« Les gouvernements africains doivent travailler avec la société civile et vice versa en évitant le mélange de genre », Nicaise Moulombi (président de Croissance Saine Environnement) sur Gabon Télévision

De retour des Etats-Unis, où il a participé pendant près d’un mois au programme IVLP à l’invitation du département d’Etat américain, Nicaise Moulombi, président exécutif de l’Ong Croissance SaineEnvironnement, a été l’invité de l’émission « Invité de Gabon Télévision » présenté par Alex Lewobi Lendendji Essanga sur la télévision nationale gabonaise. Pendant plus de trente minutes, Nicaise Moulombi a répondu sans détours aux questions posées liées entre autres à son parcours dans la société civile, ses victoires et ses échecs avec un point d’honneur à sa participation au programmeIVLP aux Etats-Unis d’Amérique : Intégralité.IMG-20141024-00721
Alex LEWOBI LENDENDJI ESSANGA (ALLE): Vous étiez à New-York parmi quatre mille autres invités à travers le monde. Retenu certainement pour votre engagement dont on parlait tout à l’heure, spontanément, comment avez-vous reçu cette invitation du département d’Etat américain, notamment sa division éducation et culturelle ?

 
Nicaise MOULOMBI (NM) : Déjà je voudrais remercier l’équipe de Croissances Saine Environnement qui m’accompagne depuis dix ans et c’est une satisfaction sur le terrain mais aussi les autorités de l’Ambassade des Etats – Unis au Gabon notamment son département culturel qui a la charge au même titre que leurs collègues dans le monde d’identifier les futurs leaders pour participer à ce programme. A la suite de l’identification, il vous est demandé un CV en plus des actions réalisées et, c’est ainsi que six mois après nous avons reçus une correspondance de l’Ambassade avec la validation du département américain pour me rendre aux Etats – Unis où j’étais totalement pris en charge par le budget du contribuable américain, à la fois pour visiter cinq états mais aussi pour participer à la conférence sur la gouvernance et la transparence avec 17 autres venus de l’Afrique Australe, de l’Afrique de l’Est …

 
ALLE : Unique gabonais à ces échanges, est ce qu’il vous arrive de vous dire que c’est une sorte de consécration. Vous mesurez le poids qui est désormais le votre dans la continuité de ce que vous faites aujourd’hui ?

 
NM : Que ce sois moi-même et comme les autres collègues de l’Ong, nous avons mesurés le poids de notre responsabilité dès le lancement de notre Ong en 2002, davantage nous prenons conscience des enjeux mais aussi du souci de la communauté internationale qui souhaite davantage prendre en compte nos préoccupations. Et donc, nous le mesurons d’autant plus que nous avons accès à des très hautes personnalités parmi lesquelles le secrétaire d’Etat aux affaires africaines, le secrétaire d’Etat aux affaires internationales, présidents, gouverneurs et inspecteurs etc. Et donc là, nous prenons effectivement conscience de la responsabilité qui est la notre dans le maintien de la progression, de la gouvernance et de la transparence dans notre pays, en Afrique et dans le monde mais, c’est aussi une fierté pour notre pays que d’avoir été retenu à travers votre humble serviteur,
c’est donc une satisfaction pour les membres de l’Ong et pour mon pays parce qu’il y a bien d’autres pays qui n’ont pas été retenus.

 
ALLE : Le programme, cette année intitulé Transparence et gouvernance, qu’avez – vous retenu fondamentalement ou principalement au terme de ces échanges ?

 
NM : D’abord, toute l’humilité que le peuple américain se donne en reconnaissant que la corruption n’est pas une fatalité aux Etats – Unis, mais, elle vous donne l’opportunité de vous acquérir, de vous approprier les mécanismes qu’elle met en place pour la combattre ce qui n’est pas le cas en Afrique et dans plusieurs pays où, même dans nos états, où dès que vous lancez cette action, c’est peut être ceux qui sont poursuivis qui se sentent offusqués mais, là, ils y a des gens qui mènent des combats, c’est pour vous dire qu’au moment où nous parlons, le Maire de Belle est enfermé. Vos collègues journalistes ont eu le prix mondial Futzler parce qu’ils ont monté des enquêtes ayant abouti à l’arrestation du Maire, il y a le Gouverneur de Los – Angeles qui pourrait être destitué parce que depuis quinze ans (15ans) une Ong continue à écrire au gouvernement central que ce Gouverneur n’est pas dans des bonnes prédispositions pour occuper ses fonctions au même titre que le magistrat qui est élu par les populations.

