Libre propos : Et pourquoi pas un référendum pour de nouvelles élections ?

Ali Bongo Ondimba et Jean Ping, les deux raisons du dialogue politique au Gabon

Aout 2016, les gabonais se dirigent vers les différents bureaux de vote pour élire leur président. Après la mise en place du système biométrique dans le processus électoral, la polémique persiste sur l’authentification des données d’identification des électeurs qui ne permet pas l’unicité de chaque fichier ou de chaque voix. Cette faille électorale sera longtemps critiquée mais n’aboutira pas à la révision technique du nouveau procédé. Il faut le dire : la biométrie est une innovation nationale qui a suscité de grands espoirs bien que sa mise en place n’ait jamais pu garantir une transparence complète et vérifiable. A l’annonce des résultats, le pouvoir émergent est reconduit et le camp adverse dénonce une supercherie. C’est alors qu’une crise postélectorale éclate s’illustrant par un « malaise étouffé » qui gangrène la vie sociale.

Dans un État de droit, dans état qui avance progressivement vers la souveraineté, l’indépendance, la démocratie et la modernité, la voix du peuple crédibilise la gouvernance d’un pays qui entend se faire une place de choix dans le concert des nations.  En cela, je souhaite dans cet exposé interpeler les consciences des gouvernants et des gouvernés sur la possibilité que nous offrent les leviers démocratiques auxquels a souscrit le Gabon lors de son admission et de ses multiples adhésions à des organisations sous régionales et internationales.

Aussi, de cette réflexion, permettez-moi, chers lecteurs, intellectuel(les), analystes et penseurs libres, d’exprimer en quelques points le bien fondé et le caractère constructif de l’organisation d’un référendum pour faire taire définitivement les contestations et les doutes sur le choix réel des gabonais et des gabonaises à la tête de notre digne Gabon.

Que prévoit la Constitution à ce sujet ?

Dans une édition de 1958, la Constitution Gabonaise stipule au TITRE II ; du Président de la République et du Gouvernement, Article 16 : « Le Président de la République, après consultation du Conseil des Ministres et du bureau de l’Assemblée Nationale, peut soumettre à référendum toute question qui lui parait exiger la consultation directe du peuple. Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet, le Président de la république le promulgue, conformément à l’article ci-dessus. »

Cela signifie en termes clairs et réalistes, que cette alternative est légale, faisable et définie par la loi gabonaise dès l’institution de la République Gabonaise et de l’adoption de la première constitution adoptée le 19 février 1959.

Pourquoi interroger le peuple gabonais ? (par la voix secrète et personnelle des urnes)

Rappelons qu’un dialogue national, inclusif et multipartite, a été organisé publiquement affichant un visage pacifiste et éloquent du Gabon, toutefois, psycho-socialement, a contribué à « la politisation du discours populaire » en maquillant la sincérité des idées et des idéaux. Bien que le Gabon ne soit pas encore une cité urbaine industrialisée et consciente de l’im-pé-ra-ti-vi-té du respect des droits de chaque citoyen pour assurer l’instauration d’une nation où le mieux vivre n’est pas fantasme, où la société est propice à l’épanouissement social, culturel et politique de chacun sans distinction discriminatoire d’aucune sorte, la voix du peuple se doit d’être orientée vers ce qui est susceptible de contribuer à plus de justice, d’équité et de prospérité.

Lorsqu’un peuple est entendu, c’est la nation entière qui jouit des retombées de la satisfaction de l’expression d’un besoin communautaire. En effet, la démocratie, ce n’est pas le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple dans le but de promouvoir la violation des droits de l’homme. Depuis son admission à l’Organisation des Nations Unies le 20 Septembre 1960, le Gabon a adhéré successivement à l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (F.A.O), à l’organisation pour l’éducation, la Science et la Culture (U.N.E.S.C.O) et à l’Organisation International du Travail (O.I.T).

Ces adhésions nous permettent de bénéficier de la solidarité internationale sous forme d’aide de coopération et d’assistance technique. Ce qui nous conduit au prochain point de cette thèse :

Dans un contexte de crise financière liée à la chute du prix du brut, manne essentielle de l’économie gabonaise, où trouver les financements éventuels en vue d’organiser un référendum ?

Hormis les institutions financières nationales telles que la Caisse Nationale de Dépôt et de Consignation, chargée de soutenir les politiques publiques de développement, ou la Banque Africaine de Développement, les organisations précitées apportent leur concours dans la poursuite du progrès et de l’évolution sociale.

Lors des dernières élections présidentielles, des observateurs africains et européens ont contribué au bon déroulement du scrutin. Les relations extérieures par le soutien des instances internationales peuvent et doivent maintenir leur appui dans le processus démocratique des états africains si le peuple se mobilise pour le patriotisme et la droiture.

En ma qualité de défenseur des droits de l’homme, je veux rappeler que la République Gabonaise est organisée selon le principe de la séparation des pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, et que le Président de la République est par conséquent le garant du pouvoir judiciaire, gardien de la liberté individuelle. En cas de grave danger menaçant la Patrie, il peut en accord avec le Président de l’Assemblée Nationale prendre les mesures exceptionnelles qui s’imposent.

Elvire Bekalle

Spécialiste des questions de société et de développement 04.74.63.55

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