Jugement sur l’exploitation forestière illégale

Libreville, 30 mai 2019 (GabonInitiatives) – Les responsables de deux entreprises chinoises impliquées dans des cas d’exploitation forestière illégale sont passés devant les tribunaux de Makokou et de Mouila. Si l’affaire de la société Wan Chuan Timber Sarl (WCTS) a une nouvelle fois été renvoyée, celle de l’entreprise Talibois a été bouclée.

A Makokou (Ogooué-Ivindo), l’affaire Chen Weixing, de la société WCTS (Wan Chuan Timber Sarl), n’a toujours pas connu son issue. Le présumé exploitant forestier illégal avait été interpellé en 2017 pour exploitation des essences interdites, défaut de certificat d’authentification du marteau forestier et fausses déclarations. Poursuivi, il avait bénéficié d’une liberté provisoire et l’Ong Conservation Justice avait déposé une plainte.

Plusieurs audiences avaient été renvoyées par faute de comparution du prévenu. À l’audience du 23 mai 2019, il a encore été une fois constaté par le tribunal que le prévenu n’avait pas été notifié.

Le tribunal a renvoyé l’affaire au 20 juin 2019. Précision : cette société WCTS a été dénoncée récemment par l’Ong Internationale Environmental Investigation Agency (EIA) et on voit sur son site des vidéos montrant des responsables de ladite société expliquer comment ils contournent la loi et usent de corruption. Avec le titre « On ne peut pas survivre si on suit les règles » : Comment la surexploitation massive et le blanchiment d’argent automatique sont devenus la norme dans les forêts du Gabon, EIA montre une série de vidéos choquantes sur les pratiques de WCTS : https://eia-global.org/blog-posts/20190522-intelligence-brute-eia-wcts. Malgré cela et tous les éléments à leur encontre, les responsables de WCTS mais aussi de KHLL et Sunly ne sont toujours pas jugés et continuent à surexploiter les forêts de l’Ogooué-Ivindo.

Par ailleurs, le tribunal de Mouila (Ngounié) s’est penché sur l’affaire Conservation Justice et Muyissi Environnement contre GAO JINGZHU (entreprise Talibois), Didier MOUKAKOU et Jean Parfait EYAMANE dont la décision a été rendue le lundi 06 mai 2019. Les mis en cause avaient été saisis en flagrant délit d’exploitation forestière illégale, menée dans une forêt environnante de Yombi 2.

Le 25 octobre 2018, le Tribunal avait reconnu les prévenus coupables d’exploitation sans titre. En répression, le juge les avait condamnés à 6 mois de prison avec sursis et une amende de 2.000.000 FCFA chacun, ce qui paraît bien peu, sachant qu’ils avaient abattus illégalement plusieurs centaines d’arbres ! Conservation Justice a ainsi fait appel de la décision. Cependant, la Cour d’appel a retenu l’acte présumé de transaction qui aurait été conclue le 03 septembre 2018 avec l’administration des Eaux et Forêts pour refuser la demande des dommages-intérêts de Conservation Justice. Pourtant, cet acte de transaction est antérieur à l’exploitation forestière illégale constatée et il s’agit en fait d’un cas de récidive qui n’a pas été sanctionné à sa juste valeur selon les défenseurs de la forêt gabonaise.

Au final, les décisions de justice en matière d’exploitation forestière illégale, lorsqu’elles sont rendues, paraissent bien peu dissuasives vis-à-vis des dégâts environnementaux mais aussi des pertes économiques pour l’État.

Source : CONSERVATION JUSTICE

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