La Grande interview de Guy Christian Mavioga sur des questions d’actualité

Guy Christian Mavioga porte – parole de la majorité et Secrétaire général Exécutif du Bloc Démocratique Chrétien (BDC)

Guy Christian Mavioga, Porte Parole de la majorité républicaine pour l’émergence invite tous les gabonais et les gabonaises sans distinction ethnique, culturelle et politique, empreints de paix à se joindre massivement au dialogue inclusif prôné par le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, seul gage pour sauvegarder la base d’une nouvelle république.

GabonInitiatives (GI) : La majorité républicaine pour l’émergence existe-elle encore après l’élection présidentielle de 2016 ?

Guy Christian Mavioga (GCM): Franchement ! La majorité républicaine et sociale pour l’émergence est un regroupement des partis politiques légalement reconnus qui soutiennent Ali Bongo Ondimba et son gouvernement. Ali est là et sa majorité est également là. Nous avions avant la Présidentielle, enregistré le départ du RPG, certes, mais nous avons par ailleurs vu venir se greffer autour d’Ali Bongo vingt autres formations politiques. Comme quoi, un de perdu, vingt de retrouvées. Là encore, j’aurais appris de sources dignes de foi, que le RPG malgré ses infidélités remarquables, chercherait à revenir à la maison. Car, à la maison du père, il y’a toujours de la place pour tout le monde.bre ! La majorité est là dans une stratégie d’humilité et d’amour pour la patrie. Dans sa tactique d’amour des gabonais dans leur ensemble au-delà de nos différences. Nous sommes là dans la fièvre du dialogue international qui se tiendra après la Can.

GI : A Bikélé, par exemple, Ali Bongo a été laminé alors même que Paul Biyoghé Mba avait mis tous les moyens pour la victoire de son champion. Finalement, n’avez-vous pas l’impression que les Gabonais ont soif de tourner la page du système Bongo-PDG ?

GCM: Vous partez de la majorité à Bikélé ! Je n’ai pas de commentaire particulier à faire à ce sujet. Quand je vois dans la Ngounié et le Woleu-Ntem où le Chef de l’Etat a tout donné, les résultats étaient très loin des espérances. Heureusement, pour nous Dieu était de notre côté. Dans l’ensemble, en faisant l’addition de tous les suffrages, Ali a su se maintenir au pouvoir avec près e 51% c’est l’essentiel de cette étape.

GI: Selon vous, le Gabon tend plus vers la démocratie ou vers la dictature ?

GCM: Le Gabon notre pays est un bon pays avec des femmes et des hommes libres. Voilà pourquoi il s’appelle bien Gabon et sa capitale Libreville. Vous me demandez s’il tend vers la démocratie ou la dictature ? Frère, comme tout le monde le sait, la démocratie n’est pas une panacée. C’est une forme de conviction, un système pour empêcher que les gens s’entretuent en vain, pour assurer l’alternance pacifique du pouvoir et de permettre au Chef de l’Etat d’accéder à son poste par la voie des urnes. En démocratie, le dialogue est une voie royale. Cela suppose le désaccord, le conflit, la contradiction et leur gestion. La démocratie ce n’est pas souvent la loi de la majorité, mais le respect des minorités, disait toujours Albert Camus. Dans toute démocratie, la discussion ne doit pas être vue comme une pierre d’achoppement, mais comme le préliminaire indispensable à toute action censée. Au scanner de la vérité, le Gabon n’est pas une dictature, il n’est pas aussi une démocratie. La démocratie gabonaise est en construction. Paris n’a pas été fait en un jour ou en un demi-siècle. Nous devons tous y mettre en toute responsabilité et en gardant notre originalité et nos identité. Chaque pays est particulier avec ces variantes, mais l’objectif est le même : La recherche du mieux être des populations et le développement de l’état, de la nation, de la patrie. La démocratie est formée sur le postulant d’une dignité égale de toute personne humaine, avec les corrélats de réciprocités, de mutualité qui l’implique. La démocratie découle de ce rapport initial à l’autre. Même si dans la réalité, ce principe est éthico-politique élevé est sujet à des multiples obstacles dans notre bon Gabon, il reste un idéal et un impératif dans une moindre mesure. Le Gabon marche vers la démocratie et nous y arriverons un jour !