 
ALLE : Alors, merci pour cette révélation, cela dit (…) le model américain en quoi est –t-il spécifique ?

 
NM : D’abord, nous arrivons tous de différents horizons. Vous avez des fonctionnaires, par exemple pour le Cameroun nous avons à nos côtés, le Directeur général des grandes entreprises, pour la Côte d’Ivoire nous avons le président de la commission des marchés qui est rattaché à la présidence de la République et même des directeurs de cabinets des pays lusophones. Ce qu’il faut retenir, c’est que le système fédéral américain à cette chance de réussir parce qu’il y a de partage de pouvoir, premièrement. Deuxièmement, finalement le président Obama, n’est qu’un président VIP. C’est mon point de vue et je l’ai dis au département d’Etat et nous sommes plus où moins d’accord là-dessus. Il a quelques prérogatives notamment les affaires à la défense, les affaires extérieures. Et, même aux affaires extérieures, il a encore des blocages parce qu’une fois qu’un ambassadeur est nommé, il faudrait que le Sénat valide. C’est pour ça que malheureusement dans beaucoup de pays africains, vous avez l’impression que le pays n’est pas en bonne relation avec les Etats-Unis et certaines personnes qui ne sont pas au fait avec le fédéralisme américain où certains membres de la société civile ou certains responsables politiques peuvent profiter de ça pour montrer que le pays est mal, mais, en réalité ce sont tous ces mécanismes là qu’il faut valider. Et donc, il y a une espèce de partage de pouvoir et il y a la régulation, mais il y a le fait aussi que la presse a un poids important, la société civile a un poids important parce que finalement on peut se dire que si nous sommes bien avec les américains, pourquoi, nous n’obtenons pas des aides ? Mais, si nous ne les obtenons pas c’est parce que les ministres des pays africains ont tendances à demander au gouvernement américain, mais finalement ce gouvernement, sur cette pratique là, n’a pas de pouvoir. Et donc, il faut comprendre tout cela pour pouvoir en juger, identifier les organisations. Je vais vous donner un exemple : Aujourd’hui, le président gabonais se retrouve aux nations-unies. Ça aurait été une occasion pour lui d’être accompagné par deux ou trois membres de la société civile et, pendant qu’il lance des idées, ceux – là, négocient avec des organisations. Et, le président Obama, l’a si bien dit car, j’ai été une semaine avant de repartir à la conférence du président américain : les gouvernements africains doivent travailler avec la société civile et vice versa en évitant le mélange de genre.

 
ALLE : M. Moulombi, cette démarche, semble être celle des autorités gabonaises, on n’a semblé vous apercevoir au côté du président dans une question internationale aux Etats – Unis. Est-ce que ce n’était pas là déjà, un élan d’association du président à la société civile ?

 
NM : D’abord je voudrais le remercier et nous l’avons dit : c’est une fierté d’abord que d’être reçus par ces autorités et, d’autant plus à l’extérieur du pays. Cela voudrait dire que les autorités gabonaises reconnaissent le travail de la société civile, particulièrement celui de Croissance Saine Environnement. Mais, je pense que nous devrions aller plus loin et avoir continuellement des réflexes qui permettent de consolider cette bonne gouvernance en intégrant dès qu’il y a une opportunité. Et, je crois que c’est un travail qui doit se poursuivre.

 
ALLE : M. Moulombi, vous-avez eu ces enseignements avec le département américain, quel usage vous en faites, est ce qu’il y a eu des orientations spécifiques dans le cadre du prolongement ou vous-mêmes avez tiré des leçons quant à la mise en pratique sur notre territoire national concernant les activités de vos organisations ?

