Lutte contre la corruption : L’Autorité nationale de vérification et d’audit portée sur les fonts baptismaux

Décidé par Conseil des ministres du 14 août 2020, le Parlement vient d’emboiter le pas au Conseil des ministres du 14 août dernier en actant la création de l’Autorité nationale de vérification et d’audit. Défendu aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat par le ministre des Relations avec les institutions constitutionnelles, cet organe devrait permettre de lutter contre la corruption.

Doud De Mouss

A l’Assemblée nationale et au Sénat, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°0011/PR/2020 du 14 août 2020 portant création et fonctionnement de l’Autorité nationale de vérification et d’audit défendu par le ministre des Relations avec les institutions constitutionnelles, Denise Mekam’ne, a été adopté en de termes identiques. Organe indépendant, il vient en appui aux institutions étatiques pour veiller à la bonne gestion des biens et des ressources financières publiques. En ce sens, il devrait aider à la lutte contre la corruption dans le pays.

«L’Autorité nationale de vérification et d’audit a pour mission de vérifier et d’auditer les services de l’Etat, les collectivités locales et les organismes recevant des concours financiers et matériels de l’Etat», a expliqué Denise Mekam’ne lors de son exposé de motif au Parlement. Pour une meilleure organisation dans l’accomplissement de ses missions, a-t-elle ajouté, cet organe créé sous la forme d’une autorité administrative indépendante jouit de la personnalité juridique et est doté de l’autonomie technique administrative et financière. Il est doté d’un vérificateur général, des unités de vérifications et d’audit, des services d’appui et d’un poste de comptable.

Avec la création de ce nouvel organe, d’aucuns craignent le chevauchement entre des institutions d’audit et de contrôle déjà existantes, non sans s’interroger sur ledit choix au regard des échecs des précédentes entités. Ceci, d’autant plus que la création de cet organe entraine la suppression du Contrôle général d’Etat. Créé en 2012, il aurait montré ses limites dans la lutte contre la corruption au Gabon.