A la fois, lors de son discours à la Nation qu’au terme de ses interventions au cours des cérémonies de présentation des vœux aux forces vives de la nation, le Chef de l’Etat donne l’impression d’avoir été trahi par ses collaborateurs. Guy Christian Mavioga, depuis 2009, avez-vous dit toutes les vérités à Ali Bongo Ondimba ou bien vous le caressez dans le sens du poil pour ne pas perdre vos privilèges ?

Je ne suis pas de nature à caresser dans le sens du poil. Je suis un démocrate chrétien libre et sincère dans mes engagements politiques. Je ne sais pas faire des courbettes pour des privilèges. Je me bats pour mes intérêts certes mais je sais que ceux-ci se trouvent dans l’intérêt général. C’est pourquoi, politiquement, je dis toujours la vérité pour maintenir ma vérité. Frère, vous savez, dans leur profonde sagesse, les anciens théologiens considèrent l’orgueil comme le péché de satan. Chez les hommes, ce péché nait de la prétention à détenir la vérité absolue. C’est un mal qui a empoisonné le XXème siècle jusqu’à nos jours sous le couvert de la technocratie et de la philosophie. A ce sujet, Octavio Paz dit : « Je ne connais qu’un seul antidote à ce venin moral que constitue la prétention à détenir la vérité : la critique. Dès lors que l’on comprend qu’on ne détient pas la vérité absolue et que toutes les vérités, en particulier, politiques, sont relatives, on s’ouvre à l’ironie et à la pitié envers les autres et envers soi-même » C’est ce qui manque à notre siècle, une résurrection de la pitié. Ce qui nous crée des problèmes, ce n’est pas ce que nous ignorons, c’est ce qu’on croit vrai et qui ne l’est pas. Je répète : c’est ce qu’on croit vrai et qui ne l’est pas, qui nous tue. C’est pourquoi, lorsqu’on croit avec la foi la plus ferme que l’on possède la vérité, on doit savoir qu’on le croit, non pas croire qu’on le sait.

GI: Hervé Patrick Opiangah vient de dénoncer publiquement les détourneurs des fonds publics dans une interview à l’union. Pourquoi n’avez-vous pas eu le même courage au nom de la salubrité de l’espace publique?

GCM: Je sais que n’importe qui ne passe en interview à l’union. Opiangah est un proche collaborateur du chef de l’Etat, c’est un frère ou un ami, c’est selon, mais je refuse de commenter sa sortie à l’union. Cependant, je demande à toute la pyramide d’enlever d’abord la poutre qui se trouve dans nos yeux pour mieux voir la paille qui se trouve dans les yeux du voisin.

GI: Notre compatriote Jean Ping ne cesse t-il de dire, qu’il vient d’organiser un dialogue inclusif pour offrir aux gabonais un autre Gabon à visage humain. Votre réaction?

GCM : Je respecte de tout cœur Jean Ping. Je respecte des sous-fifres. Je respecte leur volonté d’avoir une vie active dans le jeu de la démocratie mais je condamne la naïveté mythico-politique et culturelle de nombreux de ses proches et adeptes. Pour mettre le Gabon à l’abri de la peur et du besoin, une opportunité nous est offerte : le dialogue sans tabou, sans ambages et complaisances et sans détour que nous propose le Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba. Le dialogue national est une occasion en or de sauver le Gabon.

GI: Homme de médias, vous avez parcouru le nouveau code de la communication. Est-il conforme à ce que vous entendez ?

GCM: Le nouveau code de la communication est une honte pour le Gabon. Nous ne pouvons pas faire un pas en avant et deux autres en arrière. Le dialogue national va pouvoir corriger ses engagements du Gouvernements et du Parlement. Ali Bongo n’a pas besoin de cela. Le Problème de la responsabilité est un vrai problème, mais le problème de la communication dans notre pays est au niveau de l’éducation, donc de la formation. C’est pourquoi je dis un grand merci au Président de la République pour l’ouverture de l’école du journalisme et de communication à l’UOB dès l’année prochaine.

GI: L’année dernière, Alain Claude Billie-By-Nze a décidé d’autorité de ne pas donner la subvention aux journaux de la presse libre. Sommes-nous toujours là dans une république digne de ce nom?

