La corruption réduit l’aide au développement

Vienne , 7 novembre 2017 (GabonInitiatives)- Le Gabon au rendez-vous du donner et recevoir des bonnes pratiques , défis de la prévention et la lutte contre la Corruption à l’occasion de la tenue (6-10 novembre 2017) à Vienne(Autriche) des travaux de la septième session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la Corruption (CNUCC).

A l’entame des travaux, plusieurs orateurs, ministres et chefs d’agence anti-corruption, ont tour à tour fait des déclarations pertinentes  après la mise en place du bureau de la Conférence au titre du point sur le débat général.

Les contributions se poursuivent ce mardi avec, entre autres, la déclaration du Gabon par le Président de la Commission Nationale de Lutte contre l’Enrichissement (CNLCEI), Dieudonné Odounga Awassi.

Ainsi, les 183 États parties, les organisations internationales et les ONG partagent leur expérience, les bonnes pratiques dans la prévention et la lutte contre la corruption pour atteindre d’ici 2030 les objectifs du développement durable.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres,  a adressé à  l’ouverture de la 7è session un message par la voix du Directeur Exécutif de l’ONUDC sur l’ampleur et les méfaits de la corruption dans le.monde.

Il encourage les États parties à  se mobiliser pour combattre la corruption en en mettant résolument œuvre la CNUCC. La Jeunesse, les ONG sont des acteurs à impliquer dans ce combat constant.

La mobilisation va s’élargir aux associations sportives dont la Fifa pour «développer la lutte contre la corruption dans les sports », a indiqué, le SG des Nations Unies.

PAYS LÉGITIMES

Si tous les États parties convergent vers l’éradication de la corruption par un durcissement des mesures de répression, il n’en demeure pas moins que les habitudes ont la vie dure.

Le phénomène persiste dans les domaines de la démocratie, du développement, du commerce, de l’investissement, des droits de l’homme sans omettre l’équation du recouvrement d’avoirs, l’un des points inscrits à l’ordre du jour.

Des voix venues d’Amérique Latine, relayées par la Procureure  Général du Guatemala, Mme Aldana Thelma, présidente de la présente session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption, ont estimé que «  le recouvrement d’avoirs est quelque chose d’essentiel pour qu’ils retrouvent leurs propriétaires et participent au développement » avec en prime «  la lutte contre les paradis fiscaux ». L’objectif est de bâtir une société intègre sans corruption.

Cependant, ont argué d’autres intervenants : «  il faut un travail de fond avant que les avoirs ne soient rendus aux pays légitimes ». Autrement dit, il importe de mettre en place des organes spécialisés en matière de recouvrement et  gestion des avoirs saisis et confisqués dans les Etats parties.

Ils ont proposé une «  communication efficace entre pays requérants et requis » et espéraient que des «  recommandations utiles à tous sortent des assises de Vienne » en associant « la société civile qui aide efficacement contre la corruption  notamment de haut niveau ».

Si l’implication de la société civile est une chose, certains n’ont pas hésité à mettre en cause  le « manque de volonté politique, l’existence de barrières, les coûts élevés pour les États requérants dans le recouvrement d’avoirs ».

De nombreux participants ont  insisté sur la « restitution rapide des biens volés » à travers « un développement accéléré de la coopération internationale ». D’où la nécessité d’harmoniser les législations nationales des Etats parties aux dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

Sous un autre angle, le représentant de l’Union Européenne (UE) a affirmé : «  la corruption menace la démocratie, réduit l’efficacité de l’aide au développement, sape tout commerce et investissement ».

Il a préconisé «  le travail de prévention avec les fournisseurs et la protection des dénonciateurs » afin que la « société civile puisse participer efficacement au 2e cycle d’examen consacré aux mesures préventives et  au recouvrement d’avoirs ».

L’objectif clairement affiché par les États parties à la Convention des Nations Unies contre la Corruption est de priver les corrompus et corrupteurs de la jouissance du produit du crime.

Pour autant, les 1160 délégués à la rencontre  de la capitale autrichienne ont misé sur la promotion des comportements intègres via la sensibilisation et l’enseignement.

DIPLÔME

D’où l’expérience partagée par le Panama qui a déjà mis en place un diplôme d’intégrité dans le cycle universitaire.

Le Gabon pourrait emboîter le pas avec la création d’un Master en criminologie financière avec l’assistance technique de l’ONUDC.

L’organe onusien fournit une assistance technique aux États parties et aux États signataires en les aidant à assurer l’intégrité de leur système judiciaire, à améliorer leur législation, à échanger les bonnes pratiques et à élaborer des stratégies pour lutter efficacement contre la corruption.

Rodrigue Asseyi, Vienne

GI/RA/FM/YKM/17