Culture vivrière au Gabon : Les chiffres de SOTRADER en 2017

Libreville, 29 mai 2018 (GabonInitiatives) – Le bilan de la Société de Transformation Agricole et de Développement rural (SOTRADER) ayant pour objectif d’assurer la sécurité alimentaire et de contribuer à la résorption du chômage par l’amélioration de la balance commerciale, a été jugé, ce mardi, par des experts comme étant le secteur le moins avancé en sept (7) ans du groupe singapourien, Olam, au Gabon.

Lors d’une étude d’  « Impacts des activités du Groupe Olam sur l’économie de la République gabonaise entre 2010 – 2017 » pour mesurer l’impact économique et social du groupe Olam depuis la réorientation stratégique qu’il a opérée en 2010 au Gabon et présenté ce jour par Mays Mouissi et Marc Ona Essangui notamment, il ressort que le secteur de la culture vivrière géré par la SOTRADER demeure à ce jour le maillon faible du secteur agricole gabonais.

Selon ces experts, en 2015, le Gabon a importé 364 milliards FCFA de produits alimentaires contre 250 milliards en 2010 (+45,6% en 5 ans). À l’inverse, seuls 4 milliards FCFA de produits alimentaires ont été exportés.

La réduction de la dépendance alimentaire du pays devrait être un enjeu central des politiques publiques. Le projet GRAINE conduit par la SOTRADER et lancé en 2014 a pour objectif d’assurer la sécurité alimentaire, contribuer à la résorption du chômage et améliorer la balance commerciale.

Cependant, malgré l’annonce d’objectifs ambitieux, les premières récoltes du programme sont décevantes. En 2017, seulement 100 tonnes de bananes ont été récoltées pour un objectif initial de 4000 tonnes. Quant au manioc, seules 500 tonnes ont été récoltées (objectif initial 12 000 tonnes).

Plusieurs facteurs ont contribué au faible rendement du Programme dont « la destruction de plantations par des pachydermes », la « faible productivité des coopératives », le « manque d’engagements de dizaines de coopérateurs souvent absents et dont l’activité au sein de la coopérative n’est pas l’activité principale », l’ « utilisation inadaptée d’engins lourds dans les plantations lesquels ont compacté les sols, les rendant impropre à la culture de certaines spéculations », le « désintérêt des populations jeunes pour l’agriculture » en passant par le « désistement de certains des coopérateurs à la suite de la suppression de la subvention mensuelle de 100 000 FCFA qui leur était versée » et l’ « image négative du programme auprès d’une partie de la population… ».

Au demeurant, si la production de cultures vivrières reste en deçà des attentes, la culture du palmier à huile pour le compte de la SOTRADER enregistre des résultats encourageants.  L’entreprise dispose d’une plantation de palmiers à huile en zone de savane à Ndendé dans la province de la Ngounié (Sud-Gabon) où 7 500 hectares ont déjà été plantés.

En mars 2018, SOTRADER comptait 1200 salariés dont 1004 en activité dans la plantation de palmier à huile de Ndendé.

La contribution de la SOTRADER et des coopératives partenaires dans le PIB agricole est encore négligeable. Cependant, elle pourrait s’accroitre au cours des cinq prochaines années grâce aux financements reçus de bailleurs de fonds internationaux matérialisé par un prêt de 65 milliards FCFA de la Banque Africaine de Développement (BAD) en novembre 2017 et un Don de 1,2 milliard FCFA des organismes spécialisés de la BAD en décembre 2017 dont : 550 millions FCFA du FAPA ; 276 millions FCFA du FRCM.

Les investissements agricoles d’Olam ont fortement contribué à l’augmentation de la valeur ajoutée créée annuellement par le secteur.  Celle – ci est passée de 222 milliards FCFA créés sur un an en 2009 à 380 milliards FCFA créés en 2017 selon la Banque mondiale (+71%).

En rythme annuel, la croissance de la valeur ajoutée du secteur agricole gabonais est passée de – 5,2% en 2010 à 15, 3% en 2017.

La création supplémentaire de valeur ajoutée du secteur observé au cours de 7 années consécutives traduit l’effet positif des projets agricoles en cours sur l’économie nationale, la diversification et la création de richesse.

GI/18