Homme-faune : un conflit exacerbé par l’exploitation forestière, selon Afrobaromètre

Au Gabon où la question du conflit Homme-faune continue d’alimenter les débats et surtout les craintes en milieu rural où les populations voient des plantations entières dévastées par des éléphants, une récente enquête d’Afrobarometre indique que les gabonais accusent l’exploitation forestière et minière d’exacerber le conflit homme-faune.

Doud De Mouss

Réseau panafricain de recherche par sondage produisant des données jugées fiables sur les expériences et appréciations des africains relatives à la qualité de vie, à la gouvernance, et à la démocratie, Afrobaromètre a récemment mené une enquête sur la perception des gabonais sur la gestion et la protection de la faune. Conduite au Gabon, par le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et prospective (Cergep), l’enquête révèle que 80% des gabonais pensent que les activités économiques, notamment minières et forestières, déstabilisent la forêt. Selon Afrobaromètre, pour 49% des gabonais, les villageois à travers leurs plantations et autres, occupent l’espace de vie des pachydermes. 36% des gabonais indexent la présence des parcs nationaux et 35%, la prolifération de certaines espèces incriminées.

Selon Afrobaromètre, au Gabon, « le conflit homme-faune prend des proportions inquiétantes », du fait des ravages des éléphants, et les incursions récurrentes des pachydermes enregistrées dans certains villages. Qu’à cela ne tienne, note Afrobaromètre, le gouvernement avec la collaboration des organismes internationaux et certaines organisations de la société civile a entrepris de trouver des solutions pour gérer cette question. Si en 2016, inspiré par les méthodes kényanes, le Gabon lançait le Plan National de Gestion du Conflit Homme-Faune (PNGCHF), pour la construction des barrages électriques autour des 11 parcs nationaux, la Banque mondiale a mis à la disposition du pays un budget de 9,5 millions de dollars afin d’explorer des stratégies et des innovations visant à réduire les conflits humains-espèces sauvages. De plus, souligne Afrobaromètre, « l’État gabonais a lui-même inscrit pour la première fois une ligne budgétaire dans la loi des finances 2020 destinée à ce conflit ».