 
NM : D’abord je voudrais vous dire que nous n’avons des injonctions ou de leçons à se faire imposer des américains. Nous sommes une organisation souveraine. Notre travail est apprécié grâce à la bonne coopération qui existe entre le Gabon et les Etats-Unis, nous avons été retenus mais, je pense que pour la question spécifique de la transparence et la gouvernance, les américains, ont l’humilité d’accepter et de reconnaitre leurs faiblesses et mettre des processus pour aller plus loin. On pourrait dire qu’en Afrique et pour le cas du Gabon, il y a effectivement des organismes qui existent. Maintenant, est ce que ces organismes sont au point ? Est ce qu’ils font le travail ? A quel niveau les pesanteurs existent ? C’est toute la question. Et donc, ce que nous, nous avons appris, nous allons les désagréger et voir comment accompagner notre pays à aller plus loin et dans le cadre sous – régional, comme vous le savez, je suis le président du réseau au niveau de l’Afrique Centrale pour l’économie verte, on va aussi faire en sorte que nos organisations puissent aussi s’approprier ces mécanismes. Je pense que c’est un très bon model. Je peux vous dire que Tony Blair, le président Hollande pour ne citer que ceux-là et bien d’autres, ont été des IVLP. Aujourd’hui, ils sont chefs d’Etat, Premier ministre dans le monde. Maintenant, on ne peut que transposer tout ce qui peut s’adapter à notre environnement sociologique et culturel. Mais je peux aussi vous dire quand vous n’êtes pas équilibré, lorsque vous sortez de là, vous pouvez utiliser de manière négative, ce qui peut être positive.

 
ALLE : Comment concilier, et là, j’en appelle un peu à votre observation technique et scientifique, la nécessité de voir la société civile évoluée librement et l’exigence de partenariat avec l’Etat. Est-ce que parfois la frontière ne devient pas poreuse car, on assiste à plusieurs abus dans l’immixtion des ong dans la politique ?

 
NM : Oui, là, il faut comprendre que d’abord, le Gabon, est l’un des rares pays au sud du Sahara où la société civile a été aux premières heures de l’indépendance. En 1964, le président Léon Mba dans le prolongement de sa négociations avec la France avait déjà intégré la société civile. Et, le Conseil Economique et Social, plus que j’ai été un ancien membre du CES et premier président du groupe association dans le cadre de l’environnement, la société civile au Gabon (…), à sa place. Maintenant, ceux qui sont sur le terrain, comme nous ou d’autres évoluons librement. Tout dépend maintenant de la manière dont vous-vous positionnez. Vous allez avoir ceux qui vont peut être se dirent comment faire pour obtenir des financements plus qu’il n’y a pas de système transparente pour financer des Ong au Gabon. D’autres, vont se positionner en victimisation, donc, des victimes permanentes. En se positionnant en victime permanente, ils vont recevoir des aides de l’extérieur. Et, aujourd’hui, ce que je dis, il y a un rapport fait par des organisations de la société civile anglaise, française et africaine qui démontre que 80% de la mobilisation financière au bénéfice des organisations du sud, n’arrive pas vers l’effectivité. Et, l’administration Obama a demandé que les Ong travaillent avec les états et que les états travaillent avec les Ong, c’est pour déjà arrêter tout cela parce que vous-vous retrouvez de fois avec des rapports qui cassent les classements des pays parce que tout simplement les gens ne sont pas venus et puis, on n’a profité d’une Ong qui n’a pas la lecture de manière systémique et globale des enjeux parce que je peux vous dire que dans le mouvement associatif il y a aussi l’intelligence économique qui peut vous amener vers la perdition si vous ne l’a maitrisé pas.

 
ALLE : Dans quel bord ?

 
NM : Dans tous les bords. Maintenant, l’autre côté, vous avez des systèmes ou certaines personnalités peuvent comprendre l’intérêt de la société civile. Et donc, sur deux, trois ou dix ministres vous allez avoir peut être sept qui ont tendance à collaborer et trois qui auront tendance à dire : bon, ceux sont des crèves la faim qui veulent me prendre du temps. Et, donc vous gagnez la crédibilité sur la base du travail scientifique que vous rendez et, progressivement vous gagnez la confiance et vous-vous imposez.

 
ALLE : Alors, qui globalement ?
NM : Donc, maintenant pour que cela fonctionne, je pense qu’il faut mettre en place des outils de transparence comme ceux que nous venions d’étudier et puis avoir des plates formes de concertation. Mais, au Gabon, nous avons déjà une plate forme de concertation, c’est celle dite partenaires techniques – financiers où, les hauts fonctionnaires de la primature et M. le Premier ministre convoquent les partenaires au développement, et, certaines organisations de la société civile qui ont été élus pour y faire parties contribuent. Et, vous avez aussi que chaque Ong doit établir un lien avec une administration sectorielle.

 
ALLE : Justement concernant l’orientation du travail des Ong, il me semble que le représentant résidant des Etats-Unis et son équipe aient un travail d’orientation pour pouvoir fusionner les idées ?

