Juste 15 jours pour des criminels fauniques à Franceville

Franceville, 23 novembre 2017 (GabonInitiatives) – Le Parquet de Franceville se serait-il désolidariser de la lutte que le président Ali Bongo et tout le gouvernement mène contre les crimes qui impactent sur les écosystèmes au Gabon?

A en croire la réquisition présentée devant la cour le 23 novembre dernier, des peines faibles et minimales sont requises contre ceux qui pourtant prennent sur eux de pratiquer le braconnage et le trafic des espèces intégralement protégées sur le territoire gabonais.

Ce 23 novembre en effet, les peines demandées contre François Ngouga et son complice Landry Doumbi paraissent faibles alors même qu’ils avaient été pris le 19 novembre en flagrant délit de détention et commercialisation de produits d’une espèce protégée, à savoir quatre peaux de panthère. Les deux hommes avaient été interpellés par la Police  Judiciaire et les Eaux et Forêts à Moanda et conduits à Franceville, le chef-lieu de la province du Haut-Ogooué. Là,  ils avaient avoué  leur forfait ne laissant plus aucun doute sur leur responsabilité et leur infraction.

Finalement, la condamnation requise n’est que de 30 jours de prison dont 15 avec sursis et une amende de 100.000 cfa. Et pourtant la loi faunique, aussi faible soit-elle comparativement aux pays voisins, prévoit quand même jusqu’à 6 mois de prison ferme.  Pour avoir violé les dispositions des articles 92, 274 et 275 du code forestier, François Ngouga et Landry Doumbi, auraient pu même écoper d’une amende allant jusqu’à 10 millions de CFA.

Selon ses propos, le Procureur accuse les Eaux et Forêts et ses partenaires “d’appâter par de l’argent” des personnes innocentes. Face à cela, le président du Tribunal a rappelé avec justesse que les accusés auraient dû s’abstenir d’une activité qu’ils savent illégale. Aussi, on ne voit pas bien comment des innocents pourraient détenir et chercher à commercialiser 4 peaux de panthère. Aussi, leurs complices n’ont pas été arrêtés.

En juin, une personne arrêtée en flagrant délit de vente d’ivoire avait déjà été relaxée à Franceville. Le tribunal s’apprête à rendre la décision de justice, les juges vont-ils également être indulgents ou suivre l’engagement solennel du Gabon à protéger les espèces animales en voie de disparition comme la panthère ?

GI/CJ/17