Forum de la société civile 2019 : Dr Augustine B. N’djamnshi (vice président du comité société civile de la BAD) : « Il faut que les sous – région s’intègrent davantage entre elles »

Libreville, 6 mai 2019 (GabonInitiatives) – Joint au téléphone, en marge du Forum de la société civile de cette année qu’abrite la Côte d’Ivoire dans le cadre des Assemblées Annuelles du groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD), le vice président du comité société civile de cette institution, Dr Augustine B. N’djamnshi, a déclaré par rapport au thème retenu qu’ « il faut que les sous – région s’intègrent davantage entre elles » : Entretien exclusif.

GabonInitiatives (GI) : Bonjour Dr Augustine B N’djamnshi, la Banque Africaine de Développement (BAD), abrite du 7 au 9 mois en cours à Abidjan en Côte – d’Ivoire le 10ème anniversaire du Forum de la société dans le cadre des Assemblées Annuelles du groupe africaine de développement sous le « Engager la société civile dans l’accélération de l’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique ». Pour vous quel est l’enjeu de ce Forum en tant que vice président du comité société civile de la BAD ?

Dr Augustine B N’djamnshi (ABN) : Merci de m’avoir posé cette question, je crois que le thème de cette année est important parce qu’il parle de l’intégration africaine pour le développement. Vous avez vu par exemple ce qui se passe en Afrique du Sud où d’autres africains sont tués par les sud africains pendant que des non africains vivent à l’aise sans être inquiétés est une situation qui devrait tous interpeller. Je n’incite pas les sud africains à la violence contre les non africains mais je veux juste faire comprendre à nos frères africains que si nous ne nous acceptons pas entre nous l’Afrique ne peut hélas se développer et pour dire simple il ne peut y avoir d’intégration effective.

Il faut que les africains commencent à s’aimer. Il est inadmissible qu’un africain se sent en danger dans un autre pays que le tient, arrêtons de ternir notre propre continent avec ce genre d’images qui profitent aux autres, nous devrions changer de mentalités et de ce fait, la société civile a un grand rôle à jouer.

GI : Dans le cadre de l’Afrique centrale, est ce qu’on peut parler d’intégration sous – régionale effective avec la libre circulation ?

ABN : Il est vrai qu’il y a eu une avancée significative contrairement aux années antérieures parce qu’aujourd’hui je peux partir du Cameroun pour le Gabon sans visa, c’est que quelque part nous avançons bien que nous ne devrions plus être à ce niveau. Et vous le savez tout comme moi que sans intégration l’Afrique centrale ne peut se développer, nous devrons dons réunir nos forces pour avancer ensemble. Comparativement aux autres sous – régions du continent, il est clair que l’Afrique centrale a accusé un grand retard. Aujourd’hui, c’est une bonne chose de constater par exemple que les productions du Cameroun sont consommées à travers l’Afrique centrale. Donc, je pense que l’intégration est non seulement plu que nécessaire mais que les populations devraient également prendre la chose en main parce que nos politiciens ne nous aident pas assez.

Les peuples de la sous – région ne devraient pas souffrir parce que cette partie du continent africain possède presque toutes les richesses du monde. La souffrance observée est liée simplement à la division entre pays et à la concurrence déloyale où chaque dirigeant veut être le leader et dominer sur les autres. Voilà pourquoi j’invite la société civile africaine à prendre son destin en main en refusant se laisser manipuler afin que notre sous – région avance. Le Nigéria par exemple est un grand marché et toutes les productions de l’Afrique centrale n’ont pas besoin d’aller en France car, le Nigéria à lui – même peut tout prendre. Donc il faut que les sous – région s’intègrent davantage entre elles. L’Afrique centrale doit collaborer avec l’Afrique de l’Ouest parce qu’il y a des grands pays consommateurs là-bas. C’est d’ailleurs le message que je vais transmettre à toutes les organisations de la société civile à Abidjan lors de ce Forum.

GI : Est-ce que au cours de ces travaux, le poste resté vacant pour l’Afrique centrale va être comblé ?

ABN : C’est vrai que bien qu’étant de l’Afrique centrale, je représente l’Afrique au sein de la BAD, ce qui veut dire que le poste sera comblé car, le secrétariat de la société civile est en discussion avec la BAD qui a déjà approché le compatriote qui venait en seconde position lors de l’élection du compatriote congolais décédé. Rien n’a encore été décidé mais la BAD est préoccupé par ce dossier. Je peux ici vous garantir que nous n’allons quitter Abidjan sans avoir combler ce vide.

GI : Est-ce que vous – vous sentez soutenu par la société civile que vous représenter au sein de la BAD en tant que vice président dudit comité ?

ABN : Je peux dire que c’est la toute première fois que nous avons cette responsabilité. Donc, il faut une éducation vraiment forte dans la société civile pour qu’elle comprenne parce que nous avons besoin de ce soutien pour avancer. Seul, rien ne se fera et rien n’avancera. Vous me donner là également l’occasion de remercier la société civile gabonaise à travers la plateforme du ROSCEVAC et du PACJA dont j’ai le total soutien. Encore merci au Gabon et aux autres pays car le changement et le développement de l’Afrique passe aussi par une société civile unie et soudée débarrassée de toutes magouilles et souillures.

Propos recueillis par Melchisedek King KOMBILA ELOHIM

GI/MKKE/FM/NN/19