 
NM : Effectivement, il y a eu une étude diagnostique sur les forces et faiblesses de la société civile au Gabon qui a été présentée au Centre Culturel Français (actuel Institut Français) en présence de quelques membres du gouvernement et l’ensemble des Ong présentes. Et, cette étude diagnostique propose au gouvernement gabonais de mettre en place un Conseil de la Société Civile (CSC) pour essayer d’avoir une porte d’entrée sur toutes les organisations qui ne sont pas par exemple au Conseil Economique et Social (CES). Mais, là aussi les Ong doivent se prendre en charge. Une fois que cette étude est rendue publique et que le programme des nations – unis a financé et rendu public, les organisations de la société civile doivent pouvoir prendre le leadership et identifier un ou deux membres du gouvernement ou pouvoir discuter avec le Premier ministre. Mais, ça, nous n’avons pas encore beaucoup d’Ong capables de s’approprier ce genre de chose. La difficulté, c’est que quand vous, voulez le faire vous êtes tout de suite taxé. En réalité quand vous êtes taxé ou inféodé ou récupéré par le gouvernement parce que comme je vous le disais tantôt, ils se mettent dans une politique de victimisation pour mieux capturer à l’extérieur et du coup, donner une mauvaise image au pays. Mais, tout ceci commence à être réglé car je peux dire qu’il y a quelques mois nous avons entamés des négociations au niveau sous – régional, avec la CEEAC, l’Union Européenne et même avec le Premier ministre. Nous allons vers une clarté en matière de transparence et, le Chef de l’Etat qui nous a fait l’honneur de nous recevoir à Washington, a pris un certain nombre d’engagement et nous souhaitons lui laisser la discrétion de l’information publique.

 
ALLE : Nicaise Moulombi, président de Croissance Saine Environnement, Administrateur Directeur Exécutif de l’Observatoire de Développement Durable que nous recevons à la faveur du programme IVLP auquel il a participé récemment aux Etats-Unis et qui l’a valu naturellement un certificat de participation concernant la bonne gouvernance. Alors M. Moulombi, comment quantifiez-vous ces succès ?

 
NM : Les plus grands succès au niveau national, c’est déjà, le fait que depuis 2002 nous avons eu la grâce sur plus d’un million de gabonais d’être reçu par l’ancien Chef de l’Etat, l’actuel et par les différents premiers ministres qui ce sont succédés et avoir un échange régulier avec les membres du gouvernement. La satisfaction sur le plan national est au bénéfice de tous. Là où malheureusement la population gabonaise et même le peuple gabonais dans l’intérêt du bien public reste ingrat, c’est notre combat sur la qualité de l’eau. On nous a traité de fou du roi, nous avons posés des problèmes et je pense que si le groupe VEOLIA a tenté d’améliorer ce processus dans ce pays, c’est parce que nous avons remontés ce qui était gardé secret avec une dose de corruption aujourd’hui. Dieu merci que les choses essayent d’avancer. Beaucoup nous rappelle en nous disant que vous avez baissé les bras, mais, nous leur disons que nous n’avons pas baissés les bras mais, constater que d’autres collègues ce sont investis au niveau des consommateurs : il faut leur laisser le champ et pour cela, grâce à notre combat, le gouvernement a mis en place des agences de régulation où les membres de la société civile siègent dans les conseils d’administration. Ils ne font peut être pas du bruit mais ils sont dans les conseils et nous, sommes heureux pour eux. Deuxième combat, je pense que c’est celui de l’acceptation de dénonciation que nous avons eu à faire par de grands groupes, notamment sur la question de déversement pétrolier qui, leur a, amené à améliorer leur processus car, aujourd’hui, nous pouvons parler avec les responsables de Total dans le cadre de notre organisation et qui nous ont reçus de manière non conflictuelle en acceptant effectivement des erreurs qu’ils ont pu mettre en œuvre. Certes, beaucoup reste à faire mais, c’est déjà ça. Vous avez vu le combat que nous avons mené dans le cadre de la radioactivité au niveau de Mounana où malheureusement encore, plus de 200 maisons doivent être rasées et je ne cesse de le dire. Là encore, ce qui nous attriste ce qu’à la fois ce sont des victoires mais des compatriotes continuent à subir et ceux qui ont contribué à tout cela car, ce qui est intéressant se trouvent à la fois dans la majorité qu’à l’opposition et même dans certaines familles il y a des maladies et des gens en souffrent. Je peux même dire que nous avons contribué à améliorer la gouvernance forestière dans ce pays en organisant la première conférence sur les adjudications des permis forestiers au Gabon au côté de la banque mondiale pour ne parler que de cela.

