La COMILOG présente les premiers résultats d’études de la réhabilitation de la rivière Moulili

Objet de plusieurs plaintes de la part la société civile et des populations de la ville de Moanda au sud – est du Gabon dans la province du Haut – Ogooué, la rivière Moulili qui se jette dans le fleuve Ogooué, polluée par les résidus de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), fait aujourd’hui l’objet d’une restitution d’études environnementales depuis hier (lundi) en vue de sa réhabilitation, dans le souci de rimer au Plan Stratégique Gabon Emergent (PGSE) prônée par le Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba dans sa vision d’instaurer un nouveau modèle de développement visant l’amélioration du bien-être humain, l’équité sociale, la croissance durable et la conservation environnementale.

La rivière Moulili avant. Crédit photo : RFI
La rivière Moulili avant. Crédit photo : RFI

Le projet soumis par la société COMILOG concerne la réhabilitation de la rivière Moulili ar l’exploitation de ses sédiments.

Au nombre des invités conviés à apporter une solution durable à ce problème environnemental, figure Nicaise Moulombi, président exécutif de l’Observatoire de Promotion du Développement Durable des Produits et Services des Industries du Gabon (ODDIG) que notre rédaction a joint au téléphone.Moanda_nov-2009-Moulili-004b

Ce dernier informe que « les objectifs mentionnés dans cette étude sont les suivants : « Etablir un état de référence de l’environnement ; celui-ci servira d’objectif de qualité pour la réhabilitation de la Moulili », « Analyser les aspects environnementaux relatifs au projet », « Identifier et caractériser les impacts environnementaux et sociaux positifs et négatifs du projet » et « Proposer des mesures d’atténuation des impacts négatifs et de valorisation des impacts positifs ».

Crédit photo: RFI  Les conséquences de la pollution
Crédit photo: RFI
Les conséquences de la pollution

Cette réhabilitation de la rivière et la récupération des sédiments intervient dans un contexte controversé, impacté par des conditions d’activité pour le moins questionnées par certains acteurs de la société civile et certains scientifiques. Le cadre du projet est également influencé par les conditions d’exploitation des mines d’Uranium de Mounana pendant plus de 40 ans (et distantes de quelques kilomètres des sites d’exploitation du manganèse) et où la gestion des résidus a soulevé des tensions sur les impacts environnementaux mais également sur les impacts sociaux (déplacement de populations, impact sur les activités traditionnelles) et bien évidemment sanitaires.NicMoulombi[1]

Pour l’observateur de l’ODDIG, Nicaise Moloumbi, le Gabon, eu égard aux exigences des conventions internationales qu’il a signé et des barrières non-tarifaires que constituent actuellement le respect ou non de comportements « durables », est très attentif aux conséquence des activités minières sur les territoires traditionnels, sur les écosystèmes, sur la qualité de l’air et celle de l’eau.

Ce dernier rappel également que dans un rapport de l’ONG Brainforest datant d’août 2010 « l’objectif du Gabon d’assumer l’ambition de devenir le pays premier producteur de manganèse au monde doit coïncider avec un cadre législatif fort afin que les intérêts économiques privés comme publics puissent coïncider avec ceux des populations locales, dans le respect de l’environnement. Il est notamment stipulé que l’exploitation des ressources minières n’est pas sans conséquence et que depuis plus de 40 ans (1962), la Comilog rejette les déchets de l’extraction du manganèse dans la nature et dans la rivière Moulili en particulier. Ces déchets issus de la laverie et du ruissellement des résidus présents dans toute la zone ont considérablement impacté l’environnement par l’envasement des cours d’eau ayant également des conséquences importantes pour les populations riveraines du site d’exploitation ».

Réhabilitation de la Moulili par la COMILOG
Réhabilitation de la Moulili par la COMILOG

En saluant donc l’engagement environnemental et sociale de la COMILOG de se soucier de la santé des populations riveraines, Nicaise Moloumbi, invite par la même occasion l’ensemble des entreprises exerçant dans le secteur pétrolier, notamment de suivre l’exemple de la cette compagnie.

En tout cas, l’avertissement est lancé : A bon entendeur.

GI/NN/FM/14

 

Fabrice Mikomba est journaliste expert Afrique et Afrique centrale depuis 1989. Après avoir travaillé pour RFI et de nombreux médias on et off line il est désormais spécialiste Gabon et Afrique Centrale pour Gabon Initiatives et Info Afrique et ce depuis 2012.