Intrigues et fronde au palais présidentiel pour mériter la confiance d’Ali Bongo

Libreville, 26 mars 2018 (GabonInitiatives) – Depuis quelques jours, l’administration du palais présidentielle est divisée, confuse après le retour de Maixant Accrombessi qui semble nouer face au dynamisme impulsé par Lacruche Alihanga, où le personnel assiste à une fronde qui pourrait impacter le bon fonctionnement observé depuis quelques mois. Au centre de cette gué-guerre, la confiance d’Ali Bongo Ondimba.

C’est la question que l’on doit se poser au moment où les rumeurs de plus en plus persistantes évoquent un possible retour au premier plan du second au palais présidentiel. Lequel a coqué durant auprès du Chef de l’Etat multipliant intrigues et malversations supposées ayant amené certains de ses proches à être incarcérés justement pour « détournements des deniers publics ». Ce retour, s’il venait à être acté, s’effectuera au moment où s’ouvre la session de la Cour criminelle jugeant ses ex-protégés. Ironie du sort ou simple coïncidence ?

L’éventualité d’un retour en force de l’ancien directeur de cabinet et actuel Haut représentant personnel du Chef de l’Etat, Maixant Accrombessi fait grincer des dents au palais du bord de mer. La rumeur qui enfle a non seulement pas été évoquée par des réseaux sociaux, mais aussi par une certaine presse souvent hostile au Chef de l’Etat qui semble avoir été mis au parfum par les cercles des proches collaborateurs de deux protagonistes, c’est-à-dire Lacruche Alihanga, actuel directeur de cabinet du président de la République et son ex-mentor, Maixant Accrombessi.

Inutile de dire combien les supporters de Lacruche s’activent pour qu’une telle perspective ne puisse demeurer qu’un rêve qui ne pourra se réaliser, quand les anciens « Accrombessi Boys » se mettent tous d’un coup à croire que le temps passé peut revenir.

Mais au-delà de toute spéculation juridique, la question que l’on peut être amenée à se poser est celle d’une telle éventualité. Quoi, le Chef de l’Etat n’est-il pas satisfait de l’actuel directeur de cabinet ? Ou est-il poussé à le faire revenir pour rattraper ce qui ne l’a pas été ? Ou c’est un coup de force de l’intéressé qui constate que son éloignement des affaires pour maladie lui aurait été préjudiciable et qu’il faudrait rattraper ce peut qui l’être encore ?

Des questions qui ne resteront des simples hypothèses de travail si l’on compare les deux protagonistes et juge au pied du mur comme tout maçon.

Commençons par Maixant Accrombessi, son nom est selon la presse virulente associé à la ‘‘légion étrangère venue piller le pays’’. Pour ses ennemis, c’est lui qui aurait amené le Chef de l’Etat à faire la guerre à ses compatriotes, il aurait instauré la forfaiture, la poltronnerie et l’incompétence au sommet de l’Etat. Il aurait instauré les escadrons du vice avant de régner par la terreur. La compétence de sa collaboration avec le Chef aurait d’après ses détracteurs, été les détournements massifs des fonds, lesquels ont ruiné la politique de celui qu’il prétendait aider qui n’a presque pas pu convaincre ses compatriotes à lui faire confiance. Son départ très tardif du cabinet n’a fait qu’empirer les choses. De manière non exhaustive, nous dirons que la crise sociopolitique et économique dans laquelle patauge notre pays pourrait s’appeler ‘‘Accrombéssi’’ si jamais on l’attribuait un nom. Son retour au premier plan ne pourrait que précipiter le pays dans le chaos. Tant les rancœurs et les amertumes contre lui sont encore saignantes.

Concernant Lacruche Alihanga, il est à rappeler qu’il a remplacé Boguikouma qui lui, avait succédé à Accrombessi. Du temps de sa splendeur, ce dernier considérait l’actuel directeur de cabinet comme son poulain. Qu’est ce qui a bien pu se passer ? Passons car, depuis qu’Alihanga occupe le devant de la scène, les lignes bougent. Loin pour nous de faire l’apologie de son action, nous relevons que l’homme sait que se sont populations fragiles et défavorisées que le Chef de l’Etat doit apporter en premier, l’assistance. S’il y a réforme, Alihanga pense qu’il faudrait accélérer le processus afin de réduire la fracture sociale béante. Pour lui, les priorités sont : l’emploi, la réforme, la santé, le logement, l’accès à l’eau potable et l’électricité, la route et les retraites dignes.

Partisan du dialogue social, le directeur du cabinet est là pour entendre les préoccupations légitimes des populations et en apporter des réponses à celles-ci. Aiguillonner des politiques publiques fiables en lieu et place du discours démagogique longtemps prôné par ses prédécesseurs. Alihanga veut que la distance qui sépare le discours et l’action soit réduite. Il appelle donc à l’action, toute chose qui le différencie de ceux qui l’ont précédé auprès du Chef de l’Etat et qui tout logiquement se sentent à découvert.

Si brossés, les portraits des deux protagonistes, chacun peut maintenant savoir lequel des deux sert loyalement le président de la République. Concrétiser les promesses présidentielles ou détourner les fonds de l’Etat à des fins autres que ceux du développement, les gabonais dans leur majorité semblent basculer pour la première option, celle qu’incarne Alihanga, l’homme par qui est la lumière qui a permis au Chef de l’Etat de voir un peu plus clair est arrivée.

Le président de la République est l’élu du peuple et doit entendre la voix de celui-ci et laisser le passé aux historiens. Accrombessi, à ce qui semble incarnerait le passé et Alihanga, le présent.

GI/NN/FM/18