Des arrestations dans la mission de Contrôle d’ Aménagement Forestier

La mission de Contrôle d’Aménagement Forestier menée par la Police forestière qui a débuté le 16 avril dernier dans la province de l’Ogooué-Ivindo, a enregistré plusieurs faits dont des arrestations, rapporte notre confrère Sampérode Mba.

« Forêt de l’Ogooué-Ivindo : 7 gardes à vue et 1 mandat de dépôt pour des exploitants »

La mission de contrôle et de Police forestière qui a débuté le 16 avril dernier dans la province de l’Ogooué-Ivindo a défrayé la chronique ces dernières heures. Et pour cause, 6 responsables de compagnies forestières ont été placés en garde à vue pendant qu’un autre était placé sous mandat de dépôt. Les enquêtes qui se poursuivent pourraient donner lieu à d’autres interpellations, les PV d’audition et autres documents compromettants ayant été transmis jeudi au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Makokou. Cette mission du Contrôle d’Aménagement Forestier, il faut le rappeler, s’est déployée dans la province de l’Ogooué-Ivindo sous l’impulsion d’Estelle Ondo, ministre des Eaux et Forêts, et avec le soutien du gouverneur de ladite région. Ils ont ainsi montré leur détermination à lutter contre l’exploitation forestière illégale et le braconnage.

Yan Shu Guo, directeur de CDG, Li Dongxing, directeur Général de Xing Wang Bois, Chen Weixing, directeur général adjoint de WCTS, Claude Liu, directeur Général de KHLL, Zhao Dongchen, Représentant de la société GCIC, n’ont pas échappé à la vigilance des OPJ et aux juristes mobilisés par la mission du CAF. Les contrôles techniques effectués dans leurs différentes entreprises ont permis de constater d’importantes infractions sur lesquelles des techniciens spécialisés souhaitaient avoir des compléments d’information. C’est donc conformément à l’article 50 du Code de Procédure qu’ils ont été convoqués et entendus sur PV. Et c’est toujours conformément au Code de Procédure Pénale qu’ils ont été placés en garde à vue le jeudi 20 avril dans les geôles de la DGR. Pour des besoins d’enquête.

Il apparaît que ces 5 hommes sont tous de nationalité chinoise. L’explication est évidente. L’essentiel des entreprises forestières et notamment les 11 qui ont été visitées sont à capitaux asiatiques et dirigés par des Chinois. Leur garde à vue, prolongée pour certains d’entre eux, a été levée dans les délais fixés par la loi.

Le samedi 22 avril, Ismaël Habib, exploitant forestier de nationalité gabonaise, sous-traitant de la société Sunry Gabon est lui aussi placé en garde à vue. Son crime ? Une exploitation illicite dans la forêt communautaire de Batouala. Lui également a été libéré dans les délais fixés par le Code de Procédure Pénale.

Quant à Zhang Ke, comptable de la société Sunry, il a été placé sous mandat de dépôt le 21 avril pour une tentative de corruption par le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Makokou, madame Kama. Il lui est en effet reproché d’avoir tenté de corrompre des OPJ mobilisés par le CAF en leur proposant la somme d’un million (1500 euros). Il devra donc répondre du chef d’accusation de tentative de corruption active. Par ailleurs, il faut souligner que le coordonnateur et chef de mission du CAF, le colonel David Ingueza, s’est vu proposer la somme globale de 2 millions de CFA (3000 euros) des responsables des entreprises KHLL et Xing Wang. Une offre que David Ingueza a décliné tout en épargnant les indélicats qui se se seraient alors rendus coupables de corruption active.

Les prochains jours pourraient donner lieu à de nouvelles interpellations notamment au sein de l’administration des Eaux et Forêts et tous les services connexes à qui il est reproché d’avoir fait preuve de laxisme, selon le gouverneur, devant les infractions vérifiables des compagnies forestières. Les PV et autres documents ont été transmis en effet à madame le Procureur de la République qui va enclencher l’action judiciaire. D’ailleurs, ce 29 avril, elle a fait interpeller le directeur général de Peng Xin, Si Jun, qui avait refusé jusqu’à lors de répondre à la convocation des OPJ. L’homme ne parlant pas français et refusant de collaborer a été placé en garde à vue le même jour en début de soirée pour une durée de 48 heures maximum, conformément à la loi.

GI/SM/YKM/17