Guichet spécial débits de boisson : la désillusion des tenanciers

Comme annoncé par le ministre du Commerce, les tenanciers de bars dancing, boîtes de nuit, snacks bars et bars sont passés dès le 15 février à l’Agence comptable du Fonds solidarité et des Fonds Covid retirer leurs chèques. Là-bas, ce fut la déception pour la plupart. Tant, les chèques allaient de 200 à 300 000 francs CFA. Bien au-dessous de leurs bénéfices mensuels. Une désillusion pour ces opérateurs qui accumulent des pertes depuis mars 2020.

Doud De Mouss

Au Gabon pour aider les tenanciers de bars dancing, boîtes de nuit, snacks bars et bars à survivre à la pandémie du Covid-19 qui a entrainé la fermeture de leurs structures, le gouvernement avait décidé de leur octroyé une aide financière. Le 15 février, soit 11 mois après fermeture, ils sont passés à à l’Agence comptable du Fonds solidarité et des Fonds Covid, le guichet dédié, pour recevoir leurs chèques afin de passer à la caisse, notamment la Caisse des dépôts et consignations (CDC), où ils devront toucher lesdits chèques. «Nous disons merci au gouvernement qui a pensé à nous, mais nous sommes insatisfaits», a déclaré l’un des tenanciers.

Les chèques vont de 200 à 300 000 francs CFA et selon la plupart des tenanciers, cette aide octroyée par le gouvernement est dérisoire au regard des pertes accumulées depuis lors qui vont jusqu’à 40 millions de francs CFA et des charges mensuelles. «J’ai un snack bar qui me fait par semaine 1,5 millions et là on me donne un chèque de 250 000 francs CFA. Vraiment, c’est aberrant» a exprimé Hugues, patron d’un snack bar au quartier Cocotier. «On nous a demandé d’apporter les copies de pièces d’identité de nos différents travailleurs. Nous sommes étonnés en voyant toutes les charges qui sont les nôtres. Je suis étonné en tant que propriétaire d’une structure, parce que nous sommes le seul secteur resté fermé depuis l’apparition de la pandémie dans notre pays, de percevoir un chèque d’un montant de 300 000 francs CFA. 300 000 francs CFA équivaut à une soirée de semaine dans ma structure», a déclaré Joël Clency Mapangou, un autre tenancier.

Sur 1000 structures recensées par l’association nationale des tenanciers du Gabon, 333 dossiers ont été enregistrés, 197 dossiers étaient éligibles et 139 dossiers incomplets. 181 ont été traités par l’Agence comptable. «J’ai fourni toutes les pièces qu’il fallait, j’ai reçu un numéro. Je ne sais pas pourquoi mon nom n’est pas là. Je n’espère même plus», a fait savoir une tenancière qui, avec les autres, s’est interrogé sur la nécessité d’être en règle. «Pourquoi l’Etat veut mettre en difficulté des personnes en situation régulière ? Les informations qu’ils nous ont demandé ayant trait à nos bilans financiers ont servi à quoi ? Parce que si vous faites le calcul, quelqu’un qui a reçu 200 000 francs, ça veut dire qu’on lui donne 20 000 francs par mois, sur 10 mois», a dit Joël Clency Mapangou par ailleurs, coordinateur du Collectif des tenanciers.

Journaliste du média Gabon Initiatives