Incarcération de Léandre Nzué : ses avocats dénoncent la violation de procédures

Placé sous mandat de dépôt le 14 septembre à la prison centrale de Libreville, le maire de Libreville, Léandre Nzué est poursuivi pour corruption. Deux mois après son incarcération, ses avocats crient à une violation de procédure et exigent sa libération immédiate.

Doud De Mouss

Le 14 septembre, le maire de Libreville Léandre Nzué a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale. Inculpé pour détournement des deniers publics et blanchiment de capitaux, le maire séjourne depuis lors à “Sans famille”. Selon ses avocats, ses droits ont été violés au mépris des droits élémentaires dont «le droit à l’assistance d’un avocat». A en croire un communiqué des maitres Martial Dibangoyi-Loundou et Hyacinthe Angoue-Ntoutoume, les conditions de l’interrogatoire de première comparution n’ont pas respecté les normes. « Madame le juge d’instruction s’est contentée d’inculper monsieur Léandre Nzué alors même que la défense voulait solliciter un renvoi conformément à l’article 133 alinéa 4 du Code de procédure pénale qui dispose que : «en cours d’information, si l’inculpé ou son avocat sollicite un délai pour préparer sa défense, le juge d’instruction peut, par décision motivée et non susceptible d’appel, ordonner l’incarcération provisoire de l’inculpé et décerner un mandat de dépôt pour une durée déterminée ne pouvant excéder 10 jours », ont-ils dit.

Léandre Nzué avait été incarcéré après un malaise qui n’avait pas empêché son interrogatoire le 13 septembre dernier, et 2 mois plus tard, ses avocats dénoncent « un scandale juridique et judiciaire ». « L’extrême rapidité avec laquelle l’enquête préliminaire puis l’interrogatoire de première comparution ont été conduits nous interpelle sur la réalité et la légalité des indices graves et concordants qui ont pu motiver l’inculpation », disent-ils. A  cette issue, Léandre a été inculpé sur huit chefs d’accusation dont association de malfaiteurs ; détournement de deniers publics ; blanchiment de capitaux ; extorsion de fonds ; concussion ; corruption passive ; chantage ; faux, usage de faux et complicité de faux et pour les avocats, le Parquet et le Juge d’instruction ont retenu des infractions contenues dans le Code pénal pour se donner bonne conscience.