Le Gabon et la BAD s’activent pour la 2ème phase du programme GRAINE

Libreville, 3 avril 2019 (GabonInitiatives) – Le ministre de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou, a présidé ce mercredi dans la capitale gabonaise les travaux de l’Atelier de restitution et de validation du rapport diagnostic de l’étude de préparation du projet d’appui au programme GRAINE (Gabonaise des Réalisations Agricoles et des Initiatives des Nationaux Engagés).

Programme de lancement des travaux de réflexion de la phase 2

 

La cérémonie du jour qui a enregistré entre autres la présence du représentant résident de la Banque Africaine de Développement (BAD), vise à anticiper sur le lancement du projet d’appui au Programme GRAINE (PAG2). Le secteur agricole connait actuellement des mutations et des réformes à tous les niveaux, le Projet d’Appui au Programme GRAINE est une mesure d’appui à ces réformes notamment par le développement de l’entrepreneuriat dans son environnement élargi.

Le Gabon a reçu un don de 817 millions de Francs CFA dans le cadre d’un partenariat avec la BAD pour permettre de formuler l’étude de préparation du projet d’Appui au Programme GRAINE dans sa phase deux (PAPG2). L’appui de la Banque au programme GRAINE dans sa phase 1 (2015-2020) a été matérialisé par la mise en œuvre de deux projets consécutifs. Le premier projet formulé courant le 2ème semestre 2017 alors que le second projet sera préparé en 2018. L’objectif de la présente étude est de formuler ce second projet.

« Vous allez retrouver un programme GRAINE redynamisé et plus efficace qui va s’intéresser aux renforcements des capacités pour l’ensemble des producteurs en vue de matérialiser la vision du président de la République qui souhaite voir le Gabon atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2025 », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou à l’ouverture de l’atelier.

Inscrit dans le cadre du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE) et du Pacte social, ce Programme répond ainsi à plusieurs enjeux socio-économiques visant l’ « amélioration de la sécurité alimentaire par la culture locale des denrées de première nécessité (banane, manioc, taro, huile, canne à sucre….)», la « diversification et l’enrichissement de la base de l’agriculture gabonaise », en passant par la « promotion de l’entrepreneuriat agricole », la « réduction de la pauvreté par l’autonomisation des populations les plus faibles économiquement », la « création de l’emploi », le « développement économique du milieu rural », la « réduction du volume et du coût imputé aux importations des denrées alimentaires », la « réduction de l’exode rural » et la « dotation du pays d’exploitations agricoles gérées en tant qu’entreprises et d’agriculteurs entrepreneurs ».

Aujourd’hui, fort de l’expérience de la 1ère phase, les décideurs sont en mesure de formuler un nouveau Programme efficace et efficient pour le pays. La deuxième phase du Programme GRAINE viendra combler les nombreux manquements observés dans son exécution initiale. L’objectif des deux programmes est d’apporter des financements nécessaires à la SOTRADER qui développe les plantations.

Le présent mandat vise donc l’élaboration d’un deuxième Projet d’Appui à la mise en œuvre de la phase 1 du Programme GRAINE (PAPG2), pour contribuer significativement à la sécurité alimentaire via l’amélioration de l’autosuffisance en produits vivriers et conditions d’existence des populations rurales. La finalité de l’Etude du PAPG2 est de préparer pour le maitre d’ouvrage l’ensemble des éléments nécessaires pour apprécier la faisabilité et l’opportunité de financer le projet.

« C’est fort de ce constat que le Gabon a lancé en 2009 une stratégie de transformation économique (Gabon Emergent), au sein de laquelle l’agriculture joue un rôle central. Le développement de l’agriculture répond à un triple objectif pour le Gabon qui ambitionne de renforcer sa sécurité alimentaire en créant des emplois pour lutter contre la pauvreté et diversifier son économie avec pour objectif la contribution de l’agriculture à 20% du PIB d’ici 2025 », a expliqué, Diane Gwladys Bimboundza de la cellule de coordination du projet.

Le PAPG2 visera l’appui aux acteurs directs du programme GRAINE (la SOTRADER, les coopératives et les coopérateurs) et au tissu de soutien du projet (les ministères impliqués et la société civile). Cet appui permettra à chacun de jouer pleinement son rôle et de contribuer effectivement à la réussite du projet à travers le « développement des infrastructures sociales et économiques », afin de « contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations concernées et de l’attractivité des zones rurales pour les jeunes chômeurs urbains », et « diversifier, augmenter la production et la compétitivité tout au long des chaines de valeurs des filières porteuses ».

L’étude du PAPG2 a pour objectifs spécifiques d’ « apprécier la contribution potentielle du programme GRAINE, depuis de sa mise en œuvre en 2015, à l’atteinte des objectifs stratégiques du Pilier Gabon vert, en particulier son objectif de valoriser le potentiel agricole et garantir la sécurité alimentaire. Cela consiste à analyser les différentes contraintes, identifier les facteurs de blocage et de réussite liés à la mise en œuvre du programme dans sa 1ere étape et en tirer les leçons. Le PAPG2 viendra renforcer et consolider les acquis du PAPG1 et va donc s’étendre dans d’autres zones d’interventions. Il s’agit notamment des provinces de l’Ogooué Lolo, du Haut Ogooué, de l’Ogooué-lvindo et de la Nyanga dans lesquelles le PAPG1 prévoit des zones pilotes pouvant avoir un effet démonstratif pour l’extension du modèle d’aménagement proposé.

