Incarcération d’une enseignante : le tribunal se prononcera sur son sort le 22 février prochain

Au Gabon, pour n’avoir présenté un test Covid-19 à un poste de contrôle de gendarmerie, une enseignante directrice d’école é été incarcérée. Présentée au tribunal le 15 février, elle sera fixée sur son sort le 22 du mois en cours. Déjà, le procureur a requis 2 mois d’emprisonnement ferme et ses avocats dénoncent des irrégularités dans la procédure.

Doud De Mouss

«Nous avons soulevé des irrégularités dans cette procédure parce qu’il y en a, de sorte que la procédure soit déclarée nulle de la part du tribunal», a déclaré à l’issue du procès l’un des avocats de la directrice d’école, Estelle Mengue Ntem. Il est reproché à cette d’avoir tenu des propos outrageant envers une gendarme. «Mais ce qu’on ne dit pas, c’est que c’est l’agent qui a commencé à tenir des propos désobligeant envers elle. On ne peut pas lui reprocher de s’être défendu au prétexte que l’agent a l’uniforme. Est-ce qu’avoir l’uniforme ça vous donne le droit d’injurier, de vilipender ou de calomnier les citoyens ? C’est là le véritable problème», a exprimé l’avocat selon qui, si l’enseignante n’avait pas été traitée «de nulle ou de directrice incompétente, elle n’aurait pas tenu ces propos à l’endroit de cette gendarmette».

Incarécée depuis le 29 janvier, elle a été présentée au tribunal le 15 février et le procureur a requis 2 mois d’emprisonnement ferme. «Mais le tribunal n’est pas lié par les réquisitions du procureur. Le tribunal peut relever que la procédure est entachée de nullité et l’annuler. Tout comme le tribunal peut retenir que Mme Mengue n’a fait que réagir aux injures dont elle a été victime et, prononcer sa relaxe», a expliqué l’avocat. Rappelant que la directrice qui n’a jamais eu maille à partir avec la justice, il souligne que la gendarme lui avait demandé un test Covid alors qu’elle partait de Ntoum pour Kango dans un contexte où, les test Covid sont exigés à ceux qui sortent de la province de l’Estuaire. «Elle réside à Ntoum et elle travaille à Kango. Pourquoi allons-nous lui demander de produire un test covid. Donc, nous avons soulevé toutes ces irrégularités. Le procès est achevé, la décision sera rendue lundi prochain», a-t-il dit.

Au nombre des irrégularités, l’absence plainte dans cette procédure. «La loi pénale prévoit qu’un dépositaire de l’autorité publique qui subit des injures ou des propos outrageant, doit déposer plainte. A défaut de déposer plainte lui-même, le corps auquel il appartient peut déposer plainte. Dans le cas d’espèce, il s’agit d’une gendarmette. Elle aurait dû porter plainte, elle ne l’a pas fait. Sa plainte n’existe pas. A défaut, la gendarmerie aurait pu porter plainte puisqu’elle agissait dans le cadre de ses attributions, mais la Gendarmerie ne l’a pas fait non plus. Nous osons croire que le tribunal nous suivra lundi prochain lorsqu’il rendra son verdict», a expliqué le conseil de l’enseignante qui a pour sa part, demandé la relaxe pure et simple. En soutien à l’enseignante, la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed) qui a assisté au procès, a annoncé que sa grève se poursuivait jusqu’au verdict du juge.