Dette intérieure : vers une énième opération anti-corruption ?

L’ombre d’une nouvelle opération anti-corruption plane au Gabon, après la découverte des malversations financières, dans le cadre de l’attribution des marchés publics, dévoilées par la Task force sur la dette intérieure, sollicitée par la Présidence de la République.

Grégoire Matumba

« On ne vole pas l’Etat impunément ». Dans un ton ferme, le porte-parole de la Présidence de la République, Jessy Ella Ekogha a subtilement dévoilé la future ligne de conduite de l’institution pour laquelle il travaille, face à la corruption qui gangrène ou a gangréné l’attribution des marchés publics. Le lancement d’une énième opération anti-corruption est aussi visible que le nez sur le visage. Du moins, la poursuite de l’opération de nettoyage des hauts cadres corrompus de l’Etat.

Si la première institution du pays y songe, ce choix s’expliquerait au regard du scandale mis à nu par l’audit de la dette publique qui a révélé de graves malversations financières dans le cadre de la passation des marchés publics au Gabon.  Il ressort en effet que les infrastructures, les services et autres commandes de l’Etat par le canal des marchés publics ont été durant des années, le moyen pour certains de se remplir les poches et laisser dormir le développement du pays. Sur les 650 milliards de francs CFA de dettes auditées, 440 milliards de francs CFA ont été déclarées fausses.

« Certains dossiers laissent clairement, de manière flagrante, apparaître une complicité entre les opérateurs indélicats et de hauts cadres de l’administration », a souligné le porte-parole. Face à cela, des « sanctions exemplaires » devraient tomber. Sous peu certainement, des personnalités devraient répondre de leurs actes devant cette fraude vis-à-vis de l’Etat. La Présidence de la République y semble accordée du crédit, de telle sorte que les choses ne restent plus « impunies » au Gabon.

Par cette annonce, l’institution via son porte-parole veut changer de paradigme en nettoyant les écuries d’Augias. Cette volonté d’agir de l’Etat face aux irrégularités entachant certains dossiers dans les marchés publics n’est pas nouvelle. L’affaire Santullo qui a fait parler d’elle il y a quelques années et pour laquelle l’ancien ministre de l’Economie, Magloire Ngambia avait été condamné, est un exemple. Sauf que les arrestations suite à cette affaire n’ont jamais réellement servi de leçons aux uns et autres, au regard de ce nouveau scandale. Toutes ces magouilles n’ont pour conséquence que de faire retarder le développement du pays. Du moins l’édification infrastructures de bases telles que les hôpitaux, écoles, routes pour ne citer que celles-là. A qui profitent donc ces malversations ?