Gratuité des transports en commun : vers la fin dans le Grand Libreville ?

En sourdine, plusieurs langues se délient et assurent que le gouvernement compte mettre un terme à la gratuité des transports en commun instituée depuis avril dernier pour aider les populations a faire face aux contrecoups du Covid-19. Mais cette gratuité à un coût et 8 mois après, il semble que les chargent deviennent de plus en plus difficilement supportables. Affirmant que le gouvernement est pris entre deux feux, le ministre a laissé croire que la pérennisation de cette gratuité n’est pas envisageable en l’état actuel.

Doud De Mouss

Au Gabon depuis le mois d’avril 2020, une bonne partie des usagers des transports publics en commun, notamment les bus de la Société gabonaise de transport (Sogatra) et Trans’Urb, bénéficient du service sans le payer. Cette gratuité est financée par l’Etat gabonais qui au fort de la crise du Covid-19 et pour aider les populations du Grand Libreville à supporter certains coûts, avait décidé qu’il en soit ainsi. Huit mois après, alors que la gratuité est toujours en vigueur dans cet espace géographique, d’aucuns se demandent jusqu’où cette mesure ira. Pour cause, plusieurs usagers de Sogatra et Trans’Urb, par ailleurs soucieux, assurent que la gratuité prendra bientôt fin.

S’exprimant à ce propos sur les antennes de Radio Gabon, le ministre des Transports n’a pas semblé dire le contraire quand bien-même, il a fait part du dilemme au sein duquel est pris le gouvernement. « Aujourd’hui nous avons la gratuité des transports publics et peut-être que là nous sommes pris entre deux feux », a déclaré Brice Constant Paillat. «Il y a d’un côté la gratuité à laquelle semble s’accoutumer nos compatriotes, il y a de l’autre la nécessaire préservation des emplois des agents de la Sogatra», a expliqué le ministre.

Récemment, il a d’ailleurs reçu en audience des membres du Syndicat des acteurs de transports terrestres (Syatrat) pour la situation de Sogatra où les agents accumulent désormais dix mois d’arriérés de salaires. Un état de fait qui a d’ailleurs motiver leur montée au créneau le 28 décembre dernier.

Entre ces agents derrière qui s’adossent plusieurs familles et les usagers qui se sont accommodés de la gratuité, il faut donc faire un choix. «Entre ces deux feux, que faut-il faire ? Ne faut-il pas simplement revenir ou faire cesser la gratuité des transports publics ? C’est une question», a prononcé Brice Constant Paillat laissant croire que le choix est tout fait. Notamment, celui de l’arrêt de la gratuité, la pratique n’étant pas rentable.