 
ALLE : Alors bonne transition pour parler de la criminalité de faunique mais bien avant si vous me permettez de rappeler que sur les déchets industriels ayant un impact sur la santé je pense que sous peu nous allons recevoir le Vénérable Ernest Ndassigui Koula (…) Cela dit, en parlant de forêt vous étiez en première ligne, où en êtes vous avec le combat sur la criminalité faunique ?

 
NM : Ce combat ne peut avoir une densité importante que si nous avons les moyens de notre politique qui ne suffisent pas. Mais comme je vous le disais nous sommes en discussion au niveau du gouvernement et, nous, au niveau de Croissance Saine Environnement nous sommes de ceux qui pensent que l’état doit apporter un soutien à la société civile. Nous sommes heureux parce que ceux qui disaient hier qu’ils ne peuvent pas être récupérés par le pouvoir doivent revoir leur copie plus que cette fois-ci, c’est le président Obama qui le demande. Et comme beaucoup ont tendance à écrire aux Etats-Unis pour donner des injonctions dans les états, donc nous sommes à l’aise. Maintenant la criminalité faunique, nous le faisons car, il y a un mois nous étions à Oyem dans le cadre justement d’une évaluation du braconnage et de l’exploitation illicite, nous avons transmis notre rapport au ministre de la Forêt et nous l’en remercions ici, lui, qui nous a longuement reçu car, quelques temps après il est allé sur place. Au niveau du Gabon et au niveau mondial, le président de la République est engagé dans ce combat au côté du président Obama. La difficulté comme je vous l’ai dit, le président Obama peut avoir une initiative mais, est ce que son initiative qui est une idée mondiale est en phase avec les volontés du Sénat américain ? Et pour preuve, il y a eu des premiers financements mais ces financements vont aller en Afrique de l’Est. Donc, nous avons besoin et c’est là que c’est intéressant, nous avons besoin de stratégies au niveau sous-régional et au niveau régional et, donc, avoir des réflexions. Et, c’est cela que nous avons mené par exemple dans le cadre de la société civile au niveau de la CEEAC et ce même combat vient d’être impulsé au même titre que les questions climatiques et j’espère qu’on en parlera.

 
ALLE : En parlant des changements climatiques, le président de la République vient d’annoncer la tenue du 18 au 19 mars 2015 d’un sommet sur le climat, sur la route de Paris 2015, ça se dénature quand même en chantier au vu de l’appréciation de l’engagement de ceux comme vous qui luttez contre les changements climatiques ?

 
NM : Oui, d’abord, nous ne pouvons que nous réjouir à chaque fois qu’un compatriote, un collègue de la société civile ou encore lorsque notre Chef de l’Etat annonce des choses qui intéresse une réflexion globale. Le Gabon, par exemple a mis en place un Plan climat. Le Gabon s’est doté d’un outil de pointe dernière génération en Afrique qui est l’AGEOS et qui aujourd’hui a permis de refaire la comptabilité de son massif forestier. Nous avons depuis de décennies sous-évaluées, grâce à cet outil, et ce n’est pas la presse gabonaise qui l’affirme mais plutôt la presse scientifique au niveau mondial. A partir de cet instant, il y a le fait qu’au niveau climatique nous sommes sur deux tendances. Il y a la question de la pauvreté, il y a la question de réduction de gaz à effet de serre, il y a la question de la croissance et, il faut pouvoir concilier tout cela. Mais, en conciliant tout cela, j’ai observé en allant aux Etats-Unis que chaque deux minutes il y a pratiquement un avion qui décolle (…) et c’est valable pour les 54 états. Donc, vous comprenez que demander à un pays qui est à la recherche de la croissance permanente de réduire, cela est difficile. Et donc, l’idée du climat sud permettra effectivement aux pays africains d’avoir une stratégie globale pour permettre à la communauté internationale à Paris d’avoir donc des exigences contraignantes, ce que nous n’avons pas pu obtenir à Rio où nous étions présents, nous allons peut être les obtenir au côté de la France. Maintenant, il faut que les états africains intègrent les organisations de la société civile parce que, que vous le vouliez ou non, mêmes ceux des pays du nord sont obligés d’intégrer et nous espérons que des scientifiques africains vont se mettre là pour sortir des idées de telles sortes que l’Afrique essaie de tirer profit sinon, nous allons continuer à mettre à la disposition de l’oxygène pour le monde sans en tirer profit parce que nous avons des richesses que nous ne maitrisons pas alors que la technologie suit son cours, mais 50ans après nous pensons que nous pouvons discuter et, c’est une bonne initiative que le Gabon a pris parce que le Gabon, prend là, le leadership.

