Covid-19 : reconfinement à tout prix ?

C’est la question qui revient dans les rues de la capitale Libreville, alors que le Gabon enregistre depuis quelques semaines, un rebond de contaminations au Coronavirus. Inquiètes de cette résurgence de la maladie, les autorités sanitaires n’excluent plus le recours à un reconfinement malgré l’échec du premier instauré en avril dernier.

Leno Koleba

D’après la situation épidémiologique de ce lundi 18 janvier, le Gabon a enregistré ces dernières 24 heures, 120 nouveaux cas de contaminations. C’est le plus lourd bilan quotidien depuis que le pays avait amorcé sa décrue en juin dernier. Mais ce nombre record des cas n’est que la conséquence logique d’une remontée progressive de l’épidémie entamée depuis quelques mois déjà, en raison notamment du relâchement général du respect des mesures barrières. Surtout au sortir des fêtes du nouvel an avec des débordements dans les familles et dans les maquis qui ont organisé des festivités clandestines, malgré les mises en garde inefficaces du gouvernement.

Lasses d’avoir prêché en vain et devant le risque d’une situation qui pourrait devenir hors de contrôle, les autorités n’excluent plus l’idée d’un reconfinement pour contenir cette deuxième vague en vogue dans plusieurs pays déjà, surtout au moment où on parle de nouveaux variants du virus potentiellement plus dangereux que la première souche. 

La mauvaise recette d’un nouveau confinement

A moins de copier pour copier, un nouveau confinement pourrait porter un coup fatal, non pas seulement à une économie gabonaise déjà au plus mal, mais également au tissu social qui ne s’est pas encore totalement remis des ravages de la première mise sous cloche du “Grand Libreville” en avril dernier. Incapable de distribuer correctement les kits alimentaires aux ménages démunis, incapable de payer les loyers de cette catégorie vulnérable de la population, de venir en aide aux tenanciers des commerces impactés par les mesures de lutte contre le Coronavirus, le gouvernement qui avait dû interrompre le premier confinement, appelant à apprendre à vivre avec le virus, est-il enfin prêt pour imposer un nouveau confinement aux populations qui vivent au jour le jour ? 

Sauf mesure suicidaire, tout recours à un nouveau confinement ne ferait qu’exacerber une situation sociale déjà fragilisée par les effets des premières mesures. Car si le confinement peut être une mesure pour réduire les contaminations parce qu’il limite les interactions sociales, il n’est toujours pas la bonne recette partout, chaque pays ou chaque région ayant ses propres réalités sociales économiques. D’ailleurs, la France qui est la référence du Gabon en matière du copier-coller n’a pas réussi jusqu’ici à infléchir la courbe de contaminations enregistrées par milliers chaque jour, en dépit du reconfinement. Le gouvernement gagnerait donc à miser sur le respect strict des mesures barrières, avec par exemple des amendes aux contrevenants.