La dépersonnalisation comme facteur d’échec de notre société ( par Pablo Moussodji Ngoma)

Samedi, 6 avril 2019 (GabonInitiatives) – Une société repose sur la culture constante des valeurs morales susceptibles de guider et orienter nos choix. Toute société dans sa globalité, doit incarner comme principe de fonctionnement, cette philosophie qui nous conduit indubitablement vers l’excellence et le respect des nos institutions, de notre prochain et surtout de soi.

Car, respecter l’autre c’est d’abord se respecter soi-même. Mais, traduire en acte toute cette vision, nécessité beaucoup de sagesse et de bon sens. Or, ce bon sens dont parlait Descartes n’est plus forcément la chose la mieux partagée, dans une société menacée par la prolifération des réseaux sociaux. Cette exposition exagérée de nos enfants, appelés pourtant à garantir l’avenir, sans moyen de contrôle, laisse penser à une sorte d’anarchie dans un contexte miné par une crise des valeurs et une rupture flagrante entre ceux qui incarnent l’autorité tout court et ceux qui sont à la recherche des modèles.

Dans cette confusion, marquée par la DEPERSONNALISATION, cette perte de sens de soi, va naître un sentiment de crainte qui peut se lire chez ceux qui ont à coeur de transmettre les vraies valeurs à leurs progénitures. Personne ne dit aujourd’hui la vérité. On est lancé dans une posture démagogique sans précédente. Les hypocrites et flatteurs sont entrain de vivre leur temps. Le temps du mensonge et de la communication. Ils sont incapables de dire la vérité même au chef. Ils se contentent de tenir des discours des courtisans pour flatter ceux qui ont la décision et qui sont prisonniers de ces groupuscules sans aucune référence, qui réclament chaque jour, la récompense de leur griotisme. Ne soyons pas surpris de voir certains au passé discutable tenir les manettes dans des endroits assez stratégiques.

Le plus dangereux dans cette aventure, c’est le manque d’objectivité voire l’absence de lucidité de ceux qui se disent intellectuels, qui ont du mal à se prononcer sur certaines questions qui nécessitent leur position dans la cité à défaut de certaines sorties ratées sur la toile.

Une société sans modèle est vouée à l’échec. Tout le monde ne doit pas forcément faire la politique, mais chacun doit être compétent dans son domaine. C’est la somme de ces intelligences qui fonde une société rigoureuse et compétitive. Malheureusement, on assiste a une promotion de la haine et la délation qui frise la violence dont parlait Vladimir Jankélévitch, “une force faible”. Le vivre ensemble est constamment menacé, le sentiment d’appartenir à une nation a disparu. Tout le monde se croit capable de tout faire. On refuse la contradiction qui est le principe de toute société démocratique. On refuse désormais d’accepter ceux qui ont la maîtrise du sujet pour ne pas mettre à nu les carences des flatteurs. Ceux qui ne croient pas en eux, mais qui tentent de faire croire qu’ils maîtrisent quelque chose. Ce rejet de la contradiction est une vraie faiblesse, un esprit pas du tout démocratique.

En France, L’UMP, aujourd’hui les démocrates, n’était pas habitué à la démocratie interne dans le choix des leaders. Les militants étaient habitués au leader naturel. Mais à partir de 2013, le parti va connaître des mutations au lendemain de l’échec de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Des élections internes qui vont déboucher sur le feuilleton Fillon-Copé, la guerre des Chefs a commencé quand ils ont voulu imiter les socialistes, habitués à la démocratie interne dans le choix du Chef.

Comme pour rappeler que la dictature du nombre (la démocratie) est le moins mauvais des systèmes pour reprendre Aristote qui le dis avec prudence en philosophie politique. Ce qui nous demande un peu plus de violence intérieure pour accepter que l’autre dise le contraire de ce qu’on pense. Mais pour le faire, il faut déjà avoir le contrôle de soi-même. Dire la vérité et être en paix avec sa propre conscience, sinon on est pas loin de cette dépersonnalisation qui conduit à l’échec de notre société dans laquelle, le mensonge se mêle à l’hypocrisie.

Pablo Moussodji Ngoma ,
Journaliste
J’ai pensé

GI/PMN/FM/NN/19