L’étude du PAPG2, dont la durée est estimée à 8 mois, couvrira les zones d’implantation sus mentionnés, aussi bien les bassins de productions que les zones de transformation et de commercialisation. Elle se déroulera en 2 phases.

La première phase durera 4 mois et sera consacrée d’abord à l’installation du bureau d’étude, à l’acquisition des équipements nécessaires à l’Unité de coordination de l’étude (UCE), à l’élaboration et au partage de sa stratégie d’intervention avec le comité de pilotage (CP) et la Banque. Une évaluation analytique des réalisations et des performances de l’étape 1 sera réalisée, elle se fera selon l’approche genre dans l’optique de la diminution du chômage et de la pauvreté. La phase 1 de l’étude sera finalisée par les axes d’orientation du projet d’appui au programme GRAINE dans sa 2eme étape, en concertation avec les concernés et les partenaires du programme. Un séminaire national de validation du rapport de diagnostic et des axes d’orientation clôturera cette phase.

La deuxième phase durera 4 mois et consistera en l’évaluation de la faisabilité technique, financière, socio-économique et environnementale du PAPG2, y compris le programme d’appui institutionnel et de renforcement des capacités dédié aux coopératives, coopérateurs, institutions étatiques et de société civile.

Le consultant (cabinet d’étude COMETE) débutera ses activités au Gabon par la définition claire de sa stratégie pour réaliser convenablement l’étude. Cette approche sera consignée dans le rapport du premier établissement qui sera soumis à l’approbation du comité de pilotage du PAPG2 et de la Banque.

Très exactement, le consultant reprécisera les domaines complémentaires d’investigation, il mènera pour cela des enquêtes complémentaires auprès des acteurs et intervenants dans le programme GRAINE : SOTRADER et ses 2 actionnaires, les ministères et administrations concernés, notamment le ministère de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage, le ministère du commerce, des petites et moyennes entreprises, de l’artisanat, du tourisme et du développement des services, le ministère des mines et de l’industrie, les coopératives agricoles crées dans le cadre de GRAINE et ses membres, les autorités locales, les organisations professionnelles, les associations et ONG membres du comité technique et scientifique de suivi de la mise en place du programme.

Toutes les analyses et propositions seront faites en tenant compte des problèmes spécifiques de promotion des PME, de genre et de l’employabilité des jeunes.

Deux ateliers nationaux regroupant les parties prenantes (SOTRADER, services techniques, bailleurs de fonds, organisations non gouvernementales, populations-cibles, société civile, secteur privé et divers intervenants) seront organisés, à la fin de chaque phase, afin d’examiner et valider le rapport de diagnostic du programme GRAINE, et le rapport de préparation du PAPG2.

Il s’agit de faire un diagnostic complémentaire des actions du programme vivrier, commençant par un bilan des interventions de la SOTRADER, associant les représentants des producteurs et les services techniques concernés. Il fera ressortir de manière exhaustive l’ensemble des éléments d’appréciation, tant au niveau technique, financier qu’opérationnel. Mettant ainsi en exergue, les éléments de réussites du programme et les difficultés rencontrées. Ceux-ci permettront une prise de décision plus objective et l’identification des corrections possibles devant guider la suite du programme. Par ailleurs, le déploiement géographique du programme, superficies emblavées selon les espèces cultivées, nombre de coopératives, identifiées, enregistrées et ayant eu leurs certificats d’attribution des terres, nombre de coopérateurs, les formations réalisées, les équipements acquis, les infrastructures réalisées, seront nécessaire.

Mis en œuvre depuis janvier 2015, le programme GRAINE s’articule autour de quatre grands axes de mise en œuvre permettant d’ « aider les individus à se regrouper en coopératives », de « former des superviseurs terrain parmi les membres des coopératives en vue d’assurer l’encadrement de la gestion de l’activité agricole générée, de viser sa professionnalisation ultérieure et d’emmener les coopératives championnes à devenir des PME », d’ « aménager les plantations, fournir le matériel d’exploitation et des logements à chaque coopérative » et de « développer les infrastructures de base associées au programme en vue d’améliorer les conditions de vie des populations de l’intérieur du pays, de les fixer voire d’inverser le flux de l’exode rural ».

Le Programme GRAINE, le plus ambitieux d’Afrique dans le secteur agricole, vise à développer 200.000 ha de plantations, en partie industrielles (36%) et en partie confiées à des petits planteurs (64%). Il soutiendra le développement compétitif des cultures vivrières (20.000 ha de tomate, banane, manioc, piment, etc.) destinées à la consommation locale et régionale, et des cultures de rente (180.000 ha de palmiers à huile) destinées aux marchés locaux et mondiaux.

Au-delà de ses objectifs économiques, le programme GRAINE a le devoir de diversifier les opportunités de l’entrepreneuriat des jeunes en rapport direct et indirect avec le secteur agricole, de promouvoir l’insertion de nouveaux actifs dans l’agriculture et d’impulser la redynamisation des zones rurales, bassins de production et d’implantation du programme.

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GI/YNKM/MKKK/FM/19