Exploitation illégale de Kevazingo : Le chef de cantonnement de Mandji indexé

Mouila, 8 janvier 2018 (GabonInitiatives) – Deux Kévazingos et trois Ovingkols. L’équipe de Donatien Doukaga Nzamba avait fait sans doute une belle affaire en faisant tomber ces cinq pieds d’arbres. Pourtant, les conditions dans lesquelles ces bois ont été abattus et le montant scandaleusement bas de la transaction proposée par le cantonnement des Eaux et Forêts de Mandji tendent à entretenir la suspicion sur les activités du groupe à Doukaza Nzamba.

Selon une source proche du dossier, les faits remontent au quatrième trimestre 2017. Un groupe d’individus célèbres dans l’exploitation illégale du bois et plus précisément du Kévazingo, ayant notamment sévi dans le nord du Gabon, est entré dans une forêt environnante du village Lambaréné-Kili, au Centre du Gabon, pour y abattre deux (2) Kévzingos en plus de trois (3) Ovingkols. Le premier crime est effectivement le fait que cette coupe a eu lieu dans une zone hors-permis. Une pratique d’ailleurs récurrente à en croire les derniers rapports des ONG Conservation Justice, Muyissi Environnement, Brainforest et du Contrôle d’Aménagement Forestier (CAF). Ensuite, il y aurait des soupçons de corruption.

Les individus auteurs de ces coupes illégales auraient été identifiés. L’un d’eux serait déjà connu des services judiciaires pour des faits similaires. Il s’agit de Marcel Nganga. Et avec lui, Donatien Doukaga Nzamba, Dieunedort Bickek et Evariste Mouloungui. Ils se seraient associés à un Chinois pourvoyeur de fonds qui se nommerait « Si ». 

Evidemment, la question des conditions d’opérations de telles activités se pose. Comment « Si » et ses partenaires ont-ils réussi à procéder à l’abattage de ces cinq pieds dans une zone clairement identifiée comme se situant en dehors de leur permis ? Selon les exploitants, le chef de cantonnement de Mandji aurait reçu la somme de 3.000.000 Fcfa afin d’autoriser ces forestiers à couper, notamment, les deux Kévazingos. C’est ce que révèle en tout cas des informations soutirées aux hommes de Donatien Doukaga Nzamba. Très rapidement ledit chef de cantonnement va démentir produisant, pour conforter son plaidoyer, des procès-verbaux de constatation d’infraction et de saisie. Mais tout de même inquiétant, la rapidité avec laquelle le cantonnement des Eaux et Forêts de Mandji, département de Ndolou, va alors transiger.

La transaction considérée comme une amende, sera fixée à 4.500.000 Fcfa. Mais à la lecture de tous les documents liés à cette affaire, il se révèle selon plusieurs sources plusieurs incohérences notoires qui laissent planer le doute sur leur sincérité. Par exemple, les dates d’établissement de ces différents procès-verbaux ne coïncident pas avec tous les documents ni aux déclarations verbales du chef de cantonnement mais plutôt confortent la version des faits des malfrats. Qui est finalement incohérent ? Le groupe à Donatien Doukaga Nzamba ou le chef de cantonnement ?

Il devrait revenir évidemment à la justice, ou à l’administration des Eaux et Forêts elle-même, de se saisir et de faire la lumière sur cette affaire pour rassurer et ensuite dédommager notamment les populations du village impacté de Lambaréné-Kili. A moins que ce soit les populations elles-mêmes ou les associations de défense de l’environnement qui doivent demander réparation.

GI/CJ/17