 

 

ALLE : M, Moulombi, deux dernières questions à l’issue desquelles vous allez devoir conclure cet entretien. Est-ce qu’il vous arrive de croire que les domaines d’activités sont tellement nombreux pour les Ong qu’il faudrait peut être un rassemblement au niveau des secteurs d’agissements en vue de mieux cerner les activités et éviter de sons de cloches divergents même si la divergence fait la richesse dans le combat des Ong ? Deuxièmement, votre regard critique souvent mal perçu, la victimisation dont vous avez parlé pour les autres, alors, on se pose souvent la question de savoir quel est le comportement au vue des grands chantiers sociaux, des chantiers de développement du pays, comment percevez-vous souvent la contribution des Ong, inféodées ou pas, leur contribution dans les axes de développement (…) ?

 
NM : D’abord, le Gabon est un pays en construction. La démocratie doit se construire tous les jours et cette démocratie doit être participative. Et donc, la société civile aussi est en construction, c’est pourquoi vous avez certains de nos collègues qui tentent de se perdre en allant s’inféoder dans des partis pour essayer de survivre parce qu’il y a d’abord une question de survie car, si, nous, Croissance Saine avons pu survivre c’est parce que au demeurant moi, j’étais quand même cadre dans le domaine portuaire et maritime. J’ai un tout petit peu réglé quelques dimensions de masse lot, peut être pas à la dernière pyramide mais, je peux dire qu’un petit besoin est peut être réglé. Ça c’est le premier cas. Le deuxième cas, il est tout à fait normal et on ne peut pas s’en priver que de critiquer. Mais, quand moi je pars d’un point à un autre, je reconnais bien qu’à ce niveau que sur le plan de développement rien n’existait. Aujourd’hui, cela existe. Mais si moi, je dois mettre une stratégie en place, il faut un délai, nous avons lancé notre observatoire en février 2013. De février 2013 à maintenant nous n’avons obtenus que deux actions. Nous attendons des financements important et le gouvernement prend son temps. Le gouvernement a pris à peu prêt 8 mois pour répondre, pour dire que cela cadre parfaitement et les institutions qui doivent financées au niveau international sont entrains d’étudier. Mais, si, nous avons annoncés des choses que dans cette période en disant que dans un an nous allons rendre un rapport, nous n’avons pas eu des financements, nous n’allons pas le rendre parce que ce qui est important ce que quand nous allons avoir ces fonds, qu’on puisse faire le travail. Donc, les gens sont pressés parce que tout simplement, tout est urgent. Mais, sans étude, vous ne pouvez rien n’avoir d’où l’intérêt d’être transparent et d’impliquer au maximum, d’avoir un pouvoir partagé par tous que ce soit la société civile, quelle soit responsable et joue son rôle, que l’opposition soit responsable qu’elle joue son rôle, que la majorité soit responsable qu’elle joue également son rôle mais, en consolidant les acquis alors que, malheureusement, en Afrique nous avons toujours tendance de détruire ce qui existe. Donc, quand vous arrivez, vous refaites tout mais, en créant un gap important. Et donc, c’est important d’avoir été nominé par le département américain et d’avoir participé à tous ces séminaires et rencontré beaucoup de structures car, nous avons des propositions que nous allons faire de toute les façons à nos autorités parce qu’il y a un model qui marche bien aux Etats-Unis, c’est celui de l’inspection général.

 
ALLE : Merci M. Nicaise Moulombi, vivement que cette invitation du département d’Etat suscite n’est ce pas un intérêt du côté des autres Ong qui pourraient pourquoi pas au vu de leur travail si l’on considère l’attention des Etats-Unis mérité ce voyage de New-York pour une appropriation dans le cadre des échanges de nouvelles techniques d’accompagnement de leurs actions (…) Merci encore M. Moulombi.

 
Nicaise Moulombi : Merci

 

Croissance Saine Environnement / 14