Le Gabon et le grand marché du net au profit des courtisans

Libreville, 14 janvier 2019 (GabonInitiatives) – La prolifération des réseaux sociaux est sans doute irréversible en même temps, cette tendance a révélé au grand jour les carences d’une société fragile et construite sur fond d’hypocrisie.

Il suffit de voir les soutiens multiformes et la réactualisation des photos sur le net avec les promus aux postes de responsabilité pour s’en convaincre.

Ces opérations de charme trouvent leur sens dans un contexte marqué par les manoeuvres courtisanes sur un terrain qui n’est que le miroir de ces mentors qui trouvent en ces flatteurs un apport psychologique dans cette société où les valeurs de loyauté ont disparu. Il n’est pas rare d’entendre le boss, au quartier tout le monde dit que tu es le meilleur Ministre…” Ces discours courants sont sous des formes différentes prolongés sur les réseaux sociaux.

D’autres leaders politiques et hommes des sphères décisionnelles de la République, pour préserver les acquis et fabriquer une opinion favorable, frisant le culte de la personnalité, ont quasiment créé des agences virtuelles en véritable veille pour attaquer et contre-attaquer leurs adversaires sans des arguments de poids. L’essentiel étant de détruire et vanter les mérites de son sponsor. Cette pratique a fait du net une sorte de marché de dupe. Conséquence, la configuration des cabinets politiques a légèrement changé avec un dépassement du tribalisme qui a fait son temps pour faire place aux courtisans.

Cette nouvelle donne a phagocyté l’efficacité dans le rendement. Car, les courtisans ont réussi à reléguer au second plan les experts aux yeux des décideurs. Il n’est plus rare de voir ces hommes et femmes très disponibles et capables de servir le Chef même dans les tâches les plus intimes qui auraient nécessité beaucoup de réserve des collaborateurs bien structurés. Ils sont devenus les hommes de confiance qui ont souvent l’exclusivité des informations les plus techniques du cabinet ou de la société.

C’est donc un contexte aux antipodes de l’efficacité et du débat contradictoire qui est entrain de gagner du terrain et les hommes politiques devraient en prendre conscience pour éviter de nourrir les flatteurs du net qui ne sont d’aucune utilité dans une société qui se veut efficace. Car, ne vous trompez pas, ils servent le présent. Un conseiller d’un Ministre disait ” le Ministre qui vient est très bon, celui qui part est bon” cette technique lui a valu une longévité inégalable au cabinet.

Pablo Moussodji Ngoma 

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GI/PMN/FM/19