GCM: Je crois que cette situation n’est pas seulement au niveau de la presse mais aussi au niveau des partis politiques. Cependant, nous savons tous qu’il y’ a des tensions de trésorerie dans notre pays et que le gouvernement est obligé d’aller faire un certain nombre de priorités, selon leur hiérarchisation avec force que le financement des partis politiques et de la presse, reste des fondamentaux pour une base solide dans la consolidation d’une démocratie cohérente. Les priorités de la démocratie outre le bon fonctionnement des institutions devraient amener avec diligence, le Gouvernement à régler ces deux subventions. A mon humble avis, pour les partis politiques, au premier trimestre de chaque année. Et pour la presse, au mois de mai, lors de la journée internationale de la liberté de la presse. Sur cette question, comme on fait pour les enseignants et les autres fonctionnaires, le Gouvernement Issoze Ngondet se verra obligé de solder, non seulement les subventions de 2017 mais également les arriérées des années passées. Sur ce point, je n’ai presque pas de doute, c’est une obligation quand on est un peu sérieux.

La chute. La discorde est le plus grand mal du genre humain et la tolérance en est le seul remède disait Voltaire que j’aime bien, car cette pensée en est très proche de l’amour prôné par le Christ. C’est pourquoi la tolérance est un grand fruit du Saint-Esprit. N’ayons pas de comportements ou des mots qui divisent car l’amour et la tolérance sont la seule réponse aux problèmes de la vie. Tolérer c’est accorder la liberté qui résulte du fait de ne pas interdire. Aider quelqu’un c’est aussi lui reconnaitre sa responsabilité soit de s’en sortir soit de rester là où il est. Pas d’humiliation sans compromission. Donc à chacun de voir.

GI: Notre pays accueille la Can 2017 dont les coûts des travaux se chiffrent à des milliards de nos francs, pendant ce temps, l’école gabonaise est à l’agonie. Est-ce patriotiquement, socialement…cohérent?

GCM: Le Gabon accueille la plus haute et prestigieuse compétition du continent, la Coupe d’Afrique des Nations. C’est une fierté pour tous les gabonais sans distinction aucune. L’organisation d’un tel évènement à tout son pesant d’or sur la vie socioculturelle, économique et politique d’un pays. C’est pourquoi le gouvernement doit prendre toutes ses responsabilités pour rendre la fête de la Can, belle. Pour terminer, nous rappelons à l’ensemble de la classe politique d’Ali Bongo Ondimba, dans sa veste du Chef de l’Etat, n’appartient à aucun camp politique. Il est le Président des opposants, de la majorité, il est le Président de ceux qui le haïssent. Dans tous les cas, il est le Président de la République, Chef de l’Etat afin qu’aux yeux du monde et des nations amies, le Gabon immortel reste digne d’envie, oublions nos querelles, ensemble bâtissons l’édifice nouveaux auquel nous tous rêvons. La Can est une occasion de choix et de développement.

GI: Partout les gabonais demandent à vivre dans leur pays, surtout qu’ils ont clairement exprimé leur volonté de mettre fin au système de la barbarie et de la cruauté du gabonais envers les gabonais. Le Gabon est divisé en deux. D’un côté, Jean Ping et son peuple, de l’autre Ali Bongo et le siens. Selon vous comment peut-on sortir des crises actuelles sans davantage d’effusion de sang ?

GCM: Pour sortir de la crise sans effusion de sang, il faut de l’amour, de la tolérance dans le cœur de tous les gabonais. Ensuite, il faut venir au dialogue proposé par le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba. Pour terminer, il faut comprendre la mystique de la politique ou du pouvoir. Dans le domaine du pouvoir, Dieu écrit droit malgré les lignes courbes et il nous là où il veut par des chemins sinueux. Nos pensées ne sont ses pensées. Nos voies ne sont pas non plus ses voies. C’est pourquoi, Il nous dit clairement dans sa Parole : « C’est LUI qui change les temps et les circonstances, qui renverse et établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l’intelligence » (Daniel 2 : 21) » « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures car il n’a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités existent ont été instituées de Dieu » (Romains 13 : 1). Nous devons comprendre que Dieu nous dit avec fermeté : « N’élevez pas si haut votre tête, ne parlez pas avec tant d’arrogance ! Car ce n’est ni de l’Orient, ni de l’occident, ni du désert que vient l’élévation. Mais Dieu est celui qui juge. Il abaisse l’un et élève l’autre » (Psaumes 75 : 5). J’invite donc tous ceux qui aiment le Gabon en particulier, les extrémistes de tous les camps de venir prendre part au dialogue organisé par le Gouvernement .Tout en mettant l’épiscopat gabonais au centre, afin de sauvegarder notre vivre-ensemble d’écrire ensemble les bases de la nouvelle république.

Propos recueillis par Narcisse NGOULOU Pour gaboninitiatives

GI/NN/YKM/FM/17

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