Gabon. Et ce mariage à Makokou signé le premier acte du blanc sein accordé par le gouvernement à ces « travestis » qui ont abandonné l’usage naturel du sexe opposé pour se confondre et s’enflammer entre eux, femme avec femme, homme avec homme. Et bien que le Maire de Makokou, Guy Roger Ekazama, s’en émeuve aujourd’hui en s’efforçant d’emprunter une mine déconfite devant ce scandale inédit qui choque au premier chef, les populations de sa cité, cette union conclue devant parents, et peut-être même devant les amis et connaissances, n’est autre chose que la conséquence de cette dépénalisation. Certes, les deux femmes ont été interpellées par les forces de sécurité, l’acte ainsi posé dans un pays fidèle à son métabolisme culturel, devrait interpeler du haut du pouvoir, les tenants de cette homosexualité calquée sur le modèle occidental au motif qu’il fallait faire évoluer les mentalités en prenant pour reflet, la morale dépravée de l’Occident.

Pourquoi les Occidentaux eux, ne cherchent pas à vivre à l’aune de la culture africaine ? À l’évidence, les autorités, l’air gêné par l’embarras de la question, avancent honteusement que dépénalisation ne veut pas forcément dire l’égalisation. Et que tout mariage entre personnes de même sexe est de facto puni. Sauf à s’y méprendre, il est un principe en droit qui voudrait que tout ce qui n’est pas interdit soit autorisé. Et ceux du sérail qui vivaient depuis leurs unions dans l’ombre savaient qu’en autorisant les relations entre personnes de même sexe, ils ouvraient par la même occasion, une voie royale pour les mariages homosexuels, quitte à choquer une opinion largement opposée dans son écrasante majorité. Et la dépénalisation ainsi obtenue au forceps par l’intimidation des parlementaires n’aura été qu’un prétexte de protection pour eux. L’édile de Makokou a donc beau s’offusquer de ce spectacle abject, sait que la bataille contre l’homosexualité est désormais perdue dès lors que la pratique a déjà été soutenue et obtenue en haut lieu. Et la dépénalisation ayant déjà été actée, les mariages de cette nature, on en verra davantage, bien qu’ils soient encore en apparence considérés comme interdit, selon la législation gabonaise. Car il serait aberrant et même contradictoire de considérer comme crime ou délit, le mariage entre personnes de même sexe quand leur relation est autorisée par la même loi. Et l’exemple de Makokou sera loin d’être le dernier.

Journaliste du média Gabon Initiatives