Le Gabon au Coeur des Assemblées annuelles de la BAD en Inde

Les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se tiendront du 22 au 26 mai 2017, à Ahmedabad, en Inde. Ces assises seront placées sous le thème « Transformer l’agriculture pour la création de richesse en Afrique ».

Les Assemblées annuelles de l’année 2017 interviennent dans un contexte de stagnation économique à l’échelle mondiale. L’Afrique continue d’être la région du monde la plus affecté par le déficit de nourriture. Elle compte plus de 232 millions de personnes sous-alimentées, soit environ le quart de sa population. En conséquence, elle est importatrice nette de produits alimentaires. Par ailleurs, l’accroissement démographique conjugué à l’exode rural et l’abandon des travaux agricoles, sont parmi les facteurs qui ont induit des changements des modes vie des populations avec pour corollaire les importations massives de produits agro-alimentaires. Ces importations entraînent de fortes pressions sur les balances de paiements, accompagnées parfois des tensions inflationnistes qui nuisent aux conditions de vie des populations et à les politiques des pouvoirs publics censées soutenir la croissance et résorber les déséquilibres macroéconomiques.

Parallèlement au déclin de la nourriture sur le Continent, les réserves de change en Afrique chutent de manière significative, en raison de la baisse substantielle des cours des matières premières notamment agricoles, minières et pétrolières. Si les tendances actuelles se maintenaient, les importations nettes des produits alimentaires des africains, estimées à 35 milliards de dollar E.U. actuellement, pourraient atteindre 110 milliards de dollar E.U. à l’horizon 2025. Cette situation ne peut perdurer au risque de ruiner les efforts du Continent visant à asseoir les bases d’un développement inclusif et durable.

Eu égard à cette situation, la BAD a le devoir de transformer l’agriculture, secteur important des économies africaines, où subsistent des niches à fort potentiel de croissance. Ce secteur représente, en effet, le tiers du PIB du Continent et fournit en moyenne 60% des emplois. Pour soutenir les efforts des décideurs publics à faire de l’agriculture un secteur moteur de création de richesse partagée, la BAD a adopté une stratégie 2016-2025 de transformation de l’agriculture qui met en œuvre l’une de ses cinq grandes priorités à savoir « Nourrir l’Afrique ». Les quatre autres grandes priorités sont : (i) Éclairer et fournir de l’énergie à l’Afrique, (ii) Industrialiser l’Afrique, (iv) Intégrer l’Afrique et, (v) Améliorer la qualité de vie des africains. Fruit d’un processus participatif, la stratégie décennale est une amorce de mise en œuvre des engagements de la Déclaration de Maputo, de Malabo et est conforme à l’Agenda de développement 2063, élaboré en lien avec l’Union Africaine.

Les Assemblées annuelles seront l’occasion d’examiner avec les Gouverneurs du Groupe de la Banque, de manière plus exhaustive, les axes stratégiques de transformation de l’agriculture africaine ainsi que les instruments de financement et d’appuis techniques les plus appropriés aux acteurs public et privé. Il s’agit également de débattre de la valorisation des produits de la recherche et du soutien aux innovations qui sont nécessaires pour accroître la productivité et le profit d’un large éventail de chaînes de valeurs agricoles. Ces assises permettront également d’aborder les aspects liés à la gouvernance sectorielle dont la responsabilité incombe davantage aux pays membres régionaux, avec pour objectifs de créer les conditions d’un accroissement des échanges intra régionaux de produits agricoles. Assurément regard des défis liés au changement climatique, dont la COP 21 s’est fait l’écho, l’agriculture africaine se doit d’être une agriculture résiliente au climat. Cela n’est pas une option, mais plutôt une nécessité impérieuse. C’est à ce prix que l’Afrique pourra poursuivre sa marche vers le progrès et la réduction de la pauvreté.

Les prochaines assemblées annuelles, s’inscrivent dans un contexte économique difficile pour le Gabon. La baisse des cours mondiaux du pétrole en particulier ont mis à rude épreuve ses ressources budgétaires.  Afin d’y faire face, les partenaires techniques et financiers du Gabon, à l’instar du Groupe de la Banque africaine de développement, ont apporté des concours financiers substantiels en 2016 et début 2017 au Gouvernement sous différentes formes : financement de projets et opérations d’appuis budgétaires. Ces efforts financiers seront poursuivis en 2017 et en 2018 au regard de la situation économique et financière fragile du pays.

Les interventions de la Banque dans votre pays s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie élaborée avec le Gouvernement gabonais sur une base participative, incluant toutes les parties prenantes nationales et internationales. Cette stratégie a été adoptée par le Conseil d’administration du Groupe de la BAD en avril 2016 et couvre la période 2016-2020. Elle soutient l’exécution du Plan Stratégique Gabon Emergent et la Stratégie d’Investissement Humain et est axée sur deux piliers : (i) la diversification économique à travers le développement des infrastructures et l’amélioration du climat des affaires et (ii) à la stratégie de développement humain. Elle prend également en compte les cinq priorités stratégiques de la Banque, à savoir : (i) Éclairer et fournir de l’énergie à l’Afrique ; (ii) Nourrir l’Afrique ; (iii) Industrialiser l’Afrique ; (iv) Intégrer l’Afrique ; (v) Améliorer la qualité de vie des populations de l’Afrique

Les prochaines assises donneront aussi l’occasion de faire le point sur la situation de la coopération entre la Banque et le Gabon, en particulier l’état de mise en œuvre du programme de près inscrit dans le DSP 2016-2020 et dont le montant global s’élève à plus de 830 milliards de FCFA pour les cinq années de cette stratégie. D’ores et déjà, 130 milliards FCFA ont été effectivement décaissés au titre de la première phase de l’appui budgétaire au début de l’année en cours et, la deuxième phase de cet appui, pour environ 197 milliards de FCFA est prévue pour être réalisée avant la fin de l’année. Il est également à signaler que la Banque et le gouvernement sont en train d’instruire, en 2017, d’importantes opérations en faveur de la promotion du développement agricole, à travers notamment l’appui au Programme GRAINE. A cela, s’ajoute, un appui consistant dans les domaines de la Formation Professionnelle et de l’Employabilité des Jeunes. Ainsi, des ressources de plus de 200 milliards de FCFA sont prévues pour soutenir ces secteurs clefs de diversification économique du Gabon.

Les rencontres avec la délégation gabonaise offriront l’occasion de passer en revue la performance des projets en cours d’exécution et d’identifier les voies et moyens à mettre en œuvre pour améliorer leur qualité et leur impact sur les conditions de vie des populations gabonaises.

GI/BAD/17

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