Crime financier et disparition de 20 milliards au ministère du Pétrole : Eclairage

Local ministère du Pétrole et des Hydrocarbures .

Libreville, 27 novembre 2018 (GabonInitiatives) – L’affaire est à la « Une » des journaux qui se sont fait l’échos du récent rapport de la Cour des Comptes qui a fait le constat d’irrégularités dans la gestion de la manne financière issue des produits pétroliers : Eclairage.

A ce qui semble, le rapport de la Cour des Comptes invoque le détournement de la mirobolante somme de vingt (20) milliards de francs CFA opéré par le ministère des mines, du pétrole et des hydrocarbures sur la base d’un « décret fantôme ».

En consultant les archives de toutes les anciennes entités ministérielles, nous nous sommes aperçus que sur la forme, que le ministère des mines, du pétrole et des hydrocarbures a été scindé en deux départements ministériels distincts dans la période des années 2009 et 2010 avec d’une part, le ministère des mines et de l’industrie et d’autre part le ministère du pétrole et des hydrocarbures.

Qui était à cette période ministre ?

L’emploi de l’imparfait de l’indicatif laisse à penser qu’il s’agit d’une pratique faite dans le temps et qui est aujourd’hui révolue. Le rapport de la Cour des Comptes suscite tout de même quelques interrogations : quel est le processus d’entrée en vigueur des actes législatifs et réglementaires en République Gabonaise ? A qui incombe la publication des actes réglementaires en République Gabonaise ? Un décret régulièrement signé par le président de la République et portant un numéro d’enregistrement est-il caduc du fait de l’absence de la signature d’un ministre ?

En d’autre termes, la compétence du président de la République est – elle liée à celle d’un ministre ? Peut-on parler de gestion occulte des recettes minières et des produits pétroliers en présence d’un acte réglementaire autorisant l’affectation régulière des dites recettes ? Enfin, dans sa configuration actuelle, quel rôle le ministère du pétrole et des hydrocarbures joue t-il dans le processus d’entrée en vigueur des actes législatifs ? Autant des questions qui méritent des réponses.

Posez – vous la question de savoir, qui était à cette période patron de ce département ministériel ? Dans notre quête de l’information, nous nous sommes rendus compte que dans sa configuration actuelle, le ministère du pétrole et des hydrocarbures est organisé suivant les dispositions du décret numéro 00458/PR/MPERH du 19 avril 2013 portant attributions et organisation du ministère du pétrole, de l’énergie et des ressources hydrauliques.

Sur le fond, l’article distillé dans la presse reprend le constat de la Cour des Comptes aux termes duquel le décret numéro 00518/PR du 06 août 2002 autorisant l’affectation de 5% des recettes minières et des produits pétroliers à la présidence de la République pour régler les questions de sécurité intérieure et extérieure n’a pas été publié et ne comporte pas toutes les signatures habilitées, notamment celle du ministre des finances. En outre, le rapport de la Cour des Comptes fait état de ce que les recettes recouvrées étaient déposées dans un compte ouvert dans les livres de la BGFI Bank.

Au regard de ce qui précède, sommes nous tentés de se poser la question de savoir finalement à quel niveau se trouve la responsabilité du ministère actuel du pétrole et des hydrocarbures et l’ensemble de ses nouveaux collaborateurs ? Et si la vérité se trouvait ailleurs ?

Affaire à suivre…

GI/FM/NN/18