Chronique du jour : l’opposition municipale fait déjà parler d’elle à Akanda

Vendredi, 1er février 2019 (GabonInitiatives) – C’est dans deux jours qu’auront lieu les élections des bureaux des conseils municipaux et départementaux. Avant même celles-ci, la coalition UN-RHM qui compte 11 élus contre 47 pour le parti au pouvoir (PDG), minoritaire dans la commune d’Akanda au nord de Libreville, a déjà pris position en s’inscrivant dans l’opposition municipale.

N’appartenant pas à la majorité, et selon ses premières déclarations, elle entend s’ opposer en exerçant toutes ses fonctions d’opposant.

Cette prise de cette position de Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi (Jeanga) s’entend tout d’abord comme rôle de contre-pouvoir.
Quoi de plus normal, car celà permet d’éviter que la majorité, une fois mise en place, n’ait la tentation de mener une politique portant atteinte aux droits et libertés des citoyens Akandais. Pour cela, Jeanga et son équipe devraient disposer de différents moyens pour s’opposer.

Mais le Gabon n’ayant pas encore conféré un véritable statut à l’opposition comme en France où la constitution prévoit depuis 2008, que les groupes d’opposition, ainsi que les groupes minoritaires, bénéficient de « droits spécifiques » (art. 51-1), une clarification de ces droits de l’opposition est plus qu’indispensable et urgente pour mieux apprécier le rôle de Jeanga et de ses amis.

Le premier de ces droits, nous semble-t-il, serait l’égalité de temps de parole lors de la tenue des conseils municipaux.

Cependant, le plus important de ces droits serait que la présidence de la commission des Finances soit confiée à un élu de l’opposition; ce que Jeanga semble exclure.

Comme on le voit, le rôle de l’opposition akandaise va être essentiel pour l’évolution démocratique au Gabon.

La démocratie municipale a donc des jours de tumultes devant elle.
Pourvu que ce soit dans un esprit Bon enfant.

Bonne journée.

PETIT-LAMBERT OVONO
Evaluateur Certifié des politiques publiques.

Crédit photo : DR

GI/PLO/FM/19